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DROIT CANONIQUE DU BAPTEME
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La Théophanie ou épiphanie: commémore le baptême de Jésus Christ dans le Jourdain par Jean; au sujet du baptême orthodoxe; homélies de Saint Jean Chrysostome et du Patriarche Daniel; bénédiction des eaux; prières de la fête; icône.

La Théophanie, épiphanie ou Baptême de Jésus-Christ
et le baptême Orthodoxe

La fête et l'Évangile

Veille de la Théophanie ou Paramonie de la Théophanie: 5 janvier
Théophanie (Baptême du Christ): 6 janvier (calendrier grégorien) 19 janvier (calendrier julien)
L'Ordo de la fête 06-01-2015 (les prières): PDF

Theophanie
Collection Ourmedia

Evangile : Matthieu 3, 13-17

13 Alors Jésus arrive de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour recevoir de lui le baptême.
14 Mais Jean s'y opposait en disant : C'est moi qui ai besoin de recevoir de toi le baptême, et c'est toi qui viens à moi !
15 Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il convient qu'ainsi nous accomplissions toute justice. Alors il le laissa faire.
16 Aussitôt baptisé, Jésus remonta de l'eau. Alors les cieux s'ouvrirent pour lui, il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
17 Et une voix retentit des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c'est en lui que j'ai pris plaisir.

Baptême Orthodoxe: quelques éléments essentiels

Nous donnons des explications sur le baptême orthodoxe dans le même temps que nous présentons la théophanie, car leur sens spirituel sont intimement liés et aussi pour que le catéchumène puisse sentir son lien profond avec Jésus-Christ et son propre baptême dans le Jourdain.

C'est le Seigneur qui préside au baptême du catéchumène et qui appelle ses disciples. Le baptême et un sacrement des plus importants qui nous apporte l'illumination de la lumière intérieure, mourant avec le Christ, enseveli avec Lui, nous ressuscitons aussi avec Lui. Nous acceptons Jésus comme Maître et comme ami et nous prenons la résolution de le suivre, c'est à dire de l'aimer et de suivre ses commandements.

Livre pour préparer le baptême orthodoxe: Eau (d') et d'Esprit, A Schmemann, Editions Desclée de Brouwer, 1974 ;

Credo que l'on apprend par coeur: Credo de Nicée - Constantinople - élaboré au cours du Ier concile de Nicée, en 325 puis complété au cours du concile suivant: Constantinople I (381) . Représente sous cette forme la foi biblique des chrétiens orthodoxes

Pastorale du Métropolite Joseph: Au baptême, le Fils avec l'Esprit saint, nous présente comme une nouvelle créature au Père céleste, comme ses fils, par l'adoption filiale, inscrits dans le Livre de la Vie. Lire la suite

Épitre aux Romains 6,1-14 - le baptême: mort et résurrection avec Jésus-Christ:
1 Qu'est-ce à dire ? Nous faut-il demeurer dans le péché afin que la grâce abonde ?
2 Certes non ! Puisque nous sommes morts au péché, comment vivre encore dans le péché ?
3 Ou bien ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ?
4 Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle.
5 Car si nous avons été totalement unis, assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection.
6 Comprenons bien ceci : notre vieil homme a été crucifié avec lui pour que soit détruit ce corps de péché et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
7 Car celui qui est mort est libéré du péché.
8 Mais si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
9 Nous le savons en effet : ressuscité des morts, Christ ne meurt plus ; la mort sur lui n'a plus d'empire.
10 Car en mourant, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; vivant, c'est pour Dieu qu'il vit.
11 De même vous aussi : considérez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus Christ.
12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel pour vous faire obéir à ses convoitises.
13 Ne mettez plus vos membres au service du péché comme armes de l'injustice, mais, comme des vivants revenus d'entre les morts, avec vos membres comme armes de la justice, mettez-vous au service de Dieu.
14 Car le péché n'aura plus d'empire sur vous, puisque vous n'êtes plus sous la loi, mais sous la grâce.

On pourrait dire que l'épiphanie (première manifestation publique de Jésus aux hommes) correspond dans notre vie intérieure à la "première conversion". Il faut faut entendre par là, la première r@ncontre consciente de l'âme humaine avec son Sauveur, le moment où nous acceptons Jésus comme Maître et comme ami et où nous prenons la résolution de le suivre.

