Spiritualité Orthodoxe

et la Jérusalem d'en Haut


Autres explications sur l'Évangile de St Jean:

  • Introduction et Prologue, Jean 1:1-18: la page
  • La noce de cana, Jean 2:1-12: la page
  • Jésus chasse les marchands du Temple, Jean 2:13-25: la page
  • L'entretien de Jésus avec Nicodème, Jean 3:1-12: la page
  • Le discours de Jésus à Nicodème, Jean 3:13-21: la page
  • Jésus et la samaritaine, Jean 4:1-42: la page
  • La multiplication des pains et des poissons, Jean 6:1-15: la page
  • La marche sur la mer et le Pain de Vie, Jean 6:16-71: la page
  • Des fleuves d'eau vive, Jean 7: la page


Le témoignage de Jean Baptiste (le précurseur) sur Jésus et la r@ncontre du Christ avec ceux qu'il va appeler pour être ses disciples - Jean 1.19-51 ou Prologue de Jean, deuxième partie.

Le témoignage du Précurseur, Jean baptiste

Le Témoignage de Jean le Baptiste sur Jésus, dans l'Evangile de Jean

Article inspiré des cours de Père Gérard Reynaud (Etudes bibliques) 1

Le baptiste
Saint Jean Baptiste
Icône de Razvan Gasca (Copyright) ©

A partir du verset 19 du chapitre 1 de saint Jean, commencent le témoignage de Jean Baptiste et la r@ncontre du Christ avec ceux qu'Il va appeler pour être ses disciples.

Un exégète britannique Charles Dodd 2 a distingué: un prologue théologique, un prologue historique, le livre des signes (sept "semeia") s'ouvrant avec la noce de Cana, puis le livre de la Gloire, avec l'ensemble du récit qui culmine sur la grande prière sacerdotale, le récit de la passion, de la mort et de la résurrection.

Cette partie commence au verset 19 et se termine au verset 51. Toutefois c'est dès le Prologue que le précurseur apparaît, aux versets 6 à 8:
"6 Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean.
7 Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.
8 Il n'était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière."

On constate déjà que la notion de témoin ou de témoignage est primordiale, on voit plus loin également au verset 15: "Jean lui rend témoignage et proclame: « Voici celui dont j'ai dit : après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était. »"
A la personne du Baptiste est liée la question du témoignage. Le précurseur est le témoin de celui qui "est" avant lui, alors qu'Il vient après lui chronologiquement.

On peut trouver quatre unités littéraires dans cette deuxième partie du chapitre:



Versets 19 à 28 - Témoignage de Jean en réponse au questionnement des prêtres et les Lévites

Les versets 19 à 28 présentent plusieurs questions, on peut parler d'un interrogatoire.
Alors que Jean est dans le désert, des prêtres et des lévites sont envoyés pour lui demander qui il est: « Qui es-tu?» demandent-ils.
Quel est le sens de ceci? Il y a là une indication précieuse sur l'attente messianique. Au moment de l'incarnation, il y a une très forte attente du Messie dans les différents milieux du judaïsme, qui comportait de nombreuses fractions à cette époque. Saint Luc nous dit (en Luc 3,15): "Le peuple était dans l'attente et tous se posaient en eux-mêmes des questions au sujet de Jean: ne serait-il pas le Messie ? "
Tous souhaitent l'arrivée du Messie mais il y a différentes conception de la messianité. L'une est très politique, on veut que le roi messie rétablisse la royauté d'Israël et chasse l'occupant romain. Alors que les pauvres du Seigneur, dont parle Saint Luc en 2, 25-38 3, attendaient la consolation d'Israël et la libération de Jérusalem.
A cause de cette tension, Jean Baptiste est soumis à des questions impératives.
Il semblerait que les prêtes et les Lévites soient inquiets. A la question « Qui es-tu ? » "Il fit une déclaration sans restriction, il déclara : « Je ne suis pas le Christ. » " (verset 20) Il affirme donc qu'il n'est pas le messie, c'est à dire le Christ (En grec, le mot « Christ », dont la racine Χριστός signifie « oint », traduit le terme hébraïque מָשִׁיחַ - mashia'h )

Puis l'Évangile poursuit: 21. Et ils lui demandèrent : « Qui es-tu ? Es-tu Elie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. » —  « Es-tu le Prophète ? » Il répondit : « Non. »
22. Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? ... que nous apportions une réponse à ceux qui nous ont envoyés! Que dis-tu de toi-même ? »

Il y a donc trois termes importants à retenir: Messie, Elie et prophète; qui ont chacun une grande importance dans l'attente messianique.

