Spiritualité Orthodoxe

et la Jérusalem d'en Haut


Autres explications sur l'Évangile de St Jean:

  • Introduction et Prologue, Jean 1:1-18: la page
  • Le Témoignage de Jean sur Jésus et l'appel des disciples, Jean 1:19-51: la page
  • La noce de cana, Jean 2:1-12: la page
  • Jésus chasse les marchands du Temple, Jean 2:13-25: la page
  • L'entretien de Jésus avec Nicodème, Jean 3:1-12: la page
  • Le discours de Jésus à Nicodème, Jean 3:13-21: la page
  • La multiplication des pains et des poissons, Jean 6:1-15: la page
  • La marche sur la mer et le Pain de Vie, Jean 6:16-71: la page
  • Des fleuves d'eau vive, Jean 7: la page


L'entretien de Jésus avec la Samaritaine, ou femme de Samarie, Jean 4:1-42. Adorer Dieu en Esprit et en Vérité. Une lecture spirituelle et un support pour la lectio divina; ou une source d'inspiration pour les homélies.

La femme de Samarie , dans l'Évangile selon saint Jean

Réflexions sur son sens spirituel

Article inspiré des cours de Père Gérard Reynaud (Etudes bibliques) 1

Lire le texte en grec-français, en bas de page: cliquer ici

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L'entretien de Jésus et de la Samaritaine
Icône de Nadahnuti Ikonopisac - domaine publique

Sainte Photine, qui est la Samaritaine selon la tradition orale, est fêtée le 26 février dans l'Eglise orthodoxe; alors que le dimanche de la Samaritaine est célébré le 5ème dimanche de Pâques, c'est-à-dire le 4ème après Pâques.

Tropaire de la Samaritaine
Venue auprès du puits, la Samaritaine te contempla,
Source de sagesse, avec les yeux de la foi;
en abondance elle y puisa le royaume d’en haut ;
et sa mémoire est glorifiée pour l’éternité.

Remarques préliminaires

Ce chapitre fait partie du Livre des signes de l'Évangile de Jean.

On peut noter la précision des détails de ce chapitre, ce qui indique vraisemblablement la présence d'un témoin oculaire et implique aussi que ce récit, même s'il délivre un message spirituel, n'est pas une simple fiction littéraire mise en scène dans ce but.

On remarque également que pour enseigner les choses spirituelles, le Christ procède à partir des réalités sensibles de la vie quotidienne, de l'expérience commune des hommes, afin de les conduire vers une réalité plus élevée qu'il veut dévoiler et faire connaître. C'est le même cheminement que celui des paraboles.

A ce propos, on se souvient que les réalités sensibles appartiennent à la création de Dieu et qu'à ce titre elles sont signifiantes; elles portent une substance intelligible en elle-même. C'est le cas de l'eau et de la nourriture dont parle le chapitre 4 de Jean; il existe une nourriture terrestre et une céleste, de même pour l'eau. D'où l'emploi du principe de la double entente et aussi des malentendus qui surgissent sans cesse dans l'évangile de Jean, comme c'est le cas lorsque les disciples reviennent de la ville avec de la nourriture et que le Christ leur dit:

« J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.» (verset 32)

Ce qui montre que les disciples ne sont pas encore ouverts à la réalité spirituelle que le Christ veut leur enseigner.


La structure de l'épisode

L'épisode peut être divisé en parties suivant le schéma suivant:


On observe que cette structure est concentrique, le dialogue sur les deux nourritures répond à celui sur les deux eaux et ainsi de suite, le centre étant l'adoration en Esprit et en vérité et la révélation du Christ.

On verra que sept paroles de Jésus, du verset 7 à 26, amènent la femme samaritaine à un changement progressif. A chaque fois elle questionne, demande et affirme. Ce qui n'est pas étonnant car le Christ, en étant tout d'abord demandeur, a ouvert le dialogue. En effet, il veut rejoindre la Samaritaine dans le but de lui donner l'eau qui est "source jaillissant en vie éternelle", comme il est dit au verset 14.

Cette r@ncontre est signifiante et déterminante, car elle a deux enjeux: la transformation intérieure et spirituelle de la femme samaritaine et la révélation de la personne de Jésus; les deux allant de concert.



Jésus traverse la Samarie

Les références dans l'Ancien Testament

Une rncontre voulue dans un lieu hautement significatif

Dès le début du récit, au verset 4, on peut avoir le pressentiment que Jésus accomplit la volonté du Père. Il y est dit:

« Or il lui fallait traverser la Samarie.»

Saint Jean indique par là qu'il n'y a pas de hasard dans cette r@ncontre, Jésus a une intention déterminée . En effet, au lieu de traverser la Samarie, il pouvait remonter la vallée du Jourdain. C'était d'ailleurs l'itinéraire que les Juifs prenaient pour éviter ce territoire considéré comme impur, habité par un peuple dont ils se méfiaient et dont ils voulaient éviter de solliciter de l'aide. Les rabbis disaient que l'on ne pouvait demander l'aide des Samaritains qu'en cas d'extrême nécessité car c'était comme consommer de la chair impure du porc.

