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Le Jour de la Croix [le jour de la crucifixion] - Homélies et enseignements de Père Matta El-Maskine:
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La Passion du Christ: le jour de sa crucifixion, le Christ a dirigé son cheminement vers la Croix de son total plein gré .

Le Jour de la Croix [le jour de la crucifixion].

par Père Matta el-Maskîne, Monastère de Saint Macaire Le Grand © , en Egypte

Version française du 13 avril 2012 1

Matta El-maskine

Le jour de la Croix est un grand jour. Fait indéniable, c'est le plus grand que l'humanité ait connu. C'est la journée au cours de laquelle les hommes ont été soumis au grand jugement et en sont sortis justifiés et absous de leurs péchés.

Le message d'aujourd'hui est un message de Vie. Je souhaiterais que le Seigneur nous fasse ressentir ce que le sublime apôtre Paul éprouva; de réaliser, de croire avec lui que :"Je suis crucifié avec le Christ". Gal. 2:20.2 Comment Paul a-t-il réalisé ce grand principe? Bien que la Croix n'eut pas d'effet sur Paul directement par la parole du Christ lors de Sa vie terrestre, il reçu sa révélation quand il ouvrit son coeur au Sauveur. Dès lors, ses yeux se dessilèrent.
En conséquence, aujourd'hui les mots de Paul, ou plutôt devrais-je dire son esprit, inspire à embrasser la Croix du Seigneur Jésus-Christ. Nous ressentons que nous sommes crucifiés avec le Christ, que nous vivons non pas pour nous mais pour Lui qui est mort, a vécu et ressuscita pour notre salut. 2 Co 5:15.

Le Seigneur s'exprima à sept reprises lorsqu'il était suspendu en Croix: trois fois avant que la terre ne se couvre de ténèbres, une fois lorsqu'elle le fût, et trois quand les ténèbres reculèrent. Les trois premières paroles qu'Il prononça furent:
"Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Luc 23:34.
"Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis." Luc 23:43.
"Femme, voici ton fils. " Puis il dit au disciple : "Voici ta mère." Jean 19:26,27.

Au moment où l'obscurité recouvrit la terre [ce qui dura de la 6ème à la 9ème heure], le Seigneur Jésus prononça des mots cruciaux. Je les distingue ici à cause de leur profondeur et parce qu'ils sont d'une importance capitale pour nos vies personnelles. Ces versets sont expliqués d'innombrables façons mais leur profondeur et leur importance dans nos vies est incommensurable:
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " Mat. 27:46.
Trois heures s'écoulèrent avant ces paroles, de la sixième à la neuvième heure, durant lesquelles Il fut silencieux.

Lorsque les ténèbres refluèrent et que le soleil brilla de nouveau, Il dit: "J'ai soif" Jean 19:28.
On Lui tendit une éponge imbibée de vinaigre et d'herbes fixée à une branche d'hysope, Il y goûta mais ne but pas, disant:
"Tout est achevé." Jean 19:30.
Ce furent donc les second mots prononcés après que les ténèbres eurent reculées. En suivant Il dit:
"Père, je remets mon esprit entre tes mains." Luc 23:46.

La liberté du Christ d'aller sur la Croix
Le Christ marcha de son plein gré vers la Croix. Il n'eut pas un seul instant d'hésitation ou de recul. Il vint à la Croix par son libre arbitre, non pas pour Lui mais représentant toute l'humanité. Il y alla représentant les hommes, dans le but de se soumettre au jugement divin de l'humanité, connaissant avec certitude le jugement qui allait venir. Il s'avança vers Dieu comme avocat des hommes et pourtant enchaîné comme un prisonnier. Il s'y rendit à notre place sans demander l'acquittement de l'humanité mais entra paisiblement et avec sérénité dans la cellule du prisonnier et en referma lui-même la porte, se présentant pour recevoir le châtiment des Cieux.
Pour la première et unique fois dans l'histoire nous assistons à la plaidoirie muette d'un avocat qui remporte l'acquittement de l'humanité entière. La Parole vivante de Dieu défend sa cause sans mots, accepte le châtiment des Cieux et sort absous, portant en Lui l'absolution de toute l'humanité.