Elie, le prophète qui a été enlevé sur un char de feu est lié au messie car c'est lui qui vient l'annoncer.
Il est aussi lié à la vision apocalyptique que les temps messianiques inaugurent.
Le prophète renvoie au Deutéronome 18, 15, où Moïse dit: "c'est un prophète comme moi que le Seigneur ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères ; c'est lui que vous écouterez."
Il est donc normal que les prêtres et les Lévites posent ces trois questions successives. Comme il répond négativement, "Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? ... que nous apportions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ! Que dis-tu de toi-même ? » " (verset 22)

Le Baptiste affirma: « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : “Aplanissez le chemin du Seigneur”, comme l'a dit le prophète Esaïe.»; (verset 23)

Au verset 15, le verbe crier (en grec κέκραγεν ) se rapporte à une technique de la prophétie qui consiste à "crier", c'est à dire que la voix du prophète annonce la parole divine et appelle le peuple à renouer l'alliance avec Dieu.
Après avoir donc dit ce qu'il n'est pas le Baptiste dit qu'il est " la voix de celui qui crie dans le désert: “Aplanissez le chemin du Seigneur" . On trouve aussi la traduction redresser, ou rendre droit pour ce verbe ευθυνω.

24 Or ceux qui avaient été envoyés étaient des Pharisiens. 25 Ils continuèrent à l'interroger en disant: « Si tu n'es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète, pourquoi baptises-tu ? »
Il est dit au verset 19 que ce sont des prêtres et des Lévites qui furent envoyés au désert alors que dans le verset 24, on mentionne les pharisiens.
Pour comprendre ce passage, il faut rappeler que les prêtres et les Lévites qui servaient au temple appartenaient principalement à la caste des Sadducéens, or les Pharisiens qui étaient souvent en opposition avec cette caste, avaient aussi des adeptes dans le temple. Rappelons aussi que les Pharisiens, très puissants, avaient pour objectif d'étendre la sacralité du temple, un ensemble de règles strictes, à toute la société d'Israël.
A leur question Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » (versets 26 et 27)
C'est un passage assez mystérieux. Saint Justin le martyr explique dans les "Dialogues avec Tryphon" (en LXXXVIII - 8) que le Messie n'était pas connu et "passait lui-même pour n'être qu'un ouvrier" - καὶ τέκτονος νομιζομένου - , tant que le Baptiste, qui est Elie (XLIX - 3) n'était pas venu pour lui préparer la voie.

Qu'est-ce-que le baptême de Jean? C'est un baptême d'eau car Jean baptise dans le Jourdain au désert; et c'est un baptême de repentance qui s'adresse à toute Israël. Or cette pratique pose un problème aux prêtres lévites et aux Pharisiens.
En effet, dans l'AT le bain rituel est extrêmement codifié, il est pratiqué toutes les fois où l'on enfreint les règles de pureté, telles qu'elles sont décrites dans le lévitique. Ses règles sont très strictes pour la caste des prêtres et des lévites qui servent au temple. Le bain rituel est aussi prescrit aux femmes après leurs menstrues et il est nécessaire à l'entrée dans le judaïsme des prosélytes.
Il est appelé le mikvé (en héreux מִקְוָה ).

Les pharisiens, bien sûr, savent tout ce qui concerne le rituel de purification et ils veulent étendre la rigueur des règles imposées à la caste du temple à toute la société. Ils mettent donc en cause le baptême de Jean qui est particulier car il ne se fait qu'une fois, il n'est pas répétitif comme le rituel de purification. De plus, il se pratique dans le Jourdain et on dit que: "Cela se passait à Béthanie , au-delà du Jourdain, où Jean baptisait." (verset 28).

Il y a deux Béthanie - Βηθανίᾳ , l'une est non loin de Jérusalem, là où le Christ séjourne chez Marie, Marthe et Lazare; et l'autre Béthanie se trouve en Trans-Jordanie, le lieu où Jean baptise.
On trouve dans le texte une variante de Béthanie: Béthabara - lieu du passage, c'est une réminiscence du passage des Hébreux en terre promise avec Josué à leur tête.
Quand Jean pratique ce baptême, il y a l'idée que par le "lieu du passage" on rentre en terre promise; cette notion de passage est très importante dans le baptême de l'Esprit que pratique le Christ lui-même:
« Moi, je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion ; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi : je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales; lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu...» Matthieu 3,11.

