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Pentecôte: une homélie de St Jean Chrysostome et une explication par le Père Matta El Maskine, à partir des Actes des Apôtres: l'unité de Église se trouve dans l'effusion de l'Esprit Saint sur chaque personne également.

La Pentecôte orthodoxe en 2013: La Fête de la Sainte Trinité et Effusion du Saint Esprit sur les Apôtres, est célébrée le 8ème dimanche de Pâques, soit 7 semaines après Pâques.
Date cette année: Dimanche 23 juin 2013
La Pentecôte fait partie des Douze grandes fêtes du christianisme orthodoxe.
Elle est fêtée par toute l'Eglise orthodoxe, dans le monde


Tropaire de la Pentecôte Ton 8:
Bénis sois-Tu, ô Christ notre Dieu, qui as rendu maîtres en sagesse de simples pécheurs,
leur envoyant l'Esprit saint, et par eux prenant au filet l'univers entier.
Ô Ami de l'Homme, gloire à Toi!

Vitrail de la Pentecôte
Vitrail sur le thème de la Pentecôte
de L'Eglise Orthodoxe Roumaine à Paris



Homélies sur la Pentecôte

par Saint Jean Chrysostome. Deuxième homélie, Traduction de l'abbé Auger, revue.

Saint Jean Chrysostome

ANALYSE:

1° Dans cette homélie, dont on ne peut pas fixer l'année, saint Jean Chrysostome exhorte les fidèles à se réjouir, parce que la fête qu'ils célèbrent est la principale ou, comme il dit, la Métropole de toutes les fêtes; qu'elle en est le complément, parce qu'en ce jour nous recevons les fruits des promesses du Fils de Dieu.

2° Il prouve que toutes les grâces nous viennent par l'Esprit-Saint; il établit sa divinité contre les hérétiques macédoniens qui l'attaquaient; il examine pourquoi Jésus-Christ n'a pas envoyé le Saint-Esprit à ses disciples aussitôt après son ascension, pourquoi le Saint-Esprit est descendu sur eux en forme de langues.

3° Il engage ses auditeurs à décorer leurs âmes de toutes les vertus pour recueillir les fruits que l'Esprit-Saint leur apporte, dont le principal est la charité, qui exclut l'envie; il attaque avec force ce vice, et finit par adresser la parole à ceux qui étaient nouvellement baptisés, pour qu'ils travaillent à conserver la grâce qu'ils viennent de recevoir.

***

1. Qu'elles sont excellentes, mes très-chers frères, et au-dessus de toute expression, les grâces dont nous comble aujourd'hui un Dieu plein de bonté ! Ainsi réjouissons-nous tous, et, dans les transports de notre joie, rendons hommage à notre divin Maître, puisque ce jour nous ramène une fête solennelle qui rassemble tout le peuple. Comme, dans la nature les saisons se succèdent les unes aux autres, de même, dans l'Eglise, les fêtes qui se remplacent nous occupent successivement des différents mystères. Après avoir célébré la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa passion, sa résurrection, son ascension glorieuse, nous sommes enfin arrivés aujourd'hui au comble de tous les biens, à la principale de toutes les fêtes, au fruit des promesses du Fils de Dieu.

Si je m'en vais, dit-il, je vous enverrai le Consolateur, et je ne vous laisserai pas orphelins. (Jean, XVl, 7.)
Voyez-vous l'attention de ce divin Maître et sa bonté infinie! Avant ces jours, il s'est élevé au ciel, il est remonté sur son trône royal, et a repris sa place à la droite de son Père; aujourd'hui il fait descendre pour nous l'Esprit-Saint, et nous envoie avec lui du ciel des biens sans nombre.

Car, je vous le demande, parmi toutes les grâces qui opèrent notre salut, en est-il une seule qui ne nous soit dispensée par ce divin Esprit?
Par lui nous sommes affranchis de la servitude, appelés à la liberté, honorés d'une adoption divine; nous sommes formés de nouveau, pour ainsi dire; nous déposons le fardeau pesant et odieux de nos péchés. C'est par l'Esprit-Saint que nous voyons des assemblées de prêtres, que nous avons des ordres de docteurs. De cette source découlent les révélations, les remèdes salutaires de nos âmes; enfin de là viennent tous les avantages qui décorent l'Eglise du Seigneur.
Aussi saint Paul s'écrie-t-il: C'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun ses dons suivant qu'il lui plaît. (I Cor. XII, 2.) Il dit suivant qu'il lui plaît, et non suivant qu'on le lui ordonne. Il dit encore distribuant et non distribué, c'est-à-dire agissant de son autorité propre et non par une autorité étrangère à laquelle il obéisse.

En un mot, saint Paul attribue à l'Esprit-Saint la même puissance qui, d'après son témoignage, convient au Père; et comme il dit de celui-ci: C'est Dieu qui opère toutes choses dans tous les hommes (I Cor. XII, 6) ; il dit de l'Esprit-Saint: C'est un seul même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant ses dons à chacun suivant qu'il lui plaît. Ne voyez-vous pas dans l'Esprit-Saint une puissance parfaite, égale à celle du Père? Des êtres qui ont une même nature, ont sans doute une même autorité; des êtres qui ont une dignité pareille, doivent avoir la même puissance.