La femme samaritaine se rend aussi au puits en plein soleil de midi, car il semble du fait de la vie qu'elle a eu, qu'elle veuille éviter de r@ncontrer les autres femmes qui vont puiser, soit au lever du soleil, soit à la fin du jour. D'autant plus que le puits est un lieu de r@ncontre dans ce contexte social.

Ce qui laisse penser que cette r@ncontre entre Jésus et la Samaritaine n'est pas fortuite mais qu'elle obéit à la volonté de Dieu.

Puis Saint Jean dit:

« C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure.»

Dans le texte grec on a deux mots qui traduisent puits: la source, l'eau courante ou les ondes au verset 6: πηγῇ; et le puits au verset 11 φρέαρ. Ces deux mots sont dans la Genèse au chapitre 24: le premier aux versets 11 et 20 et le second aux versets 13 et 16; tant dans la Septante en grec que dans le texte hébreux. Ceci veut dire que le puits de Jacob est une source profonde, donc de l'eau vive, à laquelle on accède par un puits.

On note aussi que la ville Sychar est proche de l'ancienne Sichem, lieu important cité dans la Genèse et dans 2Roi.

La r@ncontre se fait donc dans un lieu hautement significatif, à la fois pour les Samaritains et pour les Judéens. Le puits est celui du patriarche Jacob, la Genèse ne parle pas expressément du puits mais du champs que Jacob a donné en héritage à son fils Joseph (Cf. Genèse 33-19).


Le sens biblique du puits

Plus généralement dans les sources bibliques, le puits est relié au thème de la r@ncontre homme-femme et à celui nuptial. Par exemple:

Dans les récits de l'AT l'eau est donc aussi demandée, puis donnée; et dans ces références le mariage est scellé.

En ce qui concerne le récit johannique, avec la révélation de l'identité de Jésus et la confession de foi des Samaritains à la fin de l'épisode, on peut penser qu'il est question ici de l'union de la Samarie avec son vrai Dieu ou des noces mystiques du Christ avec l'humanité.

Le personnage de Jacob lui-même est important pour comprendre ce passage. Il est cité trois fois, d'abord dans le verset 5: «C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph». Nous en trouvons la mention en Genèse 48:21-22, où Jacob-Israël dit à Joseph:

«Je vais mourir, mais Dieu sera avec vous et vous fera revenir au pays de vos pères. Moi, je te donne Sichem, une part de plus qu'à tes frères, que j'ai enlevée au pouvoir des Amorites par l'épée et par l'arc.»

On trouve dans le livre de Josué 24:32 que les ossements de Joseph y sont enfouis:

«Quant aux ossements de Joseph, que les fils d'Israël avaient emportés d'Egypte, on les ensevelit à Sichem, dans la portion de champ que Jacob avait achetée pour cent pièces d'argent aux fils de Hamor, père de Sichem ; ils firent partie du patrimoine des fils de Joseph.»

Ce puits est associé aux patriarches et la Samaritaine montre qu'elle est attachée à cette tradition vivante des patriarches qui existe chez les Samaritains. C'est pourquoi elle dit:

«Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob ...?»


Jésus face à la Samaritaine

Le début du dialogue

Le dialogue commence à l'initiative de Jésus, lorsqu'il se fait demandeur afin de recevoir. Il dit:

«Donne-moi à boire.»

La femme ne va percevoir d'emblée la visée de celui qui se fait demandeur et répond:

«Comment? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine!»

En apparence la r@ncontre commence mal. Mais Jésus se fait en quelque sorte mendiant pour ouvrir le coeur de la Samaritaine et pour pouvoir lui donner. La réponse de la femme de Samarie n'est pas étonnante si on connait le contexte historique, comme on l'a vu plus haut.

La demande de Jésus rappelle la demande des Hébreux au désert, lorsque le peuple dit à Moïse:

«Donne-nous de l'eau à boire» en Exode 17:2;

et plus loin en 17:5-6, le Seigneur dit à Moïse:

«Passe devant le peuple, prends avec toi quelques anciens d'Israël; le bâton dont tu as frappé le Fleuve, prends-le en main et va. Je vais me tenir devant toi, là, sur le rocher — en Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l'eau, et le peuple boira.»

Ce qui est en jeu là, c'est la grandeur du don de Dieu, dans l'AT comme dans le dialogue qui s'instaure entre la Samaritaine et Jésus. Celle qui est au ban de la société est tout de même porteuse d'un désir profond. Ce que souligne Saint Jean Chrysostome dans ses homélies sur la Samaritaine 2. Peut-être est-elle prêtre à s'ouvrir à cause du désir qui l'anime, cherchant son véritable mari sans savoir qui il est.


De quelle eau Jésus parle-t-il?

L'eau est un symbole fort mis en oeuvre dès le chapitre 1 de l'évangile de St Jean, il est lié dans les sources vétéro-testamentaires, à la révélation, à la connaissance et à la sagesse. On compare aussi le sage, dans le livre des Proverbes par exemple, à une fontaine de vie.