Le Seigneur avant son entrée à Jérusalem, la dernière semaine, dit:
"Nous montons à Jérusalem ; tout ce qui a été écrit par l'entremise des prophètes au sujet du Fils de l'homme s'accomplira. Car il sera livré aux non-Juifs [gentils] ; on se moquera de lui, on le maltraitera, on lui crachera dessus, on le fouettera, puis on le tuera." Luc 18:31-33.

Qui s'exprime dans ces versets? Le Christ lui-même mais Il parle de Lui comme de quelqu'un d'autre. Avec quel calme et quelle sérénité Il avance vers la mort! Cela prouve qu'Il y va de son plein gré et par son pouvoir. Nous remarquons les mots "Le Fils de l'homme sera livré". Les mots "Fils de l'homme" indiquent que Jésus représente l'humanité. Il est l'envoyé, l'avocat, le destinataire de tout châtiment à sa place. Le "Fils de l'Homme" est la première épithète que le Christ emploie pour lui-même et elle porte en elle la puissante signification qu'Il est le représentant des hommes venant des Cieux pour se soumettre au jugement, subir le châtiment à notre place et obtenir l'absolution finale. "Sera livré" est au mode passif.
Qui livrera le Fils de l'homme? La nation juive représentée par le grand-prêtre3 , et la Haute-Cour4 qui a été connue sous le nom de sanhédrin. Le sanhédrin était constitué des maîtres éminents et des sages d'Israël ainsi que des conseillers officiels du peuple. Le Christ dit aussi "Il sera livré aux gentils". Ici les gentils font allusion aux romains en la personne de Ponce Pilate et de son autorité judiciaire. On distingue deux systèmes judiciaires: un système qui est basé sur la Loi de Dieu, représentant le jugement de Dieu; et la loi romaine qui est en accord avec le système mondain de jugement. C'est une ignominie pour la loi romaine avec son organisation judiciaire car elle ne représente plus ainsi un système législatif et d'adjudication mais seulement un organe de décision.
Ces deux systèmes ont un sens spirituel que l'on verra plus loin.

Jugement et châtiment
Après avoir prophétisé qu'Il serait livré aux gentils, le Seigneur dit: "on se moquera de lui, on le maltraitera, on lui crachera dessus". Ces trois châtiments révèlent la première partie du système judiciaire. Puis les mots: " on le fouettera", figurent la seconde partie et enfin: "puis on le tuera", exposent la troisième partie.

"On se moquera de lui, on le maltraitera, on lui crachera dessus", concerne la sanction au niveau de l'humiliation et de l'infamie.
"On le fouettera", est la sanction à l'échelon de la correction.
" Puis on le tuera", constitue la sanction à l'échelon du jugement, le jugement du péché. "Celui qui pèche, c'est lui qui mourra." Ez. 18:20.

Afin de poursuivre notre affirmation selon laquelle le Christ a dirigé son cheminement vers la Croix de son total plein gré et plus encore, non seulement résigné, mais avec joie et espérance, examinons ses paroles dans Luc 22:24 où Il envisage le jugement de la Croix. Les mots que le Christ adresse au Père dans le jardin de Gethsémané5 nous éclairent: " Père, si telle est ta décision, éloigne de moi cette coupe. Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui advienne, mais la tienne." Luc 22:42. Ce qui est dit ici est clair. Le Christ ne vient pas dans toute sa gloire mais dans la nature humaine faible et fragile, tandis qu'il sait à l'avance la dureté du châtiment qui l'attend, ses terrifiantes longueur, largeur et profondeur. Il avance vers la Croix avec fermeté et le pas assuré mais aussi "à grands cris et dans les larmes." He. 5:7. Il se tient devant le Père en prière et finalement intercédant.