Dans le baptême du Christ, il y a bien passage dans l'eau baptismale qui est à la fois mort et source de vie, on passe en suivant le Christ par la mort à la résurrection.

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Versets 29 à 34 - Témoignage de Jean en vue de la révélation à Israël

Le verset 29 commence par "le lendemain", ceci permet de repérer des séquences, car ce mot débute aussi les versets 35 et 43. Parallèlement à cette disposition sont exprimés un titre du Christ qui préfigure les grands thèmes de l'Évangile de Jean. C'est pourquoi Charles Dodd a nommé la deuxième partie du prologue, le prologue historique.

29 Le lendemain, il voit Jésus qui vient vers lui et il dit: « Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
30 C'est de lui que j'ai dit : “Après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était.”
31 Moi-même, je ne le connaissais pas, mais c'est en vue de sa manifestation à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau. »

Le précurseur prépare la venue du Messie, il est Élie qui revient pour préparer le chemin du Messie.

Le titre "agneau de Dieu" est rare dans l'AT, il est principalement mentionné dans Ésaïe 53.4 Dans la proscomidie (la préparation des offrandes de la Divine Liturgie), lorsque le prêtre taille le premier prosphore (pain) qui correspond à l'agneau, il récite des versets biblique de Ésaïe 53.

Sont réunis dans l'Évangile de Saint Jean différents thèmes concernant l'agneau. Tout d'abord c'est l'agneau pascal, mentionné dans le Livre de l'Exode, il est consommé dans le repas de la Pâque. Puis, il y a l'agneau du sacrifice que l'on sacrifiait tous les jours au Temple, un thème très souvent évoqué. Il était un sacrifice de substitution aux sacrifices humains que faisaient les peuples qui environnaient Israël. Finalement, on trouve l'agneau apocalyptique dans les récits d'Apocalypses juives et il est présenté en majesté dans l'Apocalypse de Saint Jean: Il est digne, l'agneau immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange. (Apocalypse 5,12)

Dans « Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.» il est clairement dit que l'agneau ôte le péché du monde, ce qui est très important dans la théologie chrétienne.

En Ésaïe, au coeur du Livre de la Consolation d'Israël (qui va du chapitre 40 au chapitre 55), dans les "Chants du Serviteur souffrant" (les chapitres 42, 49, 50 et 53), il est dit qu'il accomplira le nouvel Exode pour la libération d'une multitude d'hommes: ainsi le Christ s'offrira en sacrifice d'amour sur l'arbre de la Croix comme l'agneau substitué à l'homme.

Jean Baptiste distingue le baptême d'eau et le baptême de l'Esprit. Si le premier baptême opère déjà un retournement dans le coeur de l'homme pénitent, combien plus le baptême de l'Esprit accomplit ce retournement, qui se nomme "nouvelle alliance", en ceux qui se livrent à l'Esprit. Le baptême de l'Esprit, que le Baptiste annonce, fait entrer dans l'alliance nouvelle et il est la préfiguration des noces. En effet, à la notion d'alliance est liée consubstantiellement celle des noces: entre Dieu et son peuple, entre le Christ et l'Église, entre le Christ et chaque âme chrétienne (ce qui sera le thème du premier signe du Livre des signes dans "la noce de Cana" où le vin sera abondant).

Le baptême d'eau, puis le baptême de l'Esprit et l'annonce à partir du prologue de la nouvelle alliance sont reliés au vin de la noce de Cana (chapitre 2), qui concrétise l'alliance nouvelle prophétisée par Jérémie.
De ce fait, au Jourdain se révèle l'onction messianique du Christ, c'est la première manifestation de la sainte Trinité: le Père parle, le Fils descend dans les eaux et l'Esprit saint est là. L'Esprit de Dieu qui était à la surface des eaux dans la Genèse, est à nouveau là, il descend telle la colombe sur celui qui reçoit le baptême: c'est la première Théophanie dans l'Évangile de Jean, avec un dévoilement du mystère de Dieu, puisque les trois personnes divines sont présentes.
Cette descente de l'Esprit est la descente sur le Fils de l'onction messianique de manière visible aux yeux de tous, c'est à dire l'imprégnation de la nature humaine par la divinité du Verbe, Fils du Père, dans la plénitude de l'Esprit. Au premier verset du prologue on avait déjà la révélation que Dieu est unique mais qu'il est aussi communion d'amour de trois personnes: le Père qui est la source, le Fils qui est engendré du Père de toute éternité, l'Esprit qui procède du Père de toute éternité.