C'est par l'Esprit-Saint que nous avons trouvé la délivrance de nos péchés; c'est par lui que nous avons été lavés de toutes nos taches; c'est par l'efficacité de sa présence et en participant à la grâce, que nous sommes devenus anges, d'hommes que nous étions. Ce n'est pas que notre nature ait été changée; mais ce qui est beaucoup plus admirable, quoique conservant la nature humaine nous montrons en nous une vie angélique. Tel est le pouvoir de l'Esprit-Saint; et comme le feu ordinaire fait un vase solide d'une molle argile, de même le feu de l'Esprit divin, lorsqu'il trouve une âme bien préparée, quoique plus molle que l'argile, il la rend plus ferme que l'airain; et celui qui, peu auparavant, était souillé de la lie du péché, il le rend tout à coup plus brillant que le soleil. C'est ce que nous apprend le bienheureux Paul, lorsqu'il s'écrie: Ne vous y trompez pas; ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les ambitieux, ni les avares, ni les voleurs, ni les hommes adonnés au vin, ni les ravisseurs du bien d'autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. (I Cor. VI, 9 et 10.)

Après avoir parcouru presque toutes les espèces de vices et montré que tous ceux qui sont sujets à ces désordres, ne sont pas faits pour le royaume céleste, il ajoute aussitôt: C'est là ce que furent autrefois quelques-uns de vous; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés...
Comment et de quelle manière? Dites-nous-le, grand apôtre; c'est là ce que nous cherchons: Au nom, dit-il, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu.

Voyez-vous, mes très-chers frères, la puissance de l'Esprit-Saint? voyez-vous comme le divin Esprit a fait disparaître tous les vices, et a élevé tout à coup à des honneurs suprêmes ceux que le péché avait dégradés?

***

Fresque de la Pentecôte
Fresque de la Pentecôte - Spiritualité Orthodoxe ©

2. Qui pourrait donc assez déplorer les blasphèmes de ces hommes qui entreprennent d'attaquer la divinité de l'Esprit-Saint, et qui, comme des furieux, ne pouvant être détournés d'une erreur coupable par la grandeur de ses bienfaits, osent agir contre leur propre salut, dépouillent un Dieu, autant qu'il est en leur pouvoir, de la majesté divine, et le font descendre à la condition de simple créature? Je leur dirais volontiers: Pourquoi, je vous prie, déclarez-vous une telle guerre à la divinité de l'Esprit-Saint, ou plutôt à votre propre salut? Pourquoi ne daignez-vous point vous rappeler ces paroles du Sauveur à ses disciples: Allez, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit? (Matth. XXVI, 19.)

Ne voyez-vous pas une dignité pareille? ne voyez-vous pas une ressemblance parfaite? ne voyez-vous pas une Trinité indivisible? une des trois personnes offre-t-elle quelque différence, quelque changement, ou quelque diminution? osez-vous ajouter vos commandements aux commandements du divin Maître? ne savez-vous pas que parmi les hommes celui qui porterait l'audace jusqu'à entreprendre d'ajouter ou de retrancher quelques mots aux dépêches du prince, qui cependant a la même origine et la même nature que nous, subirait le dernier supplice, sans que rien pût le sauver de la punition?
Si donc on a tant à craindre de la part d'un homme, quel pardon peuvent espérer des hommes qui entreprennent d'altérer les paroles du Sauveur commun, et qui refusent d'écouter le digne organe du Fils de Dieu dont il annonce les oracles, saint Paul, qui leur crie d'une voix éclatante: L'oeil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, l'esprit de l'homme n'a pas conçu ce que Dieu prépare pour ceux qui l'aiment? (I Cor. II, 9.) Mais si l'oeil n'a pas vu, si l'oreille n'a pas entendu, si l'esprit de l'homme ne peut concevoir ce que Dieu prépare pour ceux qui l'aiment, d'où pouvons-nous, bienheureux Paul, en avoir la connaissance? Attendez un moment, et vous allez entendre cet apôtre qui s'explique en termes clairs: Mais Dieu, dit-il, nous l'a révélé par son Esprit. Et il ne s'arrête point là; mais afin de montrer la grande puissance de cet Esprit divin, et qu'il est de même nature que le Père et le Fils, il continue: Parce que l'Esprit pénètre tout, et même les profondeurs de Dieu. Ensuite, voulant nous instruire plus exactement encore par des exemples humains, il ajoute: Car qui des hommes connaît ce qui est en l'homme, sinon l'esprit de l'homme, qui est en lui? Ainsi nul ne connaît ce qui est en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu.
Voyez-vous une doctrine parfaite? Comme il n'est pas possible, dit-il, qu'un autre connaisse ce qui est dans la pensée d'un homme, si ce n'est lui-même; ainsi personne ne connaît les choses de Dieu, sinon l'Esprit de Dieu; ce qui est la plus forte preuve, la preuve la plus propre à établir la divinité de l'Esprit-Saint. Dans l'exemple qu'apporte saint Paul, il semble dire: Il n'est pas possible qu'un homme ignore jamais ce qui est dans sa pensée. Eh bien! dit-il, l'Esprit-Saint connaît aussi parfaitement les choses de Dieu.

