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Le sens du Grand Carême chrétien orthodoxe: c'est un temps de vie avec le Christ qui entre lui-même dans le désert - homélie du Métropolite Joseph.

Le sens du Grand Carême

par S.E. le Métropolite Joseph Pop

Divine Liturgie
Métropolite: Monseigneur Joseph (Pop)-
Métropole Orthodoxe Roumaine ©

Un temps de vie avec le Christ et de nourriture spirituelle

Le grand carême c'est un temps de vie avec le Christ qui entre lui-même dans le désert pour faire le carême.
Nous participons à ce carême et à la vie du Christ dans le désert, loin de tout, là où il nous apprend que l'homme ne vit pas seulement selon la chair mais qu'il vit selon l'Esprit, selon l'Esprit de Dieu.
L'esprit de l'homme ne peut vivre, ne peut être nourrit véritablement que par l'Esprit de Dieu, c'est à dire par l'Esprit Saint. Le grand carême est donc avant tout un temps de nourriture spirituelle.

Une préparation à la vrai vie, celle du Royaume

Nous essayons de nous libérer de la nourriture corporelle, tout au moins de la réduire ou de nous contenter de peu. C'est à dire de prendre une nourriture légère qui prédispose notre esprit et notre corps à plus d'attention, plus de prière et nous rappelle que l'on n'est pas là pour l'éternité mais qu'on est là de passage. C'est une préparation à la vraie Vie, la Vie en Dieu qui commence dès maintenant.

Déposer les soucis du monde

image
Mgr Joseph - Métropole Orthodoxe Roumaine ©

Le Christ par son entrée dans le désert, nous arrache à trop de soucis de ce monde, à trop de plaisir de nourriture, pour chercher avant tout le Royaume.
Comme il l'a dit à ses disciples:

«Regardez les lys des champs, regardez les oiseaux du ciel.
Ils ne travaillent pas, ne font pas un travail en soi.
Mais les fleurs sont mieux habillées que n'importe quel roi
et les oiseaux mangent même s'ils ne sèment pas.
Puis que Dieu pourvoit.»


On ne va pas, bien sûr, dès demain ne plus travailler, se laisser nourrir par Dieu, car Dieu nous a donné tout ce qu'il faut pour produire, créer, être à l'aise dans ce monde.

Préserver la création de Dieu

Marguerites
Spiritualité Orthodoxe ©

Cependant en même temps, il faut que chacun d'entre nous pense à ne pas détruire ce que Dieu nous a donné, c'est à dire la création: les forêts, les eaux, la terre, les animaux, toute cette beauté du monde.
Poulain
Le carême sert donc aussi à cela: comment préserver ce que Dieu nous a donné; comment ne pas être dans cette logique de la consommation du monde mais dans cette logique de la création avec Dieu, de la préservation de ce qu'Il nous a donné et de le rendre encore plus beau.

Extrait d'une interview sur RCF Côte d'Azur jeudi 24 février 2011 - Production, enregistrement et montage : Michel Rossi (paroisse orthodoxe grecque Saint-Spyridon - Patriarcat oecuménique de Constantinople.
Ecouter l'interview:

***

Le dimanche du pardon, avant le Grand Carême

Une homélie du Patriarche Daniel

L'Évangile (Matthieu 6:14-21) que l'Église a prévue pour le 4ème dimanche du Triode, nommé le dimanche de l'exil d'Adam du Jardin d'Éden, est un texte court mais d'une signification spirituelle très utile pendant la période de grand carême que l'Église entière, Clergé et fidèles, débute.
Jésus Christ, notre Seigneur, parle tout d'abord de l'importance de pardonner les erreurs des autres afin que Dieu pardonne aussi nos propres erreurs. Puis le Sauveur parle de la façon de jeûner, Il dit que les gens ne doivent pas paraître tristes parce qu'ils jeûnent, car le jeûne doit apporter une joie naturelle et non pas être l'occasion de faire une triste mine pour se faire apprécier des autres.
Dans la troisième partie du texte évangélique du jour le Sauveur parle de trésors. Quel genre de trésors acquérons-nous pendant notre vie? Des trésors matériels, provisoires, instables et toujours menacés de perdre leur valeur, ou bien des trésors permanents sûrs, des trésors spirituels amassés dans l'âme et le coeur, les seuls trésors fiables que nous emporterons avec nous dans le Ciel?