Ses mots: "Mais c'est pour cela que je suis venu en cette heure." Jean 12:27, sont la troisième preuve de sa liberté d'accepter la Croix. Il dit ceci en réponse aux doutes soulevés quant à la nécessité de cette Croix. La quatrième preuve de cette liberté d'aller sur la Croix est: " j'ai le pouvoir de m'en défaire et j'ai le pouvoir de la reprendre." Jean 10:18. En cet instant Il anticipe le moment de sa mort. Ces références font toutes la démonstration du degré de liberté et de détermination avec lesquelles le Seigneur va sur la Croix.

La signification de la Croix
Quelle est notre place par rapport à la Croix? Bien que ce soit le jour du jugement de l'humanité, la journée de la Croix [la journée de la crucifixion] est emplie de joie et d'émerveillement, malgré la tristesse dans laquelle baigne l'Eglise en ce jour, malgré les chants lugubres qui déconcertent notre être intérieur.

C'est un jour d'abattement et de fatalité, car c'est le grand jour du jugement. C'est ce jour que les prophètes appellent le jour du Seigneur. Qui peut résister en ce jour? Il est vraiment effroyable. Où est le juge? Le juge dans ce tribunal de Croix était la loi, celle de l'Ancien Testament que Moïse a reçu de la main de Dieu. Cette loi était l'image verbale de la volonté de Dieu, la dépeignant en terme de commandements: avertissements et châtiments.

Quel était le rôle des gouverneurs du peuple? Dans un vocabulaire juridique moderne, ils représentent le procureur général. Leur accusation était correcte. Le grand-prêtre se tenait avec les anciens du peuple afin de remettre la cause devant l'unique source d'autorité de l'époque, l'organisation judiciaire romaine. Il se tînt et parla comme le fait de droit un procureur général, le défenseur de la loi, l'administrateur et le gardien de la Loi de Moïse. Il prononça le verdict de la peine maximale que l'on inflige à celui qui est coupable d'enfreindre la Loi.

En premier lieu Il [le Christ] blasphémait contre Dieu, en second Il avait profané le sabbat, en troisième lieu Il avait violé le Loi de Moïse d'où la qualificatif de malfaisant: "Si cet individu n'était pas malfaisant, nous ne te l'aurions pas livré." Jean 18:30. Ceci signifie que son histoire contenait de nombreuses infractions à la loi. Fort de ces trois accusations, le grand-prêtre parlait en toute autorité et délivra la sentence que méritait une telle personne. Dès lors, il demanda: "Crucifie-le ! Crucifie-le !" mais dit aussi: "Nous, nous avons une loi, et selon cette loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu." Jean 19:6-7.
Dans cette perspective, la sentence était une correcte application de la loi. Mais quel était l'avis du Christ sur cette sentence? C'était pour Lui, sans aucun doute, le bon jugement: "Mais c'est pour cela que je suis venu en cette heure." Jean 12:27, car le Christ savait qu'il serait l'accomplissement de la volonté du Père.

Mais... la sentence que le grand-prêtre délivra et imposa dans la bouche des gens, malgré son exactitude, était la mesure selon laquelle chaque homme était jugé, en premier lieu celui même qui prononçait le jugement, c'est à dire le grand-prêtre. Sans en avoir conscience, il avait délivré une sentence contre lui-même et toute l'assemblée des prêtres et des docteurs de la loi, d'une part, mais aussi contre le peuple, incluant les érudits et les gens éduqués tout autant que les ignorants.
Seul le Christ réalisait cette vérité. Il reçu le jugement du grand-prêtre, non seulement délibérément et joyeux mais avec une claire vision que son procès serait clôt par l'accomplissement de la volonté du Père.

Le Christ s'avance portant toute l'humanité en sa chair
Mes bien-aimés, c'est le principe de l'incarnation. Nous devons posséder en notre coeur la juste idée de l'incarnation. Le Christ prît chair humaine et fut appelé le Fils de l'homme. Il prît notre corps et notre esprit. Il ne pouvait prendre le corps du justifié car il savait qu'Il était venu à cette heure pour le jugement porté contre les pécheurs.