N'est-il donc pas clair que dans ce passage le bienheureux apôtre confond ceux qui, prévenus eux-mêmes contre leur propre salut, déclarent la guerre à la divinité de l'Esprit-Saint, et, le dépouillant, autant qu'il est en eux, de la dignité de Seigneur et de Maître, le rabaissent à la simple condition des êtres créés et mortels? Mais si, par un vain esprit de dispute, ces hommes combattent ouvertement les paroles de là divine Ecriture, nous, du moins, qui regardons les dogmes sacrés qu'elle renferme comme des oracles venus d'en-haut, renvoyons à Dieu la gloire qui lui est due, et montrons en nous, avec la droiture de la foi, l'exactitude de la vérité.

Fresque de la Pentecôte
Fresque de la Pentecôte - Spiritualité Orthodoxe ©

Je n'en dirai pas davantage contre ceux qui ont la hardiesse d'attaquer, dans leurs enseignements, les oracles de l'Esprit divin. Il est nécessaire de vous expliquer pourquoi le Seigneur n'a pas accordé à ses disciples, aussitôt après son ascension, tous les biens qu'il leur avait promis; pourquoi il ne leur a envoyé la grâce de l'Esprit-Saint qu'après la leur avoir fait attendre quelques jours, et les avoir abandonnés à eux-mêmes.
Ce n'est pas au hasard et sans cause qu'il a tenu cette conduite. Il savait, sans doute, que les hommes n'estiment, comme ils le doivent, les biens, qu'en les comparant aux maux; qu'ils n'apprécient, comme elle le mérite, la position la plus douce et la plus heureuse que quand ils ont éprouvé une situation contraire. Par exemple, car c'est une vérité qu'il faut démontrer clairement, un homme qui jouit de la santé la plus florissante, ne peut en bien connaître tout le prix, à moins qu'une maladie survenue ne lui ait fait éprouver un état contraire. Pour apprécier à sa valeur le bienfait de la lumière du jour, il faut sortir de l'obscurité de la nuit. L'expérience du contraire est donc toujours le meilleur maître pour nous apprendre et nous faire sentir toute l'importance des avantages dont nous jouissons. Voilà pourquoi lorsque les disciples eurent joui d'une infinité de biens, par la présence de leur divin Maître, et trouvé en sa compagnie le bonheur et la gloire (car tous les habitants de la Palestine regardaient comme des astres bienfaisants, des hommes qui ressuscitaient les morts, chassaient les démons, guérissaient la lèpre et toutes les maladies, qui enfin opéraient une infinité de prodiges, ils étaient donc connus et même célèbres).

Voilà, dis-je, pourquoi Dieu a permis qu'ils fussent séparés quelque temps de la puissance de Celui qui les soutenait, afin qu'étant laissés à eux seuls, ils sentissent mieux tout l'avantage de la présence d'un Maître plein de bonté, et que le sentiment des biens passés leur fît recevoir, avec plus de reconnaissance, le don dé l'Esprit consolateur. Ils étaient tristes, affligés, découragés, abattus par la séparation de leur Maître; l'Esprit-Saint les a consolés, il a ranimé leur courage, dissipé le nuage de tristesse qui les enveloppait, il les a éclairés de sa lumière, et les a tirés de leur embarras. Ils avaient entendu cette parole du Sauveur: Allez, enseignez les nations; mais chacun d'eux flottait incertain, et ne savait de quel côté il devait tourner ses pas; dans quelle partie de la terre il devait aller prêcher la parole: l'Esprit-Saint venant à eux en forme de langues, leur distribue les régions de la terre qu'ils doivent instruire, et par la langue de feu, sous la figure de laquelle il repose sur chaque disciple, il écrit dans l'âme de chacun, comme dans un livre, l'autorité qu'il lui confie; il lui marque la partie du monde qu'il doit éclairer de ses instructions.