Débuter le carême par le pardon avoir pour but l'amour miséricordieux

L'Évangile nous exhorte à commencer cette période de carême en pardonnant autrui et en recevant le pardon qu'ils nous donnent, comme le Christ Crucifié et Ressuscité, qui a pardonné les fautes de ceux qui l'ont crucifié, et a montré que l'amour miséricordieux est plus fort que le péché, que la violence, que n'importe quelle forme de dégradation de l'être humain. Ainsi, l'amour miséricordieux est le but principal de tous les efforts spirituels pendant le carême. Le but final de cette période de combat spirituel est d'atteindre l'amour miséricordieux qui nous fait ressembler au Dieu miséricordieux.
Jésus Christ, notre Seigneur, nous exhorte à rassembler le trésor de l'amour miséricordieux dans nos âmes, généreuses et magnanimes. Ceci ne s'obtient pas par un simple désir, mais implique beaucoup d'efforts, en refusant de faire sa propre volonté et en faisant la volonté de Dieu. Comme le père Petroniu Tanase du skite roumain Prodromu au Mont Athos l'a souligné, cet effort n'est pas un simple exercice d'ascèse, mais il exige tout d'abord d'abandonner sa volonté propre pour accomplir la volonté de Dieu dans notre vie, en se débarrassant de la volonté égoïste et en accédant au niveau spirituel élevé du désir d'obéir à Dieu et de l'aimer et d'aimer autrui aussi. Seul l'homme avec une volonté semblable à celle de Dieu est vraiment libre, car il peut aimer. Chaque homme est libre dans la proportion de sa capacité à aimer Dieu et autrui.

Le grand carême, une progression vers la Résurrection

L'Évangile d'aujourd'hui est une présentation concise et complète de la progression vers la Résurrection, la préparation à la Sainte Pâque. Elle est composée de deux aspects : la résurrection de l'âme de la mort par le péché et un avant-goût de la joie de la Sainte Pâques, dès le carême.
C'est le jeûne de l'être en son entier, non seulement de manière substantielle, mais aussi spirituelle. Cela signifie que l'homme habitué à vivre une vie de péchés se transforme en un homme dont la pensée demeure en Christ par la sobriété, la prière, la pitié, le repentir, usant des mots et des actes comme la manifestation de la présence de l'amour pieux et miséricordieux du Christ dans sa vie.

La prière, une nourriture spirituelle

Le jeûne n'est pas la faim, mais un changement de nourriture faisant de la nourriture spirituelle une priorité sur celle matérielle. Le jeûne non accompagné par la prière n'est pas une ascèse spirituelle, mais un exercice pour améliorer le corps esthétiquement ou d'un point de vue hygiénique et médical. Pourquoi cela ? C'est parce que c'est la prière qui est la nourriture essentielle de la personne qui fait le carême.
Celui qui restreint les choses matérielles doit augmenter la prière et intensifier la nourriture spirituelle en lisant les Saintes Écritures, en se confessant et en recevant la Sainte communion plus souvent aussi bien qu'en accomplissant plus d'actes miséricordieux.
Les 40 jours de jeûne dans le désert et le rejet des trois tentations par le Christ, notre Seigneur, a complètement guéri le comportement du désobéissant Adam, qui ne jeûnait pas et ne se repentait pas.
L'obéissance à Dieu et la tempérance sont des choses que le Sauveur Lui-même nous montre pendant ses 40 jours de jeûne dans le désert quand Il a rejeté les trois tentations : l'avidité pour les biens matériels , l'avidité du pouvoir dans le monde et l'avidité de la vaine gloire, c'est à dire l'affirmation du soi égoïste de l'homme coupé de Dieu et souvent opposé à autrui. En rejetant toutes ces tentations le Christ, notre Seigneur, guérit le comportement du désobéissant Adam, qui n'a jamais jeûné et ne s'est pas repenti.
C'est pourquoi, en ce jour, le Christ parle du besoin de rassembler des trésors spirituels dans notre âme; ce dimanche qui est celui de l'exil d'Adam du Jardin d'Éden, parce qu'il n'a pas jeûné, nous incite vivement à la progression spirituelle afin de récupérer l'Éden, à savoir retourner au Paradis.

Le jeûne, une offrande d'amour à Dieu

Dans l'Orthodoxie, le jeûne n'est pas une obligation externe imposée, pas une formalité, un impératif obligatoire, mais une offrande d'amour que l'homme fait à Dieu. Le jeûne est une manifestation de notre amour pour Dieu. Comment? C'est parce que nous manifestons plus d'amour à Dieu que de désir de consommer les biens matériels qu'Il nous a donnés pour vivre notre vie biologique. Autrement dit, le jeûne est l'expression de notre amour pour Dieu.
Celui qui comprend que le jeûne est un acte de dévotion à Dieu afin de remplir encore plus son âme de l'amour miséricordieux de Dieu, ne sent pas la difficulté du jeûne.
Le jeûne est donc le moyen de rassembler des trésors de grâce de Dieu, et d'amour du Christ dans notre âme.

Par le Primat de l'Église Orthodoxe roumaine, le Patriarche Daniel, 24 mars 2013. Traduit de l'anglais au français par Spiritualité Orthodoxe © .

La pardon et la manière de jeûner, Matthieu 6:14-21
14 Si vous pardonnez aux gens leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera, à vous aussi,
15 mais si vous ne pardonnez pas aux gens, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes.
16 Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme les hypocrites ; ils arborent un visage défait pour montrer aux gens qu'ils jeûnent. Amen, je vous le dis, ils tiennent là leur récompense.
17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage,
18 afin de ne pas montrer que tu jeûnes aux gens, mais à ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit, là, dans le secret, te le rendra. Des trésors dans le ciel
19 Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler.
20 Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent.
21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cour.

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