Celui qui se voit comme étant innocent ou justifié est au-delà des limites de tous les pécheurs. Le Christ est venu seulement pour les pécheurs: "Car je ne suis pas venu appeler ceux qui s'estiment justes, mais ceux qui se savent pécheurs. " Mat 9:13.
Jusqu'à maintenant mes bien-aimés c'est le message du Christ, c'est sa mission. Ceci est la Croix avec sa profondeur, elle n'est expiation que pour le pécheur, car pour celui qui voit son âme comme étant pure et innocente, il n'y a ni part ni place en ce grand jour de la Croix. Il est exclu de la scène. Il n'est qu'un spectateur qui pourra seulement dire: "Il a pu sauver les autres, quant à mon âme, Il n'a pas pu la sauver." Le Christ, même maintenant, continue à prendre mon corps, le votre et celui de tous les pécheurs de la terre depuis qu'Adam fut créé jusqu'au dernier homme qui est apparu sur la surface de la terre. Ceci est l'incarnation et c'est avec elle que le Christ s'avance jusqu'à la Croix. Que portait-Il? Il portait les péchés des hommes. Tous les péchés commis par l'homme depuis la chute d'Adam, tous ceux qui ont été engendrés par Adam depuis l'origine des temps jusqu'à sa fin.

Nous pouvons nous demander: comment se peut-il que le Christ puisse prendre les péchés dans sa chair, sachant qu'Il était libre de péchés, né dans un corps pur sans péchés et a vécu sans péchés? Considérons ceci ensemble mes bien-aimés. Quand le Christ fut calomnié et accusé d'être un pécheur et ne se défendit pas. Il accepta ces accusations de l'extérieur, devenant le représentant des pécheurs. A l'intérieur, Il accueilli les péchés de l'humanité comme les siens quand Il atermoya sa défense contre les accusations calomnieuses le traitant de malfaisant. Lorsqu'il fut accusé d'être blasphémateur, Il accepta l'accusation sans défense, Il devint alors blasphémateur pour les blasphémateurs. Quand l'accusation porta sur le fait qu'Il aurait profané le sabbat, même s'Il leur avait expliqué maintes fois qu'Il en était le maître, Il ne se défendit pas et accepta spontanément le péché de profanation.

Vous savez, bien-aimés que: "Si quelqu'un a violé la loi de Moïse, il est mis à mort sans pitié, sur la déposition de deux ou trois témoins." Deut. 17:66 , Heb. 10:28.

Les jalons du péché et de sa rétribution deviennent plus évidents:
Le Christ accepta d'être considéré comme un violateur de la loi.
Le Christ accepta d'être considéré comme un profanateur du sabbat.
Le Christ accepta d'être considéré comme un blasphémateur envers Dieu.
Le Christ accepta d'être considéré comme un malfaisant.
Ainsi mes bien-aimés toutes les sortes de péché et de violation de la Loi sont chargés sur Lui. Il consent à tous et fut satisfait qu'ils aient déposé toutes ces infractions à la Loi sur sa tête. Ils n'ont pas omis un seul péché, du plus grave au plus minime.

Les péchés de moindre importance ont été rétribués par quarante coups de fouets en accord avec la Loi. Deut. 25: 2,3. Quiconque souillait les chefs et les anciens d'Israël était banni du Conseil comme violateur de la Loi. Ex. 22;28, même si dans ses actes il n'y avait pas de violation de la Loi (c'est à dire quand quelqu'un désobéissait au grand-prêtre même s'il avait plus ou moins raison. La condamnation était appropriée car s'opposer à un chef du peuple était un péché). Pour cette raison, l'apôtre Paul, dans son entretien avec le grand-prête s'excusait de ses paroles, bien qu'il fût dans le vrai. Actes 23:5.

Lorsque Miriam parla contre Moïse et que Dieu la couvrit de la lèpre, Moïse implora Dieu de la guérir. "Le Seigneur dit à Moïse : Si son père lui avait craché au visage, ne serait-elle pas dans la confusion pendant sept jours ? Qu'elle soit exclue du camp pendant sept jours ; après cela, elle sera réintégrée." No. 12:14. C'est une comparaison importante car ici c'est sur le visage du Christ qu'ils ont craché. Ils l'ont frappé sur la tête et ont arraché les poils de sa barbe. En effet "Ils arrachaient sa barbe", comme il est dit dans la prophétie sur le Christ. Is 50:6. Ce ne fut pas mentionné dans les Évangiles mais ça l'est dans la tradition apostolique. Les sanctions et les châtiments que le Christ dû supporter pour les péchés moindres furent la flagellation, le bannissement du Conseil, les crachats et l'arrachement des poils de sa barbe.