Pâques (à la fois la mort et la résurrection du Seigneur) correspond à une "deuxième conversion" où, confrontés avec le mystère de la croix, nous découvrons quelle mort et quelle vie nouvelle celle-ci implique et nous nous consacrons d'une manière plus profonde par un changement radical de nous-mêmes à Jésus-Christ.

La Pentecôte est le temps de la "troisième conversion", le temps du baptême et du feu de l'Esprit, l'entrée dans une vie d'union transformante avec Dieu. Il n'est pas donné à tout chrétien de suivre cet itinéraire. Ce sont là cependant les étapes que l'année liturgique propose à notre effort.
(Catéchèse Orthodoxe, Lev Gillet, éditions du Cerf)

****

Par le baptême, le lien avec notre vieil homme est tranché, pour que nous devenions fils de Dieu dans le Christ. Par l'onction de la plénitude de l'Esprit Saint, notre lien avec le diable et la vie de péché est tranché, afin que nous recevions l'Esprit de la Vie en Christ.
Par le jeûne, le lien entre nos instincts et Satan est tranché, afin de donner la victoire à la chair, dans sa vie selon l'Esprit, dans le Christ.
Nous ne pouvons jamais séparer aucun de ces trois actes des deux autres. Le baptême nous donne la plénitude spirituelle et la plénitude spirituelle nous donne, par le jeûne, la victoire qui permet à la chair de marcher selon l'Esprit Saint. C'est par l'ensemble des trois que nous vivons en Christ et que le Christ vit en nous.
Père Matta El-Maskine.


Baptême orthodoxe: Homélie du Patriarche Daniel

Theophanie
Sur cette fresque, nous voyons
la main symbole de Dieu le Père,
le saint Esprit et le Christ.
Spiritualité Orthodoxe ©

Le Baptême est célébré au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, car au Baptême du Seigneur dans le Jourdain non seulement le Fils était présent, mais aussi le Père et le saint Esprit. Le Seigneur est venu pour être baptisé dans le baptême du repentir qui pardonne les péchés, c'est à dire le baptême de Jean, qui était un prélude au Baptême Chrétien, une conscience du besoin du pardon des péchés.

Saint Basile le Grand dit que le baptême de Jean était le prélude au Baptême Chrétien et que le Baptême Chrétien est l'achèvement du baptême de repentir que ce Saint Jean Baptiste a pratiqué. Ainsi, la grâce n'était pas donnée par le baptême de Jean, mais seulement le début du pardon des péchés, dans la conscience du besoin de l'effacement les péchés. La grâce a été donnée à travers le Christ et c'est pourquoi après Sa résurrection le Christ donne le saint Esprit aux Apôtres pour qu'ils puissent pardonner les péchés; le baptême est célébré seulement après la Descente du saint Esprit sur les Saints Apôtres à la Pentecôte.
Autrement dit, le Baptême de Jésus Christ, notre Sauveur, n'est pas un baptême simple dans l'eau, mais un Baptême avec le saint Esprit. L'eau montre le besoin de nettoyer l'âme et le corps, mais ceci est fait invisiblement, par l'oeuvre du saint Esprit. Dans le Baptême nous avons le mystère de l'amour de la Très Sainte Trinité pour nous. Nous devenons des Chrétiens quand nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et de le saint Esprit parce que le Christ, notre Seigneur et Sauveur, est Un dans la Sainte Trinité.

Quand nous sommes baptisés nous entrons dans la vie éternelle de la Très Sainte Trinité. La vie éternelle (grec, zoe) n'est pas après cette vie (grec, psyche), mais c'est la vie vécue en communion permanente avec le Père, le Fils et le saint Esprit. Baptiser signifie immerger dans l'eau. Ainsi, le Baptême ne consiste pas à asperger d'eau, mais en une immersion parce que cela signifie la mort du péché et la résurrection pour la vie sainte. De même que le Christ a été enterré puis est ressuscité, de même nous enterrons le vieil homme pécheur par le Baptême et donnons la vie - par le Baptême - au nouvel homme dans la ressemblance avec le Christ.
Cette immersion dans l'amour de la Très Sainte Trinité est le début de la vie Chrétienne. Nous recevons le pardon des péchés, par le Baptême Saint, tout d'abord du péché antique et des péchés personnels si le baptisé est adulte. Et nous recevons la grâce de la résurrection spirituelle, la préparation pour la résurrection universelle et la grâce d'adoption; à savoir, par le Baptême nous devenons des fils et les filles de Dieu par la grâce.

