Spiritualité Orthodoxe

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Père Dumitru Staniloae: "j'ai progressivement compris que Dieu est proche, qu'Il m'aime, et qu'en me laissant remplir par Son amour, mon coeur s'ouvrait aux autres."

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Etude de l'oeuvre de Père Dimitru Staniolae

La vie de Dimitru Staniloae

Père Dumitru

Figure emblématique de la théologie orthodoxe du XXe siècle, le père Dumitru Staniloae est l'auteur de la monumentale Philocalie roumaine qu'il a traduite et commentée, ainsi que de nombreux ouvrages fondamentaux de patristique. Très bon connaisseur des tendances philosophiques du siècle et de la théologie occidentale, ayant par ailleurs subi la persécution religieuse et la prison politique, le grand théologien roumain sut témoigner de la foi et d'une théologie orthodoxe équilibrée et profondément enracinée dans la Tradition des Pères de l'Église.

Pour connaître la vie de Père Dumitru Staniloae [ 1903 - 1993 ], on peut se référer à l'ouvrage de Père Marc-Antoine Costa de Beauregard
Dumitru Staniloae «Ose comprendre que Je t'aime»
Le témoignage du père Dumitru Staniloae permet de suivre la longue et passionnante route qu'empruntent ceux qui ont soif d'absolu:
«J'ai cherché Dieu dans les être humains de mon village, puis dans les livres, dans les idées et les symboles. Mais cela ne me donnait ni paix ni amour. Un jour j'ai découvert, dans les écrits des Pères de l'Église, qu'il est possible de rencontrer Dieu, réellement, par la prière. Alors, patiemment, je me suis mis au travail.
Ainsi j'ai progressivement compris que Dieu est proche, qu'Il m'aime, et qu'en me laissant remplir par Son amour, mon coeur s'ouvrait aux autres. J'ai compris que l'amour est la communion, avec Dieu, et avec l'autre, toi. Et que, sans cette communion, le monde n'est que tristesse, ruine, désolation, massacres. Si seulement le monde voulait vivre dans cet amour, il connaîtrait la vie éternelle...»

2013 - année consacrée au Révérant Père Dumitru Staniloae
Dans l'encyclique de Noël de l'année 2013, Sa Béatitude Daniel, le Patriarche de l'Église Orthodoxe roumaine annonce l'ouverture d'une nouvelle année qui sera consacrée, partout dans l'Église Orthodoxe roumaine, à l'Empereur Constantin et à sa mère Hélène, à l'occasion du 1700ème anniversaire du Décret de Milan (313); ainsi qu'au Révérant Père Dumitru Staniloae, le grand théologien Orthodoxe roumain (110 ans depuis sa naissance et 20 ans depuis sa mort).

Théologie Dogmatique

Article inspiré des cours donnés par Père Razvan Ionescu

Reprise de l'intervention video Première partie I3 (16 premières minutes). Dumitru staniloae. Pour écouter la vidéo aller sur Youtube

D'après: "Théologie Dogmatique" en roumain, avec des passages traduits pour la cironstance; les passages sont entre guillemets.

video du coerds

Les dogmes, expression du plan de salut de la déification du croyant

"La théologie est le moyen dont se sert l'Eglise pour expliquer et approfondir les dogmes, afin d'exposer son plan de salut et son oeuvre vivifiante." Les dogmes, formules les plus concises de la théologie, sont développés pour être compréhensibles. L'explication des dogmes engendre donc la théologie

"Les dogmes, en tant qu'expression du plan de salut de la déification du croyant, ont besoin que la richesse inépuisable de l'oeuvre de Dieu soit constamment mise en lumière, pour que nous puissions nous les approprier en partie pendant notre vie terrestre et en plénitude dans la vie éternelle". Les dogmes expriment donc tout. Les deux dogmes fondateurs du christianisme sont: - La trinité divine; - L'incarnation du Fils de Dieu, qui s'est fait homme pour nous;

Les définitions théologiques, constamment reformulées par l'Eglise deviennent l'enseignement même de l'Eglise, sa tradition. Le Père Dumitru Staniloae précise toutefois que toutes les explications données ne sont pas retenues, car l'Eglise, en tant qu'ensemble des fidèles, manifeste une conscience ecclésiale et s'exprime sur la valeur des théologies ou des pères. Comme vous pouvez le constater certaines choses sont retenues dans l'histoire de l'Eglise alors que d'autres ne le sont pas.

La Notion d'involution

Dumitru Staniloae attire l'attention sur le fait que la théologie ne consiste pas à répéter les formulations concises des dogmes mais à les développer pour que l'on puisse approfondir leur inépuisable richesse. Olivier Clément, disait qu'il n'y a pas d'évolution dogmatique mais une involution dogmatique. Une évolution dogmatique pourrait signifier qu'on développerait les dogmes, en partant de l'idée qu'ils sont insuffisants et que l'on créerait alors d'autres dogmes. Mais les choses ne sont pas ainsi, car les dogmes reçus du Seigneur sont la plénitude. C'est pourquoi nos développements ne sont pas une évolution mais une involution, dans le sens où à partir de formules qui contiennent tout, on limite leur richesse pour les appliquer à des cas spécifiques et préciser telle ou telle chose. Les dogmes sont donc plus riches que les explications; mais ces dernières sont toutefois nécessaires pour mieux vivre les premiers.