Le Christ avance vers la Croix pour payer les péchés mortels commis contre l'ancienne Loi, l'une d'elle étant la profanation du sabbat, ce qui était puni par la lapidation. Dès lors que le Christ s'est acquitté de la sanction pour les péchés mineurs, Il embrassa la sanction pour les péchés majeurs.

Ce que Vous avez accompli pour notre salut, Ô Seigneur, n'est-ce-pas extraordinaire. Alors que nous étions inconscients de ce que Vous faisiez pour nous, Ô Fils de Dieu!

Mes bien-aimés, je vous en prie, considérez vous comme celui qui endure la flagellation sur le dos, celui sur qui l'on crache au visage, qui reçoit les coups de bâton au lieu que ce soit sur la tête du Seigneur. C'est aujourd'hui le jour de votre jugement. Si vous le désirez ou le reconnaissez, ce sera alors aussi le jour de votre innocence.
Vous abordez ce jour dans une authentique anxiété avec le Christ, le dos dénudé, humilié devant les hommes, couvert de crachats, la barbe arrachée de vos joues, la tête frappée de coups. D'ici, vous avancez de votre plein gré en étendant les bras pour porter la Croix. Avec votre propre force, vous la soulevez avec Lui, capable de vous présenter dans une telle déchéance seulement grâce à votre faiblesse, humilié, nu, les mains et les pieds cloués à la Croix. Votre corps qui porte tous les péchés est élevé avec le corps pur de Celui qui prend la condamnation sur Lui. A ce point, vous obtenez avec Lui la partage de l'innocence.

Aujourd'hui vous êtes jugé. N'ayez pas peur. Venez, dénudez votre dos avec Lui qui le dénuda et ne soyez pas honteux. Venez, tournez votre visage et ne regardez pas en arrière comme le dit Isaïe: "je ne me suis pas détourné." Is. 50:5.
N'ayez peur de rien! Avancez pas à pas, c'est le prix de vos péchés mineurs, le prix de la violation des commandements mineurs de Dieu.
Venez, venez avec moi, partagez ce châtiment qui a le pouvoir de laver votre chair, votre sang, vos os et de vous faire renaître avec la chair d'un nouveau-né. C'est le jour du jugement de l'humanité pour ses péchés mineurs.
Venez, venez ô pécheurs, vous qui avez une conscience pesante, qui êtes brûlés par le péché, venez car ce jour est votre. Venez dévoiler les passions de votre conscience pour vivre avec une conscience qui ne soit pas brûlée par les péchés, une conscience qui a péché mais qui a été purifiée et lavée pour être plus blanche que la neige. Ps 51.

Ils l'ont vêtu d'une robe de pourpre le jour de la Croix, pour que s'accomplisse la prophétie:"Qui est celui-ci qui vient d'Edom, de Botsra, en vêtements de couleur vive" Is. 63:1, c'est à dire une robe pourprée par les taches de sang. Ici la mention de la robe pourpre est une élégante référence à la Croix. La laine se rapporte à la robe de l'agneau sur la Croix. "Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendraient blancs comme la neige ; quand ils seraient rouges comme le cramoisi, ils deviendraient comme la laine." Is. 1:18.
Ils l'ont dépouillé de ses vêtements, l'ont vêtu d'une robe pourpre et l'ont élevé, révélant sa robe royale. Le Christ revêt la robe de gloire, la robe d'éternelle pureté.