Dans les "Paroles des Pères" (un écrit de la tradition hébraïque), au chapitre 6, celui qui étudie la Torah est comparé à une fontaine au jaillissement perpétuel ou à un fleuve intarissable.

Chez les prophètes l'eau vive devient un symbole des biens messianiques qui doivent advenir, elle a un aspect eschatologique. L'eau, toujours chez les prophètes, se réfère aussi à l'Esprit, en particulier dans Ezéchiel 36:25-27, dans la promesse de restauration spirituelle il est dit:

«je vous prendrai d'entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays et je vous amènerai sur votre sol. Je ferai sur vous une aspersion d'eau pure et vous serez purs ; je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un coeur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j'enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes.»

Au verset 10 de Saint Jean on trouve le terme de "don - δωρεὰν" qui désigne précisément l'Esprit dans l'Église primitive, comme on le trouve dans le livre des Actes.

Quant au verbe donner que l'on trouve plus loin au verset 14 - δώσω, il a pour objet l'Esprit, dans Jean 3:34 par exemple:

«En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, qui lui donne l'Esprit sans mesure.»

et il a pour objet le Paraclet en Jean 14:16:

«moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.»

La femme s'étonne qu'un juif lui donne à boire mais la réponse de Jésus initie un mouvement dans son for intérieur:

«Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: «Donne-moi à boire», c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive.» verset 10.

Dans cette réponse il n'est plus question de l'eau du puits mais de l'eau céleste mystérieusement liée à la personne qui parle, c'est-à-dire Jésus. L'eau vive dont parle le Christ est le don de Dieu.

Puis la femme lui dit:

«Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive? Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes?»

L'archéologie biblique, qui fait de rapides progrès et nous apporte de précieux renseignements, montre que le récit biblique est un fait historique. En 1927 le puits de Jacob a été découvert et mesuré; on estime qu'il faisait entre 32 et 33 mètres de profondeur au temps de Jésus. On comprend donc la remarque de la Samaritaine, en qui s'éveille néanmoins une interrogation: «Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob...?»

Il y a une mise en mouvement intérieur chez la femme et en même temps un dévoilement progressif de la personne de Jésus. L'eau vive est le don de Dieu et le don de Dieu par excellence est le Seigneur lui-même. L'eau ici est révélation, don de l'Esprit: «Cette vérité ne peut rester extérieure à l'homme mais elle doit être assimilée dans la foi pour qu'elle puisse devenir une source jaillissante.»

La femme répond qu'elle veut goûter cette eau d'en haut car elle est assoiffée et Jésus veut satisfaire sa demande.


Les noms que la femme de Samarie donne à Jésus.

Tout d'abord, la Samaritaine nomme Jésus, Juif. Puis, dès le verset 11, elle le nomme Seigneur. Ce titre va prendre trois sens successifs. Alors que dans un premier temps c'est une une formule de politesse, aux versets 15 et 19, le titre Seigneur monte en intensité.

Au verset 15, il y a une double entente, bien que la femme samaritaine exprime une demande matérielle, dans le même temps elle exprime un besoin plus profond.
En effet, sous l'influence des passions l'homme a toujours soif, or les passions sont dévorantes et destructrices car on ne peut jamais les satisfaire, de surcroît comme elles se rappellent toujours à l'homme, la soif ne peut cesser si les passions sont alimentées.
L'eau don-de-Dieu, par contre, comble le désir du coeur de l'homme puisqu'elle l'ouvre aux réalités d'en haut à laquelle correspond sa véritable nature; alors que la nature surajoutée de l'homme l'envoie dans le chaos des passions.

Comme le disent les pères cappadociens, le désir du don de Dieu habite le coeur de l'homme. Citant Nicolas Cabasilas, on peut dire que le coeur de l'homme est un écrin capable de contenir celui qu'aucun lieu ne peut contenir.

La deuxième fois, donc, lorsque la Samaritaine dit "Seigneur", c'est parce qu'elle entrevoie une nouvelle réalité.


Les témoignages de Jésus sur la Samaritaine et de la Samaritaine sur Jésus

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Sainte Marie l'Egyptienne
Ourmenia -détail d'icone - Droits libres

A partir du verset 16, le dialogue passe du thème des deux eaux à celui de l'adoration en Esprit et en vérité. Pour ceci Jésus dit à la femme: «Va, appelle ton mari et reviens ici.»

Veut-il discuter en présence de son mari pour des raison de convenance, car il est un homme juif, rabbi qui plus est, alors qu'elle est une femme samaritaine?

La femme lui répond: «Je n'ai pas de mari.»

Jésus lui dit: «Tu dis bien: “Je n'ai pas de mari”; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.»

La Samaritaine est sincère, mais elle ne dit pas tout. C'est Jésus qui fait apparaître la situation réelle, en lui parlant avec autorité et en se dévoilant donc un peu plus. Il lit dans son coeur.

La Samaritaine a eu cinq maris, cela veut dire qu'elle a eu des lettres de répudiation, selon la loi mosaïque3. Ce qui peut signifier que cette femme, habitée par un désir profond et secret, quête l'amour absolu chez les hommes alors qu'elle ne peut le trouver là. Car l'amour humain, même s'il peut apporter de bonnes choses, est imparfait et relatif puisqu'il est lié aux passions.