Ce passage du prologue est associé à d'autres passages du NT:


L'onction divine au Jourdain manifeste la personne divine du Christ et sa fonction de serviteur.

L'Évangile de Jean est l'Évangile du nouvel Exode: Dieu le Verbe descend, c'est un Exode descendant pour qu'à sa suite les hommes puissent entreprendre un Exode ascendant vers le Père, vers une nouvelle création. Celle-ci passe par l'eau, par le sang et par l'Esprit. C'est une esquisse des trois mystères de l'initiation chrétienne: le baptême, la chrismation et l'eucharistie.

Théophanie
Baptême de Jésus
Collection Ourmedia

Puis, on a les versets suivants:
32 Et Jean porta son témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit, tel une colombe, descendre du ciel et demeurer sur lui.
33 Et je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, c'est lui qui m'a dit : “Celui sur lequel tu verras l'Esprit descendre et demeurer sur lui, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint.”
34 Et moi j'ai vu et j'atteste qu'il est, lui, le Fils de Dieu. »

"Celui" qui a envoyé Jean pour baptiser est Dieu. Et en accord avec ce qu'Il lui a dit, le Baptiste reconnaît grâce à l'Esprit, semblable à une colombe qui descend sur Jésus, qu'Il est bien celui qui va baptiser du Saint Esprit.
Il a vu et il a rendu témoignage. Ce sont en grec les verbes θεαομαι et οραω pour "voir" (versets 32 et 34) et le verbe μαρτυρεω pour rendre témoignage. Le fait que le témoignage vienne de celui qui a vu, permet d'attester la vérité. On retrouve un passage dans ce sens dans la proscomidie, lorsque le prêtre perce le côté droit de l'agneau (le premier prosphore): "L'un des soldats de sa lance lui perça le côté, aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est vrai".
Le témoignage oculaire est d'une grande importance, car de manière plus large rappelons que même si les Évangiles ont plusieurs strates littéraires, ils sont tous l'oeuvre des témoins oculaires. La qualité d'apôtre suppose le témoignage oculaire, sinon ce n'est pas un apôtre. Les apôtres ont été les témoins oculaires du Christ lorsqu'il était sur terre: de ce qu'il a fait, de son enseignements, de ses gestes, des signes qu'Il a accomplis.

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Versets 35 à 42 - Les premiers disciples

35 Le lendemain, Jean se trouvait de nouveau au même endroit avec deux de ses disciples.
36 Fixant son regard sur Jésus qui marchait, il dit : « Voici l'agneau de Dieu. »
37 Les deux disciples, l'entendant parler ainsi, suivirent Jésus.
38 Jésus se retourna et, voyant qu'ils s'étaient mis à le suivre, il leur dit: « Que cherchez-vous ? » ...

C'est ici le deuxième lendemain. « Que cherchez-vous ? » - Τί ζητεῖτε - la première parole de Jésus est une question. C'est une caractéristique du Christ, Il pose des questions pour mettre en mouvement ses interlocuteurs. A un autre endroit, il dira au possédé Gadaréen: « Quel est ton nom ? »
La question est comme une flèche qui concerne intimement celui qui la reçoit; elle le met en mouvement intérieurement. Si le Christ commençait à délivrer quelque chose d'extérieur à la personne, ceci pourrait poser des difficultés quant à la réception de ce qui est enseigné.

Le Christ s'adresse à des disciples de Jean Baptistes, qui vont maintenant le suivre et:

Ils répondirent : « Rabbi — ce qui signifie Maître —, où demeures-tu ? » (verset 38 - suite).

"où demeures-tu ?", ποῦ μένεις - notons que demeurer est un verbe très courant dans l'Évangile de Jean (près du quarantaine de fois 5 ).

Il y a dans ces paroles une double entente, n'oublions pas que l'on se trouve dans un milieu sémitique, avec des hommes complètement immergés dans la parole divine.
On retrouve cette double entente, en particulier, dans les titres christologiques, dont le sens se dévoile progressivement au cours de l'Évangile de Jean. Évangile qui a pour thème spécifique le dévoilement de la personne du Christ: on y parle très ouvertement de la divinité du Christ. Par exemple, le Christ dit Ἐγώ εἰμι "Je suis" à plusieurs reprises (en particulier Jean 8,58 6), comme Dieu, dans l'Exode en face de Moïse, dit: "Je suis".