C'est de cette façon que nous approchons de Dieu aujourd'hui. Portant le robe pourpre souillée par de terribles péchés, certains sont petits mais d'autres immenses. Aujourd'hui, bien-aimés, nos robes sont souillées de sang. De loin, il ne paraît qu'une seule tache comme si elle était d'une teinte unie mais si l'on regarde de près, on y trouve d'innombrables croix par millions qui sont tous nos péchés, pour vous comme pour moi. Certaines sont petites et fines, ce sont les péchés correspondant aux marbrures de son dos. Le Christ a pris ces marques et en échange nous a donné une netteté indescriptible, une blancheur comparable à la laine blanche d'un agneau, l'agneau de l'offrande divine qui ôte les péchés du monde. D'autres sont larges, elles ne peuvent être nettoyées que par le sang du Transgresseur, le sang que le Christ a versé à notre place et qui nous a racheté notre innocence.

Ainsi mes bien-aimés, quand ils conduisent le Christ hors du siège du jugement du grand-prêtre et le vêtent d'une robe de pourpre, cette robe est celle du pécheur souillée de sang, celle même que le prophète a vu et décrite. Ils l'emmenèrent en un lieu de jugement feint, celui des romains. Tout ce que les romains ont fait c'est d'entériner, soumis et peureux, la sentence du grand-prête, le procureur général. Ponce Pilate essaya timidement en une tentative humaine désespérée de préserver l'honneur de la loi romaine et de sauver la face devant les prêtres qui étaient versés dans les complots. Il leur dit:"Je le relâcherai donc, après l'avoir fait châtier." Luc 23:16, ce qui se rapporte aux péchés mineurs. Ils lui répliquèrent:
- Crucifie-le ! crucifie-le !
- Quel mal a-t-il donc fait ?
- Si cet individu n'était pas malfaisant, nous ne te l'aurions pas livré.
Combien cruelle était la tyrannie du grand-prêtre, le procureur général!

A ce point, le coeur du Christ fut ému car si la tentative de Pilate réussissait la croix était perdue. L'affaire se terminerait par la seule sanction des péchés mineurs. Nous remarquons, une fois de plus, le libre arbitre du Christ. Il ne chancella pas un seul instant mais pria en son coeur que le gouverneur n'hésite pas mais délivre la sentence maximale pour sa cause, comme ils le désiraient. Pilate demanda:
- "Ne réponds-tu rien?" (c'est à dire pour se défendre).
Il ne réalisait pas que la seule défense du Christ pour l'humanité serait qu'Il verse sont sang. Le Seigneur se taisait afin de ne pas empêcher la venue de la Croix car la raison humaine ne pouvait reconnaître sa signification.
- "Tu ne me parles pas, à moi ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher comme j'ai le pouvoir de te crucifier ?" Jean 19:10 (Quelle humiliation!).
Le Seigneur rétorqua:
- "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut."Jean 19:11.
C'est l'indication la plus marquante que le sentence de cette cause était un ordre divin, un ordre donné avant que Pilate ait prononcé son jugement. C'est certain, car la cause n'avait aucune preuve évidente. Comme le juge romain le confessa et le dit: "Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort." Luc 23:22.
L'acharnement haineux de la foule frénétique, se mesurant à la persistance du procureur général fit qu'il devint inévitable que la cause soit élevée aux Cieux, au Roi, afin que Lui ratifie le jugement.

Selon la loi romaine la cause était terriblement viciée. C'est pourquoi Pilate leur dit:
"Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi !
Les Juifs lui dirent :
- "Il ne nous est pas permis de tuer quelqu'un ! " Jean 18:31.

Le Christ dès ce moment là, dans sa gloire et sa dignité, retourna l'ordre à la loi romaine, répliqua à l'hostilité du grand-prête avec calme et contra les cris qui demandaient sa crucifixion, avec un acte de justification, en prenant la sanction sur Lui. Il accomplissait les charges pesant contre Lui et Dieu ratifia la cause au moment où le Christ déclara: - "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut." Jean.19:11. C'est la dernière autorité judiciaire et la dernière source de sentence et de décision. Toutes les autorités ont délibéré, ont entériné et ont prononcé la sentence: Celle des prêtres qui représente la justice de la Loi de l'Ancien testament; celle de Ponce Pilate qui représente la loi exécutive mondaine; les Cieux.