On peut citer, d'autres personnages qui avaient ce désir: Marie Madeleine ou Marie l'égyptienne (la grande ascète); deux femmes qui lorsqu'elles r@ncontrent le Christ trouvent l'amour véritable.

L'attitude de Jésus peut paraître dure mais c'est en fait de la miséricorde, car en mettent au jour la situation réelle de la Samaritaine, il va pouvoir l'amener au repentir et la guérir; c'est une leçon pour tous les temps. Elle reçoit sa parole et ainsi va pouvoir être pardonnée.

La Samaritaine prononce alors le troisième "Seigneur" et dit: «...je vois que tu es un prophète...» montrant par là un signe de progrès spirituel dans son cheminement. Le voir ici est θεωρῶ (du verbe θεωρεῶ ) qui exprime l'action de voir mais aussi l'action de l'esprit qui comprend.

On remarque tout au long de ce dialogue que le Christ ne s'impose pas mais qu'il conduit intérieurement la Samaritaine vers le point d'orgue où elle le nomme Messie et où il va dire:"Je suis - Ἐγώ εἰμι".

L'évocation des cinq maris, ne renvoie pas seulement à sa vie difficile mais, en vertu de la double entente, aussi à l'histoire de la Samarie. En 721 av. JC, le royaume de Samarie fut conquis. En 2Roi 17:24-41 (ou 4Roi de la Septante), il est dit que le roi d'Assyrie, Salmanasar, y fit venir cinq peuples pour en prendre possession. Le Seigneur lui-même envoie alors des lions pour attaquer ces cinq peuples qui sont venus chacun avec leur idole et ne savent pas comment adorer le Dieu du pays (d'Abraham, Isaac et Jacob). C'est pourquoi l'un des prêtres déporté vint donc enseigner comment on devait craindre le Seigneur. Néanmoins, les Samaritains tout en craignant le Seigneur, continuent à servir leurs idoles. Le culte de Dieu vient donc en sixième position, comme le sixième homme de la Samaritaine; alors que les cinq maris peuvent correspondre aux cinq idoles.

Les Juifs considéraient les Samaritains comme un peuple impur à cause de ce syncrétisme religieux mais aussi parce qu'ils ne reçoivent pas les livres des prophètes et qu'ils ont en plus un temple rival sur le Mont Garizim.

La conclusion des versets 16 à 19 c'est que la Samaritaine doit retrouver son seul vrai mari, comme la Samarie doit retrouver son seul vrai Dieu.


L'adoration en Esprit et en Vérité, et la révélation de qui est Jésus

A partir du verset 20, «...Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer», s'ouvre encore une nouvelle étape dans la révélation de la personne de Jésus.

La question du lieu de l'adoration recoupe la question de l'élection. Qui Dieu a-t-il élu, les Samaritains ou les Juifs? Et en quel lieu faut-il l'adorer? Car en Deutéronome 27:11-13, le mont Garizim est mentionné:

«Voici ceux qui se tiendront sur le mont Garizim pour bénir le peuple quand vous aurez passé le Jourdain...».

D'importants événements bibliques sont localisés par les Samaritains sur cette montagne:

Inversement pour les Juifs c'est à Jérusalem que l'on adore. Dans la prière de dédicace du temple de Salomon le roi dit:

«C'est donc bien pour toi que j'ai bâti une maison princière, une demeure où tu habiteras toujours." 1Roi 8:13.»

Le temple est le lieu de la présence de celui qu'aucun lieu ne peut contenir. Il est le centre du culte d'Israël.

Dans sa réponse à la Samaritaine, Jésus lui dit:

« Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.»

Ce qui veut dire qu'avec Jésus les temps eschatologiques sont là. L'heure dont il parle se rapporte au temps messianique. Les vrais adorateurs sont ceux dignes de ce nom. Remarquons que du verset 10 au verset 26, le mot adorer, adorateur revient dix fois. Il reste à la Samaritaine à discerner la gloire de Dieu qui habite en Jésus, car il est plus que prophète.

La nouveauté c'est que l'adoration prend le pas sur le lieu où l'on adore; après avoir purifié le temple (chapitre 2), Jésus s'est identifié au Temple. Il y a donc un changement décisif dans la relation entre l'homme et Dieu. Jésus l'annonce tout en affirmant la supériorité du culte juif qui est exclusif et qui est exempt de tout syncrétisme, c'est pourquoi il dit: «...nous adorons ce que nous connaissons...»

Les temps messianiques étant là, il faut adorer de manière véritable. Ce qui signifie que, sans pour autant abolir le culte extérieur, l'adoration doit être fondée en Esprit et en vérité. L'Esprit de Dieu est le guide infaillible de l'adoration véritable. Lorsque l'esprit de l'homme est illuminé par l'Esprit de Dieu, il adore ce qu'il connait. Au contraire s'il n'est pas illuminé par l'Esprit de Dieu, il adore ce qu'il ne connait pas. Il faut souligner que l'adoration en Esprit et en vérité touche à la r@ncontre personnelle avec Dieu, dans un face à face intime de la personne humaine avec la sainte Trinité.