Voilà pourquoi l'Esprit-Saint est venu les visiter en forme de langues; c'était aussi pour nous rappeler le souvenir d'une ancienne histoire. Comme dans les premiers âges du monde, les hommes, entraînés par l'orgueil, avaient voulu construire une tour qui s'élevât jusqu'au ciel, mais que Dieu, par la division des langues, avait dissipé leur criminel complot, l'Esprit-Saint descend aujourd'hui sous la forme de langues de feu, afin de réunir le monde divisé, et, par une opération nouvelle et extraordinaire, au lieu qu'autrefois les langues avaient divisé la terre et rompu une ligue coupable, les langues, aujourd'hui, réunissent la terre, et ramènent l'union où régnait la discorde. Voilà donc pourquoi l'Esprit-Saint se montre sous la forme de langues; il emprunte des langues de feu, à cause de l'abondance des épines que le péché avait fait croître en nous. Quelque gras et quelque fertile que soit un champ par lui-même, s'il n'est point labouré, il se couvre et se hérisse partout de buissons et d'épines ainsi notre âme, quoique sortie bonne des mains du Créateur, quoique propre par elle-même à produire des fruits de vertu, ne recevant pas la culture de la piété, ni la semence de la connaissance de Dieu, a produit comme une forêt d'épines et de plantes inutiles, que l'impiété a fait croître en elle. Et semblable à la terre, dont la face est souvent cachée sous la multitude des épines et des mauvaises herbes, la pureté et la dignité de la plus noble portion de nous-mêmes étaient comme étouffées et ne paraissaient pas, jusqu'à ce que le divin Cultivateur de la nature humaine l'eût purifiée par le feu de son Esprit, et l'eût rendue propre à recevoir les semences célestes.

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Icône de la Pentecôte
Fresque de la Pentecôte - Atelier le Roseau ©

3. Tels sont les biens, et de plus grands encore, que ce jour nous a procurés. Célébrons-le donc, ce jour, d'une manière qui réponde aux grâces qu'il nous apporte, célébrons-le en décorant nos âmes de toutes les vertus, plutôt qu'en ornant de fleurs l'entrée de nos maisons, et en revêtant nos murs de tapis superbes, afin que nous puissions recevoir la grâce de l'Esprit-Saint, et recueillir les fruits qui en proviennent.

Et quels sont ces fruits? écoutons le bienheureux Paul: Les fruits de l'Esprit, dit-il, sont la charité, la joie, la paix. (Gal. V, 22.)

Voyez quelle est l'exactitude du langage, et la suite naturelle des idées! Il met la charité à la tête; et après cela il parle des biens qui doivent suivre; c'est après avoir planté la racine qu'il montre les fruits qui doivent naître; c'est après avoir posé le fondement, qu'il bâtit dessus l'édifice; c'est après être remonté à la source qu'il descend aux ruisseaux qui en découlent. Car la joie ne peut entrer dans nos âmes avant que nous ne regardions la prospérité d'autrui comme la nôtre, avant que le bien qui arrive à notre prochain ne nous soit aussi agréable que s'il nous arrivait à nous-mêmes.

Or, nous ne parviendrons jamais à ce point de perfection, à moins qu'une charité supérieure ne domine chez nous avec empire, la charité, qui est la racine, la source, la mère de tous les biens spirituels. Comme une racine, elle produit mille branches de vertu; comme une source, elle fait jaillir des eaux abondantes; comme une mère, elle reçoit dans son sein et embrasse tous ceux qui ont recours à elle. Pénétré de cette vérité, saint Paul dit, dans une de ses épîtres, que la charité est le fruit de l'esprit. Il lui accorde dans une autre la glorieuse prérogative d'être l'accomplissement de la loi: La charité, dit-il, est l'accomplissement de la loi. (Rom. XIII, I0.) Lorsque le Sauveur du monde établit la règle certaine et la marque sûre à laquelle on reconnaîtra ses disciples, il ne propose point d'autre règle, d'autre marque que la charité: Tous les hommes, dit-il, connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de la charité les uns pour les autres. (Jean, XIII, 35.)

Ainsi, recourons tous à la charité, embrassons-la avec ardeur, et décorons-nous de cette vertu pour célébrer la fête présente. Où est la charité, tous les défauts disparaissent; où est la charité, tous les appétits déraisonnables se répriment. La charité, dit saint Paul, n'agit point à contre-temps, elle ne s'enfle point, elle n'est point ambitieuse. (I Cor. XIII, 4.) La charité ne fait point de mal à son prochain. Où la charité domine, il n'y a pas de Caïn qui tue son frère. Retranchez l'envie, et vous avez retranché la source de tous les maux; coupez la racine, et vous avez supprimé le fruit. C'est moins dans l'intérêt de ceux qui sont en butte à l'envie, que je parle, que pour l'avantage de ceux qui éprouvent cette passion, puisque ces derniers se causent les plus grands préjudices, et se portent les coups les plus mortels, tandis que les persécutions de l'envie peuvent valoir aux autres, s'ils le veulent, des prix et des couronnes. Voyez comme le juste Abel est chanté et célébré tous les jours, et comme la mort violente qu'il a essuyée a été pour lui une source de gloire: étendu sans vie et sans mouvement, il ne parle qu'avec plus de force; son sang, après la mort, élève la voix, et accuse hautement le malheureux fratricide; celui-ci n'a survécu que pour recevoir la punition de son attentat, pour parcourir la terre toujours gémissant et tremblant. Et comme le crime de l'un l'a condamné à une vie plus triste que la mort même, ainsi la vertu de l'autre l'a rendu plus glorieux et plus brillant même après le trépas.