Le Chrétien est celui qui se sent aimé par le Père, par le Fils et par le saint Esprit et qui répond à cet amour par la prière, par la communion avec les Saints Sacrements et par des bonnes actions. Ainsi, l'homme devient amoureux de Dieu et de ses pairs dans l'Église corps du Christ qui est l'avant-goût du Royaume des cieux.

Par le Primat de l'Église Orthodoxe roumaine, le Patriarche Daniel, 6 janvier 2013. © Traduit de l'anglais au français par Spiritualité Orthodoxe.©

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La bénédiction des eaux

GRANDE BÉNÉDICTION DES EAUX AUX SAINTES THÉOPHANIES

Le 5 Janvier, vers la fin de la Liturgie de saint Basile, après la prière de derrière l'ambon, ou bien le 6 Janvier, après la divine Liturgie, on se rend en procession, avec cierges et encens, là où se trouvent les eaux à bénir, que ce soit la mer, un cours d'eau, une fontaine, le baptistère ou, plus généralement, un bassin posé sur une table au fond de la nef ou du vestibule intérieur de l'église. (Extrait du Grand Euchologe - Traduction: P. Denis Guillaume)

Quelques explications du Primat de l'Église Orthodoxe roumaine, le Patriarche Daniel, 5 janvier 2013:
La bénédiction des eaux se fait uniquement la veille de l'épiphanie et le jour de l'épiphanie. Elle rafraîchit le souvenir du baptême.
La sainte Eau bénite est bue huit jours de suite, le matin, avant le petit-déjeuner, avant le pain béni. En général, le pain béni est mangé avant l'eau bénite. Mais maintenant, elle est bue chaque jour, à partir d'aujourd'hui avant le pain béni. Pourquoi huit et pas sept ? C'est parce que par le Baptême nous sommes conduits à la vie éternelle, dans l'amour, la lumière, la bénédiction et la paix de la Très Sainte Trinité.
Huit est le chiffre d'éternité, dans la signification spirituelle des Pères de l'Église. C'est le chiffre d'éternité et d'infini. Cela signifie que la bénédiction reçue par le Baptême et la sainte Eau bénite est une bénédiction qui ne se réfère pas seulement à la vie terrestre, à savoir être heureux ici, sur la terre, mais c'est aussi une bénédiction donnant un avant-goût de la joie dans le Royaume de Dieu, du Fils et du saint Esprit.

© Traduit de l'anglais au français par Spiritualité Orthodoxe.©


Homélie sur la Théophanie

Homélie de saint Jean Chrysostome

chrysostome

Sur Saint Matthieu XII, extraite des "Oeuvres complètes de saint Jean Chrysostome" (Père de l'Eglise, né à Antioche entre 344 et 349), traduites par l'abbé Bareille (1865 - 1873)



L'aspect d'humilité de l'épiphanie

St Jean baptiste
St Jean Baptiste
Collection Ourmedia

1. Le Seigneur, mes frères, vient se faire baptiser avec des esclaves, et le juge avec des criminels. Mais que cette humilité d'un Dieu ne vous trouble point, car c'est dans ses plus grands abaissements, qu'il fait paraître sa plus grande gloire. Vous étonnez-vous que Celui qui a bien voulu être durant plusieurs mois dans le sein d'une vierge, et en sortir revêtu de notre nature, qui a bien voulu depuis souffrir les soufflets, le tourment de la croix, et tant d'autres maux auxquels il s'est soumis pour l'amour de nous, ait voulu aussi recevoir le baptême, et s'humilier devant son serviteur, en se mêlant avec la foule des pécheurs? Ce qui doit nous surprendre, c'est qu'un Dieu n'ait pas dédaigné de se faire homme. Mais après ce premier abaissement, tout le reste n'en est qu'une suite naturelle.