Divers titres empruntés au lexique biblique traditionnel apparaissent donc dans le prologue: Rabbi (maître), Messie (ce qui signifie Christ), Roi d'Israël, Fils de Dieu, Fils de l'homme...
Cependant, même si les disciples utilisent ces titres, ils ne vont pas en comprendre immédiatement la véritable portée. En effet, David et la lignée de David reçoivent aussi ces titres mais il ne s'agit ici que d'hommes, alors qu'avec Jésus-Christ les titres ont une signification nouvelle absolue, celle de l'incarnation de Dieu assumant complètement la nature humaine; ce que le Christ dévoilera progressivement.

39 Il leur dit : « Venez et vous verrez. »

"Venez et voyez" - Ἔρχεσθε καὶ ὄψεσθε - deux termes récurrents dans l'Évangile de Saint Jean.
Pourquoi le Christ utilise-t-il cette manière de faire? On peut penser qu'à ses yeux la valeur de l'homme est liée à sa recherche. Par cette question toute simple, Il met ces hommes en mouvement. Il est bien dit dans l'Évangile de saint Matthieu 7,7: "Cherchez et vous trouverez". - ζητεῖτε, καὶ εὑρήσετε· Pour trouver, il faut chercher c'est à dire qu'il faut se mettre intérieurement en mouvement, sinon on ne trouve pas.

Le Christ respecte aussi la liberté humaine, il met ses interlocuteurs intérieurement en mouvement en posant une question, les deux disciples répondent par une autre question: "où demeures-tu ?" et le Christ dit: "Venez et voyez" . C'est à dire qu'il les appelle dans la liberté à venir et à voir. Il s'instaure ainsi, entre le Christ et celui à qui il parle, une relation de personne à personne.

40 André, le frère de Simon-Pierre, était l'un de ces deux qui avaient écouté Jean et suivi Jésus.
41 Il va trouver, avant tout autre, son propre frère Simon et lui dit: « Nous avons trouvé le Messie ! » — ce qui signifie le Christ.
42 Il l'amena à Jésus. Fixant son regard sur lui, Jésus dit: « Tu es Simon, le fils de Jean ; tu seras appelé Céphas » — ce qui veut dire Pierre.

On est frappé par la puissance du regard que le Christ pose sur les hommes.
On voit aussi qu'Il choisit ses disciples, ce qui est nouveau dans la tradition hébraïques, car en ces temps là les disciples choisissaient le Rabbi qu'ils voulaient suivre.
Notons que Simon signifie en hébreux "celui qui écoute".

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Versets 42 à 51 - L'appel des disciples

Par la suite Jésus appelle Philippe qui va trouver Nathanaël et lui dit:
« Viens et vois. » Puis, on nous fait découvrir Nathanaël comme un sage d'Israël sous le figuier, c'est à dire "qui médite la loi", c'est un rappel du Psaume 1 7: Heureux l'homme ... qui se plaît à la loi du Seigneur et récite sa loi jour et nuit! Il est comme un arbre planté près des ruisseaux...

Les verbes se rapportant à la vision sont fondamentaux dans ce chapitre:

On trouve dans ce dernier verset 51 le même thème que l'échelle de Jacob (Livre de la Genèse 28:11-19), avec un Exode descendant et un Exode ascendant et le Christ qui est lui-même l'échelle.
Finalement, Jésus se donne le titre "Fils de l'homme" qui vient du livre de Daniel au chapitre 7,13: "Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu'avec les nuées du ciel venait comme un Fils d'Homme "; et qui renvoie au temps Apocalyptiques, auxquels sont liés les temps messianiques: le Messie vient à la fin des temps.