Nous donc, mes frères, afin que nous puissions acquérir plus de confiance, et dans ce monde et dans l'autre, afin que nous puissions recueillir plus de joie de cette fête, dépouillons-nous de tous les vices qui souillent et défigurent notre âme, et surtout de l'envie; parce que, sans doute, eussions-nous fait une infinité de bonnes oeuvres, nous en perdrions tout le mérite si nous étions dominés par cette passion basse et cruelle. Puissions-nous tous éviter ce fléau de toutes les vertus, et principalement ceux qui ont reçu aujourd'hui la grâce de la régénération. qui ont dépouillé les anciens vêtements du péché, et qui peuvent briller avec le même éclat que les rayons du soleil! Vous donc (les nouveaux baptisés) qui en ce jour avez été mis au nombre des enfants, conservez avec soin la blancheur éclatante des habits dont vous êtes maintenant revêtus, fermez de toute part l'entrée au démon, afin que recevant une grâce plus abondante du divin Esprit, vous puissiez produire des fruits au centuple, vous soyez jugés dignes de paraître avec confiance devant le Roi des cieux, lorsqu'il viendra juger le monde, et distribuer des biens ineffables à ceux qui auront terminé leur vie dans la vertu, en Jésus-Christ Notre-Seigneur, à qui soient la gloire et l'empire, maintenant et toujours, dans tous les siècles des siècles! Ainsi soit-il.

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La Célébration de la Pentecôte

par Père Matta el-Maskîne, Monastère de Saint Macaire Le Grand ©, en Egypte note 1

Actes 2:2. 2 "Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un violent coup de vent,
qui remplit toute la maison où ils étaient assis. "
Matta El-maskine

L'Esprit saint se présente lui-même venant des Cieux. C'est le premier signe de sa manifestation. Ce signe exprime la nature particulière de l'Esprit en accord avec les paroles du Seigneur: "Le vent (pneuma - Esprit) souffle où il veut; tu l'entends, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit." Jean 3:8.

Ainsi les concepts Esprit et vent sont exprimés par le même mot, accroissant la compréhension de ce qu'est la nature de l'Esprit saint. Dans la langue arabe la relation est évidente: "rooh et reeh" mais en grec il n'y a qu'un seul mot "pneuma" pour esprit et vent; et de lui dérive la forme "pnoes" mentionnée ci-dessus. Le mot pneuma est aussi employé dans le livre d'Ezéchiel dans un verset qui lie également l'action de l'Esprit et celle du vent: "Il me dit: Parle en prophète sur le souffle (pneuma), parle en prophète, humain! Tu diras au souffle: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Viens des quatre vents, ô souffle! Souffle sur ces tués, et qu'ils revivent!" Ez 37:9. Le lecteur notera la corrélation qui est faite entre l'Esprit et le vent, par l'entremise des mots "souffle" employés pour l'Esprit comme s'il s'agissait du vent.

"Il vint du ciel un bruit comme celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison"

Le lecteur doit comprendre qu'il ne s'agit pas d'un simple vent, un courant d'air ou n'importe quel autre mouvement naturel mais un son venant des Cieux. Un bruit qui emplit la maison entière: ce qui signifie qu'il était entendu comme venant des Cieux par tous ceux qui étaient présents. Il est fort probable que ce n'était pas un son ordinaire pouvant être perçu par l'oreille physique mais par celle spirituelle préparée à entendre l'Esprit et ses mouvements intérieurs. Saint Éphrem le Syrien dit qu'il remplit la maison d'un agréable parfum. Bien sûr ce parfum est destiné à ceux qui aspirent l'Esprit saint et le reconnaissent. Le son ou le parfum qui emplit l'être humain n'est pas nécessairement le même pour tous. De surcroît, ils ne sont pas d'indispensables critères qui feraient que l'Esprit Saint ne viendrait qu'avec eux et se retirerait dès lors qu'ils disparaitraient.

Le Saint-Esprit voulait cependant se révéler, révéler son existence. Il afflua dans les âmes humaines et prit possession de leurs sens afin d'attester la réalité de son existence et la véracité de son action en vue d'affermir leur foi et leur attachement à sa présence. Cela est rendu évident par l'expression "tout à coup", ce qui veut dire qu'il n'est pas allé d'une pièce à l'autre mais a déferlé d'en haut, emplissant tout à l'instant, pour que tous ressentent la visite venant des Cieux. Malgré la sensation prodigieuse qu'ils éprouvèrent de sa présence, avec le bruit, et la surprise, ils n'en furent pas pour autant pris de crainte ni d'effroi, car ils étaient établis dans une prière profonde; prière qui avait duré dix jours dans le plus haut degré de recueillement et d'attente.