Aussi saint Jean, pour nous préparer à cette humiliation du Fils de Dieu, dit de lui auparavant, qu'il n'est pas digne de délier le cordon de ses souliers; qu'il était le juge universel qu'il rendrait à chacun selon ses oeuvres, et qu'il répandrait les grâces du Saint-Esprit sur tous les hommes, afin qu'en le voyant venir au baptême, vous ne soupçonniez rien de bas sous cette humilité. C'est dans ce même dessein que lorsqu'il le voit présent devant lui, saint Jean lui dit pour l'empêcher: " C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par  vous, et vous venez à moi (14)? " Comme le baptême de Jean était un baptême de pénitence, et qui portait ceux qui le recevaient à s'accuser de leurs péchés, saint Jean pour prévenir les Juifs note1, et les empêcher de croire que Jésus-Christ venait dans cette disposition à son baptême, l'appelle d'auparavant devant le peuple l'Agneau de Dieu, et le Sauveur qui devait effacer les péchés de tout le monde. Car Celui qui avait le pouvoir d'effacer tous les péchés du genre humain, devait à plus forte raison être lui-même exempt de péché. C'est pourquoi saint Jean ne dit pas: " Voilà celui qui est exempt de péché, " mais ce qui est beaucoup plus: " Voilà celui qui porte sur soi, et qui ôte le péché du monde (Jean, t, 29.); " afin que cette dernière vérité admise fît, à plus forte raison, admettre la première, et qu'on reconnût ainsi que c'était pour d'autres raisons que Jésus-Christ venait à ce baptême.
C'est pour cela que saint Jean dit à Jésus lorsqu'il vient à lui: " C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par vous, et vous venez à moi? " Il ne dit pas : Et vous voulez que je vous baptise? Car il n'osait parler de la sorte; mais seulement : " Vous venez à moi? " Que fait donc Jésus-Christ en cette r@ncontre? " Et Jésus répondant lui dit: Laissez-moi faire pour cette heure: car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute justice (15).  " Il agit avec saint Jean comme il agit depuis avec saint Pierre. Cet apôtre refusait de se laisser laver les pieds par son maître. Mais quand il eut entendu cette parole: " Vous ne comprenez pas maintenant ce que je fais, mais vous le comprendrez après. " (Jean, XIII, 7.) Et cette autre : " Vous n'aurez point de part avec moi (Ibid 8); " il cessa aussitôt de résister et il s'offrit même à faire plus qu'on ne lui avait demandé. De même lorsque saint Jean eut entendu ces paroles: " Laissez-moi faire maintenant : car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute justice, "il se résolut aussitôt de faire ce que Jésus lui commandait. Ces saints hommes n'étaient point opiniâtres; mais ils montraient autant d'obéissance que d'amour, et ils n'avaient rien plus à coeur que de faire tout ce que leur commandait le maître.

Mais remarquez comment Jésus oblige Jean à le baptiser par les raisons mêmes pour lesquelles celui-ci ne croyait pas devoir le faire. Car il ne dit pas: " Il est juste, " mais, " il convient. " Comme saint Jean croyait qu'il y avait de " l'inconvenance " à un serviteur de baptiser son maître, Jésus-Christ fait voir au contraire qu'il n'y en avait aucune. Vous hésitez, lui dit-il, à me baptiser, parce que vous le croyez contre la bienséance : c'est au contraire, parce que cela est dans la bienséance, que je viens recevoir votre baptême. Et il ne dit pas simplement " Laissez-moi faire, " mais il ajoute : " maintenant. " Comme s'il disait Cela ne durera pas toujours : vous me verrez bientôt dans l'état où vous souhaitez de me voir; mais maintenant, laissez-moi recevoir votre baptême.