Les prophètes avaient déjà annoncé que dans les temps messianiques, c'est partout que l'on pourra prier le Seigneur. Malachie en 1:11 avait dit:

«Car du Levant au Couchant, grand est mon nom parmi les nations. En tout lieu, un sacrifice d'encens est présenté à mon nom, ainsi qu'une offrande pure, car grand est mon nom parmi les nations, dit le Seigneur le tout-puissant.»

Les prophètes ajoutent que l'effusion de l'Esprit est par excellence le grand don messianique. C'est le Christ qui va donc le donner.

En se révélant à la Samaritaine, Jésus annonce que les oracles prophétiques sont accomplis en sa personne, car en lui se concentrent la Loi et les Prophètes.

Le verset 23 « Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père » est le point d'orgue de l'enseignement de cet entretien mais aussi plus largement des chapitres 2 et 3 de l'évangile de Saint Jean:


La vérité, n'est pas ici en opposition à l'erreur, elle signifie la fidélité de Dieu, en relation avec l'accomplissement des promesses faites dans la Loi et les Prophètes, à travers la personne de Jésus. C'est pourquoi le temps messianique n'est plus lié à un lieu particulier.

L'inauguration des temps messianiques, dans la personne de Jésus, est la réalisation d'une adoration universelle, telle que l'avait prophétisée Malachie. Elle dépasse l'antagonisme entre Jérusalem et le Mont Garizim, entre les Juifs et les Samaritains. Elle appelle toute l'humanité à l'entrée dans l'alliance. C'est ce qui va se passer lorsque la femme va chercher les gens de la ville, car ils vont confesser Jésus comme le sauveur du Monde.

Aux paroles de Jésus, la femme lui dit: «Je sais qu'un Messie doit venir — celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses.»

Elle n'est pas totalement certaine mais de par sa tradition, elle sait que le Messie doit venir. De surcroît en ces temps là l'attente est très forte. Le Messie est donc venu, selon le dessein de Dieu, alors qu'il était très attendu. Dans le contexte samaritain, il est dit que lorsqu'il viendra il annoncera toutes choses et qu'il doit accomplir le véritable culte de Dieu sur Terre car il appartient à la tribu de Lévi, donc à la caste sacerdotale.

La Samaritaine s'élève donc encore d'un degré par l'emploi du nom Messie, après avoir successivement utilisé: Juif, trois fois Seigneur et prophète. Elle se libère progressivement de sa propre captivité intérieure, tandis que parallèlement la personne du Christ se dévoile.

Jésus lui dit: «Je le suis - Ἐγώ εἰμι , moi qui te parle.»

Quel est l'objectif que Jésus poursuit en dépassant l'opposition entre Jérusalem et le Mont Garizim? Cette invocation des vrais adorateurs en Esprit et en vérité est une préparation à la révélation: "Je suis", qui apparait la première fois dans l'évangile de Jean. Ἐγώ εἰμι renvoie à Exode 3:14, lorsque Moïse sur la montagne sainte dit: «Quel est son nom? — que leur dirai-je?» Dieu dit à Moïse: «Je suis.»

La Samaritaine même si elle n'est pas versée dans les écritures connait la parole de Dieu à Moïse, sur la montagne. Ce qui a dû la toucher fortement, car celui qui lui parle est le Verbe éternel qui s'est fait homme. Elle est mise en présence du mystère insondable de l'incarnation de Dieu, de celui qui s'est abaissé jusqu'à l'homme pour le sauver.


En présence des disciples

Sainte Photine
Sainte Photine et autres saints fêtés le 26 février
Ourmenia - Droits libres

L'arrivée des disciples et le nouveau témoignage de la Samaritaine

La femme alors, abandonnant sa cruche, s'en fut à la ville et dit aux gens:

«Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ?»

Même s'il y a encore une interrogation, elle a découvert la vérité. Cette découverte la met en mouvement vers les autres, même s'ils ont pu lui être hostile à cause de sa vie; elle se fait témoin ou apôtre.

On voit que la femme de Samarie est parvenue à la maturité spirituelle. Elle a découvert la vérité, son désir va être comblé et elle se fait disciple, puis annonciatrice de la bonne nouvelle de celui qui est attendu, tant par les Juifs que par les Samaritains.

Mais entre temps, il y a eu l'arrivée des disciples.


Le dialogue sur les deux nourritures et sur la moisson

Les disciples disent à Jésus: «Rabbi, mange donc.»

Mais il leur dit: « J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.»

Sur quoi les disciples se dirent entre eux: «Quelqu'un lui aurait-il donné à manger?»

Ceci montre que les disciples n'ont pas compris. La nourriture dont parle Jésus est la volonté du Père, d'accomplir son oeuvre: le salut de l'humanité et lui communiquer la vie éternelle.

Origène commente à ce propos: «La volonté du Père est véritable nourriture pour le Fils.» et Clément d'Alexandrie dit: «Le Fils est la volonté vivante est substantielle du Père.»