"qui remplit toute la maison"

C'est la première fois que nous entendons dire que l'Esprit Saint remplit un lieu. Cet endroit est celui où le Seigneur avait rencontré ses disciples et bien-aimés lors des précédentes fêtes de la Pentecôte. Aujourd'hui l'Esprit Saint le consacre en présence des mêmes disciples et de ceux nombreux qui étaient venus pour participer aux prières de cette fête, (pour lesquelles ils avaient jeûné jusqu'à ce qu'elles se terminent à dix heure du matin) et partager ensemble les agapes.
A ce moment, la maison et tout le monde, de même que la nourriture, furent consacrés. Et voici l'Église en plénitude avec le Seigneur en son centre, selon ses promesses: "Car là où deux ou trois sont rassemblés pour mon nom, je suis au milieu d'eux. " Mat 18:20. "Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde." Mat 28:20.

Acte 2:3. "Des langues leur apparurent, qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres; il s'en posa sur chacun d'eux."

Voici le deuxième signe. Les manifestations de l'Esprit Saint, vent et feu, sont ainsi parachevées. Alors que le vent révèle la nature transparente de l'Esprit Saint: "Le vent souffle où il veut; tu l'entends, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit." Jean 3:8. Le bruit violent exprime la descente du Saint-Esprit qui vient réaliser sa dangereuse mission, il est suivit de flammes qui révèlent la nature de l'Esprit et celle de cette mission qu'il doit accomplir en tant qu'Esprit qui embrase et purifie: "Je suis venu mettre un feu sur la terre; comme je voudrais qu'il soit déjà allumé! " Luc 12:49.
Ces deux ensemble constituent la plénitude de la forme et de l'objet de la promesse du Seigneur, disant à ses disciples qu'ils seraient baptisés par le Saint-Esprit (Act 1:5) et comme l'avait dit Jean Baptiste: "Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. ". Luc 3:16. Dans les Actes on ne nous dit pas des "langues de feu" mais "qui semblaient de feu", car elles en avaient l'aspect mais n'en avaient pas la propriété naturelle brûlante. "Car notre Dieu est aussi un feu dévorant." Hé 12:29. C'est à dire dévorant les péchés et tout ce qui s'oppose à Dieu, à sa bonté, sa sainteté et sa vertu, et qui dès lors n'existeront plus grâce à la nature bonne, sainte et vertueuse de Dieu. L'action du feu divin est positive, elle consume ce qui est négatif pour accroître ce qui est positif: la bonté, la sainteté, la vérité et la justice.

Quand le texte dit: "il s'en posa sur chacun d'eux (c'est à dire sur les Douze)", cela signifie que l'Esprit de feu s'est posé sur leur être apostolique pour le transformer en un être de sainteté: "vous êtes le sanctuaire de Dieu, et ... l'Esprit de Dieu habite en vous" 1Cor. 3:16. Ceci afin d'agir en eux et avec eux tout à la fois! Puisqu'il dit plus loin non pas qu'il vint en eux mais qu'il remplit chacun d'eux! L'Esprit saint remplit en s'emparant de tout l'être humain pour qu'il devienne être de Dieu, Corps du Christ! Le fait d'être empli constitue l'union entre l'être Divin et l'être humain. De là vient la glossolalie, parole de l'homme mais aussi de l'Esprit, un acte à la fois Divin et humain, un miracle divino-humain.
De cette façon les disciples ont reçu le baptême, la purification et la sanctification par l'action du Seigneur, invisiblement présent, et par celle de son Saint-Esprit.

L'Église a pris naissance dans la personne des Douze: être divin unique, Corps divin doté de membres. Quand l'Esprit saint est descendu sur la Vierge, la puissance du Très-Haut la couvrit afin que l'être saint qui devait naître d'elle fut appelé "Fils unique de Dieu". De même le Christ - comme le dit Saint Paul - se fiança à une vierge pure et descendit sur elle avec son Esprit Saint lui conférant la puissance d'en haut. D'elle est né son peuple sanctifié et racheté, son Église Catholique 3 et Apostolique, Église du Dieu vivant. Quand le Christ fut baptisé dans le fleuve, l'Esprit saint se posa sur lui sous la forme d'une colombe signifiant l'action et la mission de la colombe de Noé, une messagère de paix sur terre après le Déluge, telle fut l'Église baptisée par l'Esprit Saint. Les langues de l'Esprit apparurent comme un feu qui se divisa et se posa sur chacun d'eux indiquant la descente de l'Esprit qui les sanctifia, les purifia et agit à travers eux.

A ce stade il nous faut souligner que ce ne sont ni le vent, ni les langues ni le feu en soi qui nous importent, le sujet de notre intérêt est l'Esprit Saint. Tous ceux-ci sont des signes qui attestent son existence et son action, non comme étant de sa nature propre, mais comme expressions de sa nature invisible.

Actes 2:4: "Ils furent tous remplis d'Esprit Saint et se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait d'énoncer."