Et pour marquer en quoi consistait cette bienséance, il ajoute: " Car c'est ainsi qu'il " faut que nous accomplissions toute justice. "La justice n'est autre chose qu'un parfait accomplissement de tous les commandements de Dieu. Comme nous avons, dit-il, accompli jusqu'ici tous ses ordres, et qu'il ne reste plus que ce dernier à exécuter, il faut nous en acquitter aujourd'hui. Je suis venu pour lever la malédiction où l'homme était tombé par la violation de la loi. Ainsi il faut que je commence par accomplir la loi parfaitement, afin que vous ayant délivrés de la condamnation, j'abolisse ensuite la loi même. C'est aussi pour cette raison que je me suis revêtu de votre chair, et que je suis venu en ce monde.

L'aspect de gloire de l'épiphanie: les théophanies

theophanie
Théophanie, détail- Icône de l'Atelier le Roseau ©

2. " Alors Jean ne lui résista plus (15). " " Et Jésus, après avoir été baptisé, ne fut pas plus tôt monté hors de l'eau, que les cieux lui furent ouverts; et il vit l'Esprit de Dieu descendant en forme de colombe venant sur lui (16). " Les Juifs croyaient que saint Jean était beaucoup plus que Jésus-Christ, parce qu'il avait passé sa vie dans le désert; qu'il était le fils d'un grand-prêtre; qu'il portait un vêtement si austère ; qu'il appelait tout le monde à son baptême; et enfin qu'il était né d'une mère stérile. Ils voyaient au contraire Jésus-Christ né d'une pauvre femme, dont le divin enfantement leur était entièrement inconnu. Ils savaient qu'il avait été élevé non dans le désert, mais dans une maison, comme les autres enfants, qu'il avait vécu au milieu des hommes, vêtu comme les autres, sans qu'il parût rien d'extraordinaire en sa personne. Ils le croyaient donc inférieur à saint Jean, parce qu'ils ne savaient rien des divines merveilles de sa naissance. D'ailleurs le baptême que Jésus reçut de Jean, était de nature à faire naître cette opinion, lui seul, et à la corroborer. On se disait que Jésus devait être un homme comme les autres, puisqu'il venait au baptême confondu dans la foule des autres, ce qu'il n'eût pas fait, pensait-on, s'il était supérieur au commun des hommes. Donc Jean passait pour plus grand que Jésus et était beaucoup plus admiré. Ce fut pour empêcher que, cette opinion ne se fortifiât de plus en plus dans les esprits, qu'après le baptême de Jésus, les cieux s'ouvrirent sur lui et qu'on entendit la voix du Père qui publiait la gloire de son Fils unique.

" Et en même temps une voix du ciel se fit entendre: C'est là mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection (17). " Mais comme cette voix eût pu être appliquée par la plupart de ceux qui étaient là, plutôt à saint Jean qu'à Jésus-Christ, parce qu'elle n'avait pas dit: Celui qui vient d'être baptisé est mon Fils, mais simplement: " C'est là mon Fils " bien-aimé," parole que tout le monde eût bien plutôt crue de celui qui baptisait, que de celui qui était baptisé, à cause de la dignité de saint Jean Baptiste, et des autres raisons que j'ai dites; le Saint-Esprit descendit en forme de colombe, afin d'indiquer Jésus comme celui que désignait la voix, et de montrer que cette parole: " C'est là mon Fils, " devait s'entendre de celui qui venait d'être baptisé, et non de celui qui le baptisait.

Mais comment se fait-il, me direz-vous, que les Juifs n'ont pas cru en Jésus-Christ, après avoir vu un si grand miracle ? Mais comment, vous demanderai-je à mon tour, se fait-il que sous Moïse, lorsque s'opéraient tant de miracles, qui, sans égaler celui-ci, étaient néanmoins si extraordinaires, comment se fait-il qu'après ces voix tonnantes, ces trompettes, ces éclairs, ces- tonnerres, et tant d'autres choses effrayantes, les Juifs ne laissèrent pas de se faire un veau d'or pour l'adorer, et de se consacrer aux sacrifices de Belphégor? Est-ce que ces mêmes Juifs, qui entendirent la voix céleste au baptême de Jésus-Christ, ne virent pas un peu plus tard, de leurs yeux, la résurrection de Lazare ? et néanmoins ils furent si éloignés de croire à l'auteur d'une si prodigieuse résurrection, qu'ils tentèrent plus d'une fois de tuer celui qui avait été ressuscité. Si donc la malignité de leur coeur ne se rendait pas en voyant de leurs yeux les morts ressuscités; vous étonnez-vous s'ils ne se rendent pas à une voix qui vient du ciel, et qui ne frappe que leurs oreilles.