Tout ceci mes bien aimés, afin d'apaiser également votre esprit. Le Christ n'est pas allé sur la Croix se sentant trompé et pensant qu'Il ne méritait pas la mort selon la Loi. Pas du tout, le Christ selon son libre arbitre et son pouvoir, en venait à mériter la mort, sanction pour la violation de la Loi que toute l'humanité avait commise. Le Christ portait notre condamnation volontairement et avec joie, et la déposa devant le jugement des Cieux afin de nous dépouiller pour une innocence céleste, une innocence qui n'avait jamais eu son pareil et qui n'en aura jamais plus. C'est le grand jugement par lequel l'humanité a été innocentée en ce jour, une innocence incommensurable et impensable. Seule une copie officielle de l'acte de ce jugement fait de chaque homme se tenant, sans or ni argent, devant la cour suprême céleste, un innocent.

Venez, venez au salut et à une innocence incontestable. Car c'est une cause qui ne peut être jugée de nouveau, puisqu'elle a déjà été citée et jugée et la sentence officielle d'innocence prononcée. Que tous ceux qui ont une telle cause se présentent à Dieu afin d'obtenir l'innocence et de recevoir la même sentence -selon le vocabulaire juridique de notre époque- par l'autorité céleste et marquée du sceau de Dieu.

Ô pécheurs du monde entier, ô pécheurs qui que vous soyez, venez avec vos péchés qu'ils soient en votre coeur, votre esprit, votre coeur, votre corps, votre conscience; qu'ils soient petits ou grands, ou qu'ils brisent votre coeur de chagrin.

Venez aujourd'hui prendre la copie officielle de votre innocence, par laquelle vous pouvez vous tenir, non pas devant des prêtres du monde mais devant les Cieux, devant Jéus-Christ, votre avocat, votre juge et porteur d'innocence à votre place. Prenez cette innocence des Cieux eux-même, une innocence inattaquable. Aujourd'hui, bien-aimés, le Christ est entré dans le monde, dans un gang de criminels, portant en Lui chaque péché qui peut pénétrer l'esprit de l'homme et qui est sans conteste et sans aucun doute punissable de mort absolue. Le Christ est paru devant la cour terrestre et celle céleste avec toutes les condamnations sanctionnées en Lui-même depuis le moment où ils le flagellèrent jusqu'à ce qu'ils le déshabillèrent au Golgotha, avec le sang coulant de ses mains, de ses pieds et des blessures faites par les épines plantées dans sa tête. Chaque partie de son corps était ruisselante de sang. L'offrande était présentée pour tous les péchés des hommes et le sang de son corps devint une nouvelle robe pour les péchés de l'humanité. Ce corps c'est aussi le votre, le mien.

Le Christ ressuscite glorifié le troisième jour et siège aux Cieux à la droite du Père. Il intercède sans cesse et porte le pardon pour chaque péché. Aujourd'hui, bien-aimés, est le Jour du jugement et le jour de votre innocence.

***

Notes:
1. Droits d'auteur et propriété intellectuelle:
Père mata El-Maskine (1919-2006) fut le Père spirituel du monastère de Saint Macaire, à Wadi El-Natroun en Egypte.
Ce texte a été traduit de l'anglais au français par spiritualite-orthodoxe.net. Tous les droits d'auteur de cette traduction en français sont réservés au Monastère de Saint Macaire Le Grand © , en Egypte. Merci de ne pas le reproduire et de n'en faire qu'un usage privé.
L'article a été publié initialement par la revue mensuelle Saint Marc du monastère, et reproduit en anglais sur le site coptichymns.net.

2. Note pour la traduction en français: nous avons utilisé la Nouvelle Bible Segond pour les citations de la Bible.
3. Autre traduction possible en français: grand-sacrificateur.
4. ou Conseil Suprême.
5. ou Gethsémani.
6. "Celui qui mérite la mort sera mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins ; il ne sera pas mis à mort sur la déposition d'un seul témoin." Deut. 17:6



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