Puis dans le verset 38, le rôle des disciples est expliqué, Jésus dit aux disciples:

«Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucune peine; d'autres ont peiné et vous avez pénétré dans ce qui leur a coûté tant de peine.»

Les prophètes avaient labouré, Jean Baptiste avait aplani les sentiers du Seigneur et les disciples sont envoyés pour moissonner. Mais on peut dire aussi que c'est l'Esprit de Dieu qui sème, que le disciple laboure et que le moissonneur c'est le Christ-Dieu qui fait la récolte.


Le témoignage des Samaritains

Tous les protagonistes de ce récit sont rassemblés à partir du verset 39. Beaucoup croient à cause de la parole de la femme. Les Samaritains viennent donc vers Jésus et le sollicitent pour qu'il demeure chez eux. Le maître y demeure deux jours et leur parle. Les Samaritains découvrent alors qu'il est encore plus grand que ce que la Samaritaine leur a dit, puis le récit se termine ainsi:

«et ils disaient à la femme: Ce n'est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons; nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.»


Le cours étant oral, certaines sources et références ayant servi à sa préparation peuvent ne pas avoir été citées, elles seront ajoutées ultérieurement.


***

Notes de bas de page:

1. Réalisé par --- Droits d'auteur protégés ©

2. Les 4 Homélies sur le site de l'Abbaye Saint-Benoit:
XXXII - XXXIII - XXXIV - XXXV
Rappelons que d'après nous, le terme "Juifs" utilisé par St Chrysostome s'applique dans un contexte historique bien précis et aussi, dans une approche spirituelle, à un type de personnes que l'on peut retrouver dans toutes les générations, même dans l'Église, et non pas à une race ou à un peuple. Il ne s'agit en aucun cas d'en faire un usage inapproprié contraire aux commandements du Christ. De surcroît, il y a chez le Juif, que ce soit en terme historique ou en terme de type de personne, ceux qui sont justes et ceux qui sont iniques (Romain 2:9-10. ).

3. A moins que le mari soit décédé.


Traduction de la TOB - Jean 4:1-42 - L'entretien avec la Samaritaine

1
Ὡς οὖν ἔγνω ὁ Ἰησοῦς ὅτι ἤκουσαν οἱ Φαρισαῖοι ὅτι Ἰησοῦς πλείονας μαθητὰς ποιεῖ καὶ βαπτίζει ἢ Ἰωάννης

Quand Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean,
1
2
– καίτοι γε Ἰησοῦς αὐτὸς οὐκ ἐβάπτιζεν ἀλλ’ οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ –

— à vrai dire, Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples —
2
3
ἀφῆκεν τὴν Ἰουδαίαν καὶ ἀπῆλθεν πάλιν εἰς τὴν Γαλιλαίαν.

il quitta la Judée et regagna la Galilée.
3
4
ἔδει δὲ αὐτὸν διέρχεσθαι διὰ τῆς Σαμαρείας.

Or il lui fallait traverser la Samarie
4
5
ἔρχεται οὖν εἰς πόλιν τῆς Σαμαρείας λεγομένην Συχὰρ πλησίον τοῦ χωρίου ὃ ἔδωκεν Ἰακὼβ [τῷ] Ἰωσὴφ τῷ υἱῷ αὐτοῦ·

C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph,
5
6
ἦν δὲ ἐκεῖ πηγὴ τοῦ Ἰακώβ. ὁ οὖν Ἰησοῦς κεκοπιακὼς ἐκ τῆς ὁδοιπορίας ἐκαθέζετο οὕτως ἐπὶ τῇ πηγῇ· ὥρα ἦν ὡς ἕκτη.

là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure.
6
7
Ἔρχεται γυνὴ ἐκ τῆς Σαμαρείας ἀντλῆσαι ὕδωρ. λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς, Δός μοι πεῖν·

Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit: «Donne-moi à boire.»
7
8
οἱ γὰρ μαθηταὶ αὐτοῦ ἀπεληλύθεισαν εἰς τὴν πόλιν, ἵνα τροφὰς ἀγοράσωσιν.

Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger.
8
9
λέγει οὖν αὐτῷ ἡ γυνὴ ἡ Σαμαρῖτις, Πῶς σὺ Ἰουδαῖος ὢν παρ’ ἐμοῦ πεῖν αἰτεῖς γυναικὸς Σαμαρίτιδος οὔσης; [οὐ γὰρ συγχρῶνται Ἰουδαῖοι Σαμαρίταις.]

Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit: «Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine!» Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains.
9
10
ἀπεκρίθη Ἰησοῦς καὶ εἶπεν αὐτῇ, Εἰ ᾔδεις τὴν δωρεὰν τοῦ θεοῦ καὶ τίς ἐστιν ὁ λέγων σοι, Δός μοι πεῖν, σὺ ἂν ᾔτησας αὐτὸν καὶ ἔδωκεν ἄν σοι ὕδωρ ζῶν.