Lorsqu'une âme est ingrate et corrompue, et possédée de la passion de l'envie, il n'y a point de miracle qui puisse la guérir: comme au contraire, lorsqu'elle est simple et bien disposée, elle a peu besoin de miracles pour se rendre à Dieu. Ne demandez donc pas pourquoi les Juifs n'ont pas cru; mais considérez si Dieu n'a pas fait tout ce qui était nécessaire afin qu'ils crussent. Au reste Dieu lui-même a pris soin de se justifier à cet égard, et comme il voyait les Juifs endurcis et opiniâtrés à se perdre, sans que rien les pût sauver de la dernière punition , il a voulu au moins empêcher que l'on ne fît retomber sur sa bonté, ce qui ne doit être imputé qu'à leur malice, en disant: "Qu'ai-je dû faire à ma vigne, que je ne lui aie pas fait? (Isaïe, V,4.)" C'est donc là ce que nous devons considérer ici, savoir si Dieu, pour rendre ce peuple fidèle, devait faire quelque chose qu'il n'ait pas fait. Que si, mes frères, vous voyez quelqu'un qui accuse ainsi la providence de Dieu, et qui veuille la rendre responsable de la malice des hommes; vous lui ferez la réponse que vous venez d'entendre.

Mais réservons à parler ailleurs contre l'infidélité des Juifs, et arrêtons-nous maintenant à considérer le grand miracle qui arriva tout après le baptême du Sauveur, et qui était le prélude de ceux qui allaient bientôt s'opérer. Car c'est le ciel seulement, et non pas le paradis qui s'ouvre alors: " Jésus ne fut pas plus tôt baptisé, que les cieux lui furent ouverts. " Pourquoi le ciel s'ouvrit-il lorsque Jésus-Christ fut baptisé? Pour vous apprendre que la même chose arrive invisiblement à votre baptême où Dieu vous appelle à votre patrie qui est dans le ciel, et vous excite à ne plus avoir rien de commun avec la terre. Quoique ce miracle ne s'opère pas visiblement pour vous, ne laissez cependant pas que d'y croire.

Dieu, dans la première institution de ses mystères, a coutume de faire voir quelque signe et quelque prodige extérieur pour les âmes les plus grossières, qui ne peuvent comprendre rien de spirituel, et qui ne sont touchées que de ce qui frappe les sens; afin que lorsqu'on nous propose ces mêmes mystères, sans être accompagnés de ces miracles, nous les embrassions aussitôt avec une foi ferme et docile. Ainsi lorsque le Saint-Esprit descendit sur les apôtres, on entendit le bruit d'un souffle violent, et il parut des langues de feu. Et ce miracle ne se fit point pour les apôtres, mais pour les Juifs qui étaient présents. Si nous ne voyons plus maintenant les mêmes signes, nous recevons néanmoins les mêmes grâces, dont ces signes étaient la figure.

theophanie
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3. Il parut alors une colombe sur Jésus-Christ, afin qu'elle fût comme un doigt du ciel, qui indiquât et aux Juifs et à saint Jean, que Jésus-Christ était Fils de Dieu. De plus, elle devait apprendre à chacun de nous, que lorsqu'il est baptisé, le Saint-Esprit descend dans son âme, quoique ce ne soit plus dans une forme visible parce que nous n'en avons plus besoin, et que la foi maintenant suffit seule sans aucun miracle. Car les miracles, comme dit saint Paul, ne sont pas pour les fidèles, mais pour les infidèles.