Ce verset présente un nouvel aspect de l'action de l'Esprit Saint, qui est l'effusion 4 immédiate de l'Esprit et la capacité conférée par Lui à une personne de s'exprimer soit en une langue connue d'elle, soit en une langue qu'elle ne connaît pas. Ce dernier cas étant une preuve de l'action de Dieu, c'est à dire un miracle qui correspond à la mission primordiale des disciples, qui consiste à enseigner au monde dans ses diverses langues. Il existe des exemples du premier cas: "Alors Pierre, rempli d'Esprit Saint, leur dit: Chefs du peuple et anciens, " Actes 4:8 et dans le même chapitre: "Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient rassemblés trembla; ils furent tous remplis de l'Esprit saint: ils disaient la parole de Dieu avec assurance. "ou encore: "Alors Saul (qu'on appelle aussi Paul), rempli d'Esprit Saint, le fixa et dit... Maintenant, la main du Seigneur est sur toi: tu seras aveugle" Actes 13:9-11. Il existe encore des cas de glossolalie, c'est-à-dire où le prédicateur s'exprime en une langue autre que la sienne. Nous en verrons plus loin.

"Ils furent tous remplis d'Esprit Saint "

Tout d'abord, il faut savoir qu'il y a une effusion de l'Esprit Saint qui se produit une seule fois au baptême et une autre qui se produit ensuite à chaque fois que l'Esprit Saint le désire et que le prédicateur en a besoin. La première au moment du baptême est une consécration du temple humain pour que l'Esprit y vive et y demeure: "Ne savez-vous pas que vous êtes le sanctuaire de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous?" 1Cor. 3;16. Elle nous rend dignes de communier avec l'Esprit Saint et le Christ et par conséquent de devenir membres de son Corps. Quant à l'effusion réitérée, elle est une visite inattendue de l'Esprit Saint qui se produit à l'occasion d'une mission particulière dont Dieu charge le prédicateur pour qu'il proclame la vérité de Dieu et rende témoignage au Christ.

La descente de l'Esprit saint sur les prophètes et les rois qui se produisait dans les temps anciens, alors qu'il pouvait quitter la personne sur lequel il était descendu, diffère de celle du Nouveau Testament. Celle-ci est intérieure. On y reçoit la plénitude de l'Esprit Saint (Eph 5:18), mais on peut aussi l'attrister (Eph 4:30) ou même l'éteindre (1Th 5:19). Quant à celui qui "outrage l'Esprit de la grâce (Heb 10:29), il perd le salut et s'expose à une perdition éternelle.

Parler en langues ou dans une langue étrangère présente plusieurs aspects. Dans le livre des Actes des Apôtres se trouve mentionnés des exemples évidents et des plus efficaces, quand un apôtre parle une langue qui lui est inconnue ou prononce des mots dépassant sa volonté. C'est une manifestation évidente de la présence de l'Esprit Saint, de son action et de sa forte participation au témoignage rendu au Christ. Cela a été prédit par le Christ dans l'Évangile selon Saint Jean: " Quand viendra le Consolateur, celui que, moi, je vous enverrai... c'est lui qui me rendra témoignage; et vous aussi, vous rendrez témoignage (simultanément)... " Jean 15:6,27.

Il existe aussi une glossolalie qui nécessite un interprète, comme il est dit dans 1Cor 14:27-28. 5 Il y en a une autre où personne ne comprend, pas même ceux qui parlent, c'est une simple effervescence spirituelle. Enfin, il y a de fausses glossolalies, sous l'emprise des esprits du Mal; Saint Jean dit à ce sujet: "Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit; examinez plutôt les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, car beaucoup de prophètes de mensonge sont sortis dans le monde." 1Jean 4:1. Le discernement consiste à vérifier si ces esprits témoignent du Christ et parlent de la gloire de Dieu.

"Ils furent tous remplis"

Le "tous" désigne ici les Douze. Eux seuls représentent l'Église Une et Apostolique, c'est à dire le Corps unique du Christ. Mais chacun reçoit cette effusion en plénitude, car ce fut une effusion sur chaque apôtre et la même pour chacun des Douze. Ici se trouve manifestée l'unité sainte qui lie tous en Un: Cet Un étant l'Esprit saint et le Christ. Telle est la Communion de sainteté par l'unique Esprit et dans l'unique Esprit. C'est la même chose que d'être unis ensemble en Christ, par l'Esprit saint: "Vous en moi et moi en vous." Jean 14:20.

Ainsi nous pouvons comprendre avec certitude que l'origine de l'unité de Église se trouve dans l'effusion de l'Esprit Saint en plénitude sur chaque personne de manière égale. Nous disons bien: l'effusion de l'Esprit en plénitude sur chaque personne et l'effusion sur chacune comme sur l'autre. Tel est le fondement du mystère d'unité dans l' Église et par là du mystère de la communion en Christ. Il devient donc clair que l'unité de l'Église ne peut être fabriquée ni composée. C'est une unité divine dont l'origine est la plénitude de l'effusion de l'Esprit venu d'en haut, qui est elle-même la plénitude du renouveau, la plénitude de la nouvelle création. En conclusion, nous pouvons affirmer en toute certitude que l'unité de l'Église est cette même nouvelle création représentée par les Douze. Si l'Église est la nouvelle création, elle est le Royaume du Christ sur terre et rassemble tous ceux qui sont sauvés, par les apôtres ou leurs enseignements c'est à dire les Évangiles, pour les faire demeurer avec le Christ pour toujours.