Jésus lui répondit: «Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: “Donne-moi à boire”, c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive.»
10
11
λέγει αὐτῷ ἡ γυνή, Κύριε, οὔτε ἄντλημα ἔχεις καὶ τὸ φρέαρ ἐστὶν βαθύ· πόθεν οὖν ἔχεις τὸ ὕδωρ τὸ ζῶν;

La femme lui dit: «Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive?
11
12
μὴ σὺ μείζων εἶ τοῦ πατρὸς ἡμῶν Ἰακώβ, ὃς ἔδωκεν ἡμῖν τὸ φρέαρ καὶ αὐτὸς ἐξ αὐτοῦ ἔπιεν καὶ οἱ υἱοὶ αὐτοῦ καὶ τὰ θρέμματα αὐτοῦ;

Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes?»
12
13
ἀπεκρίθη Ἰησοῦς καὶ εἶπεν αὐτῇ, Πᾶς ὁ πίνων ἐκ τοῦ ὕδατος τούτου διψήσει πάλιν·

Jésus lui répondit: «Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif;
13
14
ὃς δ’ ἂν πίῃ ἐκ τοῦ ὕδατος οὗ ἐγὼ δώσω αὐτῷ, οὐ μὴ διψήσει εἰς τὸν αἰῶνα, ἀλλὰ τὸ ὕδωρ ὃ δώσω αὐτῷ γενήσεται ἐν αὐτῷ πηγὴ ὕδατος ἁλλομένου εἰς ζωὴν αἰώνιον.

mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle.»
14
15
λέγει πρὸς αὐτὸν ἡ γυνή, Κύριε, δός μοι τοῦτο τὸ ὕδωρ, ἵνα μὴ διψῶ μηδὲ διέρχωμαι ἐνθάδε ἀντλεῖν.

La femme lui dit: «Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici.»
15
16
Λέγει αὐτῇ, Ὕπαγε φώνησον τὸν ἄνδρα σου καὶ ἐλθὲ ἐνθάδε.

Jésus lui dit: «Va, appelle ton mari et reviens ici.»
16
17
ἀπεκρίθη ἡ γυνὴ καὶ εἶπεν αὐτῷ, Οὐκ ἔχω ἄνδρα. λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς, Καλῶς εἶπες ὅτι Ἄνδρα οὐκ ἔχω·

La femme lui répondit: «Je n'ai pas de mari.»
17
18
πέντε γὰρ ἄνδρας ἔσχες, καὶ νῦν ὃν ἔχεις οὐκ ἔστιν σου ἀνήρ· τοῦτο ἀληθὲς εἴρηκας.

Jésus lui dit: « Tu dis bien: “Je n'ai pas de mari”; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. »
18
19
λέγει αὐτῷ ἡ γυνή, Κύριε, θεωρῶ ὅτι προφήτης εἶ σύ.

— «Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète.
19
20
οἱ πατέρες ἡμῶν ἐν τῷ ὄρει τούτῳ προσεκύνησαν· καὶ ὑμεῖς λέγετε ὅτι ἐν Ἱεροσολύμοις ἐστὶν ὁ τόπος ὅπου προσκυνεῖν δεῖ.

Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer.»
20
21
λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς, Πίστευέ μοι, γύναι, ὅτι ἔρχεται ὥρα ὅτε οὔτε ἐν τῷ ὄρει τούτῳ οὔτε ἐν Ἱεροσολύμοις προσκυνήσετε τῷ πατρί.

Jésus lui dit: « Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
21
22
ὑμεῖς προσκυνεῖτε ὃ οὐκ οἴδατε· ἡμεῖς προσκυνοῦμεν ὃ οἴδαμεν, ὅτι ἡ σωτηρία ἐκ τῶν Ἰουδαίων ἐστίν.

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
22
23
ἀλλὰ ἔρχεται ὥρα, καὶ νῦν ἐστιν, ὅτε οἱ ἀληθινοὶ προσκυνηταὶ προσκυνήσουσιν τῷ πατρὶ ἐν πνεύματι καὶ ἀληθείᾳ· καὶ γὰρ ὁ πατὴρ τοιούτους ζητεῖ τοὺς προσκυνοῦντας αὐτόν.

Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père.
23
24
πνεῦμα ὁ θεός, καὶ τοὺς προσκυνοῦντας αὐτὸν ἐν πνεύματι καὶ ἀληθείᾳ δεῖ προσκυνεῖν.

Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.»
24
25
λέγει αὐτῷ ἡ γυνή, Οἶδα ὅτι Μεσσίας ἔρχεται, ὁ λεγόμενος Χριστός· ὅταν ἔλθῃ ἐκεῖνος, ἀναγγελεῖ ἡμῖν ἅπαντα.

La femme lui dit: «Je sais qu'un Messie doit venir — celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses.»
25
26
λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς, Ἐγώ εἰμι, ὁ λαλῶν σοι.