Mais pourquoi, me direz-vous, le Saint-Esprit paraît-il sous la forme d'une colombe? C'est parce que la colombe est douce et pure, et le Saint-Esprit, qui est un esprit de douceur et de paix, a voulu paraître sous cette figure. Cette colombe nous fait aussi souvenir d'un fait que nous lisons dans l'Ancien Testament. Lorsque toute la terre fut inondée par le déluge, et toute la race des hommes en danger de périr, la colombe parut pour annoncer la fin du cataclysme, elle parut avec un rameau d'olivier, apportant la bonne nouvelle du rétablissement de la paix dans le monde, Or tout cela était une figure de l'avenir. Les affaires des hommes étaient alors dans une bien pire condition qu'aujourd'hui, et le châtiment qu'ils avaient mérité, plus terrible. Il y a donc pour nous, dans la réminiscence de cette antique histoire, un motif de ne pas désespérer, puisque l'issue d'un état de choses si désespéré fut une délivrance et un amendement. Mais ce qui se fit alors par le déluge des eaux, s'opère aujourd'hui comme par un déluge de grâce et de miséricorde. La colombe ne porte plus maintenant un rameau d'olivier, mais elle montre aux hommes Celui qui va les délivrer de tous leurs maux, et elle nous marque les grandes espérances que nous devons concevoir; Elle ne fait point sortir de l'arche un seul homme pour repeupler la terre, mais elle attire toute la terre au-ciel, et au lieu- d'un rameau d'olivier elle apporte aux hommes l'adoption des enfants de Dieu.

Reconnaissez, mes frères, la grandeur de ce don, et ne croyez pas que, parce que le Saint-Esprit parait ici sous cette forme, il soit en quelque chose inférieur à Jésus-Christ. Car je sais que quelques personnes disent qu'il se trouve autant de différence entre Jésus-Christ et le Saint-Esprit, qu'il y en a entre un homme et une colombe, puisque l'un a paru revêtu de notre nature, et l'autre seulement sous la forme d'une colombe. Que répondre à cela, sinon que le Fils de Dieu a pris la nature de l'homme, mais que le Saint-Esprit n'a pas pris la nature d'une colombe? C'est pourquoi l'évangéliste ne dit pas que le Saint-Esprit ait paru dans la nature, mais sous " la forme "d'une colombe. Et, depuis ce temps, il n'a plus paru sous cette figure. Si de là vous concluez que le Saint-Esprit est moindre que Jésus-Christ, vous pourriez dire de même que les chérubins sont autant au-dessus du Saint-Esprit, que l'aigle est au-dessus de la colombe, puisqu'ils ont souvent paru sous la figure d'un aigle. Les anges aussi seraient plus grands que le Saint-Esprit, puisque souvent ils se sont revêtus de la figure d'un homme. Mais à Dieu ne plaise, que nous ayons cette pensée ! Il y a bien de la différence entre la vérité de l'Incarnation de Jésus-Christ, et la condescendance dont Dieu se sert, pour s'accommoder à la faiblesse des hommes.

Ne soyez donc pas si peu reconnaissants envers celui qui vous comble de tant de bienfaits, et n'opposez pas une extrême ingratitude à cette source de grâces qu'il verse sur vous, pour vous rendre heureux. Car cette seule dignité d'enfants adoptifs de Dieu entraîne nécessairement la destruction de tous les maux, et l'effusion de tous les biens. C'est pour cette raison-que le baptême des Juifs finit aussitôt après, et que le nôtre commence, et qu'il arrive la même chose dans le renouvellement du baptême, que dans le changement de la Pâque. Car de même que Jésus-Christ célébra d'abord l'ancienne Pâque avant que de l'abolir et d'établir la nouvelle; de même ici ce n'est qu'après avoir reçu le baptême judaïque qu'il le fait cesser, et qu'il commence d'ouvrir le mystère du baptême et de la grâce de son Eglise. Ce qu'il fera plus-tard sur la même table il le fait maintenant dans le même fleuve, il retrace l'ombre, puis immédiatement après il offre la vérité. Car la grâce du Saint-Esprit ne se trouve que dans le baptême de Jésus-Christ, et elle n'était point dans celui de Jean. C'est pour ce sujet que le Saint-Esprit, n'est descendu sur aucun de ceux que saint Jean a baptisés, mais seulement sur Celui qui nous devait donner la grâce de ce second baptême, afin que nous reconnussions, avec les choses déjà dites, que ce n'était point la pureté ni le mérite de celui qui baptisait, mais la puissance de Celui qui était baptisé qui a fait cette merveille. Ce fut donc alors qu'on vit les cieux s'ouvrir, et le Saint-Esprit descendre sur la terre. Jésus-Christ voulait nous transférer de l'ancienne alliance à la nouvelle. C'est pourquoi il ouvre ces portes célestes, et il fait descendre son Saint-Esprit pour rappeler les hommes à cette patrie divine. Et il ne les y appelle pas seulement, mais il le fait en les honorant d'une souveraine dignité, Car il nous attire en ce séjour bienheureux après nous avoir faits non anges, non archanges, mais les enfants de Dieu, et ses enfants bien-aimés.