Quiconque est empli de l'Esprit Saint grâce aux enseignements des apôtres, à l'Évangile, puis par le baptême, les prières, le jeûne (à l'exemple des douze apôtres, indispensable modèle pour quiconque désire être rempli de l'Esprit Saint) devient propre à être uni au Christ puisqu'il a obtenu la même plénitude qui est dans l'Église. Dès lors qu'il a partagé le Corps et le Sang du Christ, il est uni au Corps du Christ, c'est à dire à l'Église; et il devient membre du Corps unique. De telle sorte que Saint Paul a osé s'élever bien haut dans l'expression de ce mystère disant: "Car nous sommes membres de son corps, étant de sa chair, et de ses os." 6

Cette union ne s'opère pas par l'imagination, ni par le raisonnement, ni même en prétendant se conformer aux énoncés de la foi et de la doctrine, mais c'est une union réelle, opérée par le Christ en lui-même avant de nous la conférer par le sacrement. Car le Christ en sa divinité s'est uni à notre chair et à nos os par son incarnation, de telle sorte que sa chair est notre propre chair et ses os sont nos propres os. Avec sa divinité il s'est uni à nous et nous avons été unis à sa divinité en retour de son union à notre humanité. Véridiques sont ces paroles mystérieuses que nous répétons dans l'hymne: "Il a pris ce qui est nôtre et nous a donné ce qui est sien. Louons-le, glorifions-le, exaltons-le par-dessus tout!" (Théotokie de vendredi)

Afin de manifester que l'effusion de l'Esprit Saint sur l'Église, s'opère en conformité avec sa promesse selon laquelle "Il prendra de mon bien pour vous en faire part" Jean 16:13, le Seigneur enjoint aux Saints Apôtres: "Recevez l'Esprit Saint. A qui vous pardonnerez les péchés, ceux-ci sont pardonnés, à qui vous les retiendrez, ils sont retenus." Jean 20:23. Ainsi la plénitude de l'Esprit Saint avec les fonctions qui lui sont attachées fut conférée aux Douze Apôtres qui à leur tour la transmettent à ceux auxquels ils confient l'Esprit Saint et son action.

Version du 13 juin 2012, revue sur le texte arabe original.


On peut lire au sujet de l'acquisition de l'Esprit Saint, Saint Antoine le Grand: lettre VIII

L'essentiel de la vie monastique d'après les Lettres de saint Antoine
Par Père Matta El-Maskine, Monastère de Saint Macaire Le Grand © 1995

Saint Antoine nous invite dans ses Lettres à centrer notre attention sur les choses «essentielles et non sur celles qui ne sont pas essentielles» (VII, 5, p. 118). Pour peu que l'on parcoure ses Lettres il n'est pas difficile de découvrir quelles sont les choses les plus «essentielles» aux yeux de notre premier Père: acquérir l'Esprit Saint, le Feu divin et aimer Dieu de tout son cour. Les conséquences en sont la joie céleste qui nous remplit nuit et jour, la facilité et la légèreté dans toutes les ouvres de Dieu qui deviennent plus douces que le miel. Le moine alors se sent déjà vivre dans le Royaume tout en étant encore dans le corps. Pour se pénétrer de ces différents thèmes le mieux est d'entendre S. Antoine lui-même nous en parler. lire la suite

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Notes:
1 Droits d'auteur et propriété intellectuelle:
Père mata El-Maskine (1919-2006) fut le Père spirituel du monastère de Saint Macaire, à Wadi El-Natroun en Egypte.
Ce texte a été traduit de l'anglais au français par spiritualite-orthodoxe.net, et revu au monastère de Saint-Macaire sur le texte arabe original. Tous les droits d'auteur de cette traduction en français sont réservés au Monastère de Saint Macaire Le Grand ©, en Egypte. Merci de ne pas le reproduire et de n'en faire qu'un usage privé. L'article a été publié initialement par la revue mensuelle Saint Marc du monastère, et reproduit en anglais sur le site coptichymns.net.

2 Note de la traduction française; les versets de la Bible sont traduits selon la Nouvelle Bible Segond.

3 Note de la traduction française: catholique dans le sens de plénière, souvent traduit par universelle.

4 Note de la traduction française: nous utilisons ici et ailleurs dans le texte le mot effusion qui veut dire plus précisément emplissage, car il est celui adopté communément dans le vocabulaire théologique.

5 Note de la traduction française: "Si l'on parle en langue - deux ou trois fois tout au plus, et à la suite - qu'il y ait aussi quelqu'un qui interprète. S'il n'y a pas d'interprète, qu'on se taise dans l'Église, qu'on parle pour soi-même et pour Dieu." 1Cor 14:27,28.

6 Note de la traduction française: extrait de la bible Martin.

site: http://www.spiritualite-orthodoxe.net

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