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Notes de fin de page:

1. Réalisé par G. LS pour Spiritualité Orthodoxe - Droits d'auteur protégés ©

2. Charles-Harold Dodd, exégète britannique, est né le 7 avril 1884 à Wrexham et il est mort le 21 septembre 1973.

3. Luc 2:
25 Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint était sur lui.
26 Il lui avait été révélé par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.
27 Il vint alors au temple poussé par l'Esprit ; et quand les parents de l'enfant Jésus l'amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet,
28 il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes :
29 « Maintenant, Maître, c'est en paix, comme tu l'as dit, que tu renvoies ton serviteur.
30 Car mes yeux ont vu ton salut,
31 que tu as préparé face à tous les peuples :
32 lumière pour la révélation aux païens et gloire d'Israël ton peuple. »
33 Le père et la mère de l'enfant étaient étonnés de ce qu'on disait de lui.
34 Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : « Il est là pour la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté
35 — et toi-même, un glaive te transpercera l'âme ; ainsi seront dévoilés les débats de bien des cœurs. »
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge ; après avoir vécu sept ans avec son mari,
37 elle était restée veuve et avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'écartait pas du temple, participant au culte nuit et jour par des jeûnes et des prières.
38 Survenant au même moment, elle se mit à célébrer Dieu et à parler de l'enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem.

4. Esaïe Chapitre 53
1 Qui donc a cru à ce que nous avons entendu dire ?
Le bras du Seigneur, en faveur de qui a-t-il été dévoilé ?

2 Devant Lui, celui-là végétait comme un rejeton,
comme une racine sortant d'une terre aride ;
il n'avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions,
ni apparence telle que nous le recherchions.

3 Il était méprisé, laissé de côté par les hommes,
homme de douleurs, familier de la souffrance,
tel celui devant qui l'on cache son visage ;
oui, méprisé, nous ne l'estimions nullement.

4 En fait, ce sont nos souffrances qu'il a portées,
ce sont nos douleurs qu'il a supportées,
et nous, nous l'estimions touché,
frappé par Dieu et humilié.

5 Mais lui, il était déshonoré à cause de nos révoltes,
broyé à cause de nos perversités :
la sanction, gage de paix pour nous, était sur lui,
et dans ses plaies se trouvait notre guérison.

6 Nous tous, comme du petit bétail, nous étions errants,
nous nous tournions chacun vers son chemin,
et le Seigneur a fait retomber sur lui
la perversité de nous tous.

7 Brutalisé, il s'humilie ;
il n'ouvre pas la bouche,
comme un agneau traîné à l'abattoir,
comme une brebis devant ceux qui la tondent :
elle est muette ; lui n'ouvre pas la bouche.

8 Sous la contrainte, sous le jugement, il a été enlevé,
les gens de sa génération, qui se préoccupe d'eux ?
Oui, il a été retranché de la terre des vivants,
à cause de la révolte de son peuple, le coup est sur lui.

9 On a mis chez les méchants son sépulcre,
chez les riches son tombeau,
bien qu'il n'ait pas commis de violence
et qu'il n'y eut pas de fraude dans sa bouche.

10 Le Seigneur a voulu le broyer par la souffrance.
Si tu fais de sa vie un sacrifice de réparation,
il verra une descendance, il prolongera ses jours,
et la volonté du Seigneur aboutira.

11 Ayant payé de sa personne,
il verra une descendance, il sera comblé de jours ;
sitôt connu, juste, il dispensera la justice,
lui, mon Serviteur, au profit des foules,
du fait que lui-même supporte leurs perversités.

12 Dès lors je lui taillerai sa part dans les foules,
et c'est avec des myriades qu'il constituera sa part de butin,
puisqu'il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort
et qu'avec les pécheurs il s'est laissé recenser,
puisqu'il a porté, lui, les fautes des foules
et que, pour les pécheurs, il vient s'interposer.

5. Extrait de Lexical concordance - Apostolic Bible.
* plusieurs occurrences dans le même verset.
Jn 1:32,33,38,
39*
2:12
3:36
4:40*
5:38
6:27,56
7:9
8:31,35*
9:41
10:40
11:6
12:24,34,46
14:10,16,17,
25
15:4*,5,6,7*,
9,10*,11,16
19:31
21:22,23

6. Jean 8,58 - Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis. »

7. Psaume 1. 1. Heureux l'homme
qui ne prend pas le parti des méchants,
ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs
et ne s'assied pas au banc des moqueurs,

2. mais qui se plaît à la loi du Seigneur
et récite sa loi jour et nuit !

3. Il est comme un arbre planté près des ruisseaux :
il donne du fruit en sa saison
et son feuillage ne se flétrit pas ;
il réussit tout ce qu'il fait.

4. Tel n'est pas le sort des méchants :
ils sont comme la balle que disperse le vent.

5. Lors du jugement, les méchants ne se relèveront pas,
ni les pécheurs au rassemblement des justes.

6. Car le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perd.

*
****
*

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