"Le projet continuel de la théologie est de révéler pleinement la richesse du sens des formules dogmatiques par une exposition rigoureuse qui délimite la richesse de leur contenu et qui tient compte de leur inépuisable et profonde complexité de sens". Les dogmes sont un cadre. On peut développer la théologie dans ce cadre, par contre la développer en dehors constitue l'hérésie, c'est à dire qu'elle devient une interprétation qui ne respecte pas le cadre nous situant correctement par rapport à qui est Dieu, Notre Seigneur.

L'enseignement de l'Eglise.

La théologie n'est pas nécessairement l'enseignement de l'Eglise. Toute la théologie ne devient pas cet enseignement car seul ce qui qui mérite d'être préservé le sera à travers la conscience ecclésiale; c'est à dire seul ce qui est vivifiant, à savoir ce qui transmet le pouvoir de Dieu de changer telle ou telle âme. Dumitru staniloae parle d'une "théologie" insuffisante, inutile ou nuisible, qui serait coupable d'une infidélité envers son caractère infini, envers son époque, envers l'avenir.

Il insiste aussi sur l'ancrage de notre théologie dans le seculum, c'est à dire dans le monde actuel. "Tel est le sens positif de l'ouverture de la théologie sur le monde, tout en gardant la fidélité envers elle-même: donner toute son attention au seculum, c'est à dire connaître la consistance et la valeur du monde, l'aide qu'elle se doit d'apporter à ce monde pour la vrai révélation de ce qui est la véritable humanité chrétienne." C'est à dire que l'on apporte dans ce monde, le ferment chrétien qui transforme nos vies de manière compatible avec l'éternité en Dieu. Toute théologie qui passe à côté du sujet de notre théologie qui est le Seigneur lui-même n'est pas une théologie qui mérite d'être soutenue par la conscience et la mémoire de l'Eglise.

Théologie apophatique et cataphatique

Dumitru Staniloae, parle aussi de la théologie cataphatique et apophatique. "On parle théologiquement d'un monde à travers lequel Dieu réalise une musique qui évolue dans ses tonalités mélodiques. Concrètement, Dieu continue de nous adresser son message par le monde à travers lequel il nous dirige vers un objectif. Il n'est pas seulement le créateur de cette oeuvre de grande envergure mais l'auteur d'un immense et complexe chant qui se chante à travers l'univers." C'est une image musicale qui nous sert dans notre réflexion sur la théologie orthodoxe et la science, parce que cette conscience du monde qui exprime Celui qui est derrière le monde, fait parler le Père Dumitru Staniloae de la transparence du monde. Le monde permet de découvrir Dieu, car Il se laisse percevoir à travers le monde. Le Père Dumitru Staniloae a parlé des quatre degrés d'apophatisme.
  • Il dit le premier degré de la théologie apophatique consiste à corriger d'une manière intellectuelle les affirmations de la théologie cataphatique. Prenons l'exemple: "Dieu est bon", ce qui est une affirmation cataphatique mais par rapport à la bonté de ce monde Il est meilleur, de telle manière que l'on ne peut plus Lui appliquer la caractéristique de bon, Il est au-delà, donc on ne peut pas dire qu'il est bon. c'est le premier degré.
  • Le deuxième degré est celui de la prière pure où l'homme reçoit la plénitude de Dieu. Dieu lui fait le don, ou le charisme de cette plénitude, ce n'est pas une acquisition à la portée humaine. Les gens qui vivent dans la prière expérimente cette prière profonde qui fait que le discours intellectuel s'arrête, il sont devant Dieu. Bien que l'on en soit plus dans un discours ce degré fait aussi partie de la théologie, puisque la tradition de l'Eglise parle de ce deuxième degré.
  • Le troisième degré, c'est l'expérience de la lumière incréée comme la vécurent les disciples sur le mont Thabor.
  • Il y a un quatrième degré, qui est l'apophatisme absolu, c'est à dire que l'on ne peut rien exprimer sur l'essence divine, c'est pourquoi tout ce qui est soit une pensée, une expérience ou toute autre forme de représentation jusqu'à la plus subtile est aboli.


Dumitru Staniloae livre

Théologie ascétique et mystique de l'Église orthodoxe par Dumitru Staniloae [ 1903 - 1993 ] aux Editions du Cerf Traduit du roumain par Jean Boboc et Romain Otal. Préface de Sa Béatitude Daniel -

La théologie négative est une opération intellectuelle, la dernière qui, tout comme la prière, est mêlée au sentiment d'impuissance à saisir Dieu. Elle est liée à la contemplation de Dieu par la nature, l'histoire, la Sainte Écriture, par l'art, les dogmes et, en général, par tout ce qui se trouve à mi-chemin entre Dieu et nous, soit en tant que réalité extérieure, soit en tant que système de concepts et d'images symboliques. Étant donné que réalités, concepts ou images symboliques, d'une part, reflètent Dieu et, de l'autre, éveillent en nous l'évidence, ou le sentiment non explicite, que Dieu s'en distingue totalement, cette théologie incite à la négation de tous les attributs positifs que nous avons conférés à Dieu à partir d'eux. Les médiations nous ouvrant une perspective vers Dieu, elles nous placent en même temps face à l'abîme infini de la réalité divine que nous ne pouvons saisir par notre esprit et qui, en premier lieu, ne nous figure rien de ce que représentent les réalités créées, les concepts et les images symboliques.
Recension du livre par J.C. Larchet sur: Orthodoxie.com



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