Jésus lui dit: «Je le suis, moi qui te parle.»
26
27
Καὶ ἐπὶ τούτῳ ἦλθαν οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ, καὶ ἐθαύμαζον ὅτι μετὰ γυναικὸς ἐλάλει· οὐδεὶς μέντοι εἶπεν, Τί ζητεῖς; ἤ, Τί λαλεῖς μετ’ αὐτῆς;

Sur quoi les disciples arrivèrent. Ils s'étonnaient que Jésus parlât avec une femme; cependant personne ne lui dit «Que cherches-tu?» ou «Pourquoi lui parles-tu?»
27
28
ἀφῆκεν οὖν τὴν ὑδρίαν αὐτῆς ἡ γυνὴ καὶ ἀπῆλθεν εἰς τὴν πόλιν καὶ λέγει τοῖς ἀνθρώποις,

La femme alors, abandonnant sa cruche, s'en fut à la ville et dit aux gens:
28
29
Δεῦτε ἴδετε ἄνθρωπον ὃς εἶπέν μοι πάντα ὅσα ἐποίησα· μήτι οὗτός ἐστιν ὁ Χριστός;

«Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ?»
29
30
ἐξῆλθον ἐκ τῆς πόλεως καὶ ἤρχοντο πρὸς αὐτόν.

Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui.
30
31
Ἐν τῷ μεταξὺ ἠρώτων αὐτὸν οἱ μαθηταὶ λέγοντες, Ῥαββί, φάγε.

Entre-temps, les disciples le pressaient: «Rabbi, mange donc.»
31
32
ὁ δὲ εἶπεν αὐτοῖς, Ἐγὼ βρῶσιν ἔχω φαγεῖν ἣν ὑμεῖς οὐκ οἴδατε.

Mais il leur dit: «J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.»
32
33
ἔλεγον οὖν οἱ μαθηταὶ πρὸς ἀλλήλους, Μή τις ἤνεγκεν αὐτῷ φαγεῖν;

Sur quoi les disciples se dirent entre eux: « Quelqu'un lui aurait-il donné à manger?»
33
34
λέγει αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς, Ἐμὸν βρῶμά ἐστιν ἵνα ποιήσω τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με καὶ τελειώσω αὐτοῦ τὸ ἔργον.

Jésus leur dit: « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre.
34
35
οὐχ ὑμεῖς λέγετε ὅτι Ἔτι τετράμηνός ἐστιν καὶ ὁ θερισμὸς ἔρχεται; ἰδοὺ λέγω ὑμῖν, ἐπάρατε τοὺς ὀφθαλμοὺς ὑμῶν καὶ θεάσασθε τὰς χώρας ὅτι λευκαί εἰσιν πρὸς θερισμόν. ἤδη

Ne dites-vous pas vous-mêmes: “Encore quatre mois et viendra la moisson”? Mais moi je vous dis: levez les yeux et regardez; déjà les champs sont blancs pour la moisson!
35
36
ὁ θερίζων μισθὸν λαμβάνει καὶ συνάγει καρπὸν εἰς ζωὴν αἰώνιον, ἵνα ὁ σπείρων ὁμοῦ χαίρῃ καὶ ὁ θερίζων.

Déjà le moissonneur reçoit son salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, si bien que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.
36
37
ἐν γὰρ τούτῳ ὁ λόγος ἐστὶν ἀληθινὸς ὅτι Ἄλλος ἐστὶν ὁ σπείρων καὶ ἄλλος ὁ θερίζων.

Car en ceci le proverbe est vrai, qui dit: “L'un sème, l'autre moissonne.»
37
38
ἐγὼ ἀπέστειλα ὑμᾶς θερίζειν ὃ οὐχ ὑμεῖς κεκοπιάκατε· ἄλλοι κεκοπιάκασιν, καὶ ὑμεῖς εἰς τὸν κόπον αὐτῶν εἰσεληλύθατε.

Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucune peine; d'autres ont peiné et vous avez pénétré dans ce qui leur a coûté tant de peine.»
38
39
Ἐκ δὲ τῆς πόλεως ἐκείνης πολλοὶ ἐπίστευσαν εἰς αὐτὸν τῶν Σαμαριτῶν διὰ τὸν λόγον τῆς γυναικὸς μαρτυρούσης ὅτι Εἶπέν μοι πάντα ὅσα ἐποίησα.

Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait: «Il m'a dit tout ce que j'ai fait.»
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40
ὡς οὖν ἦλθον πρὸς αὐτὸν οἱ Σαμαρῖται, ἠρώτων αὐτὸν μεῖναι παρ’ αὐτοῖς· καὶ ἔμεινεν ἐκεῖ δύο ἡμέρας.

Aussi, lorsqu'ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer parmi eux. Et il y demeura deux jours.
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41
καὶ πολλῷ πλείους ἐπίστευσαν διὰ τὸν λόγον αὐτοῦ,

Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui;
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τῇ τε γυναικὶ ἔλεγον ὅτι Οὐκέτι διὰ τὴν σὴν λαλιὰν πιστεύομεν· αὐτοὶ γὰρ ἀκηκόαμεν, καὶ οἴδαμεν ὅτι οὗτός ἐστιν ἀληθῶς ὁ σωτὴρ τοῦ κόσμου.

et ils disaient à la femme: Ce n'est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons; nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.»
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