Mener une vie digne de notre baptême

theophanie
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4. Considérons, mes frères, l'amour de Celui qui nous a appelés, l'état heureux auquel il nous appelle, et la gloire qu'il nous a donnée; et menons une vie qui soit digne de ces grands dons. Crucifions-nous pour le monde, et crucifions le monde pour nous; et employons tous nos soins à vivre ici-bas comme l'on vit dans les cieux. Ne croyons pas avoir quelque chose de commun avec la terre, parce que notre corps n'est pas encore élevé dans le ciel, car notre chef y règne déjà. Le Fils de Dieu est venu dans le monde avec les anges, et ayant pris la nature humaine, il l'a élevée dans les cieux lorsqu'il y est retourné, afin qu'avant que nous y montions aussi nous sussions qu'il ne nous est pas impossible de vivre dans la terre comme dans un ciel.

Tâchons de conserver la naissance illustre que nous avons reçue par notre baptême. Cherchons tous les jours. ce royaume éternel, et considérons toutes les choses présentes comme des ombres et comme des songes. Si un roi de la terre vous avait trouvé pauvre et mendiant, et vous avait tout d'un coup adopté pour son fils, vous ne penseriez plus à votre misère passée, ni à la bassesse de votre cabane, quoique d'ailleurs il n'y ait pas une fort grande différence entre ces deux choses. Ne pensez donc plus à votre première condition, puisque l'état, auquel vous avez été appelé, est sans comparaison, plus illustre que la dignité royale. Car Celui qui nous a appelés est le Seigneur des anges; et les biens qu'il vous donnera ne sont pas seulement au-dessus de toutes paroles, mais même au delà de toutes pensées. Il ne vous fait point passer de la terre à la terre comme ce roi pourrait faire; mais il vous élève de la terre au ciel, et d'une nature mortelle à une gloire immortelle et ineffable, qui ne sera bien connue de nous, que lorsque nous la posséderons.

Comment donc, vous qui devez être admis au partage de ces grands biens, vous souvenez-vous encore des richesses de la terre? et comment vous amusez-vous encore a des fantômes et à des images vaines? Ne croyez-vous pas que toutes les choses que nous voyons sont plus viles et plus basses que les haillons des pauvres et des mendiants? Et comment donc serez-vous dignes de l'honneur auquel vous êtes appétés? Quelle excuse vous restera- t-il, ou plutôt quelle punition ne souffrirez-vous point, si après avoir reçu une si grande grâce, " vous retournez à votre premier vomissement? " (Pierre, II, 22.) Vous ne serez pas punis simplement comme un homme qui pèche, mais comme un enfant de Dieu qui lui est rebelle, et l'éminence de la dignité à laquelle vous étiez élevés, ne servira qu'à rendre plus grand votre supplice. Ce qui certes est bien raisonnable, puisque nous-mêmes nous châtions nos enfants plus sévèrement que nos serviteurs, lorsqu'ils n'ont commis que la même faute, principalement quand nous les avons comblés de bienfaits.

Que si Adam, que Dieu avait mis dans le paradis terrestre, a souffert tant de maux après l'honneur qu'il avait reçu, à cause seulement d'un péché qu'il commit, comment, nous qui avons reçu le ciel et qui avons été faits cohéritiers du Fils unique de Dieu, pourrons-nous espérer quelque pardon, si nous quittons la colombe pour suivre le serpent? On ne nous dira pas comme à Adam: "Vous êtes terre, vous retournerez en terre, et vous cultiverez la terre (Gen. III, 19); " mais on nous prononcera une sentence bien plus effroyable; puisqu'on. nous condamnera aux ténèbres extérieures, aux chaînes éternelles, au ver qui ronge et envenime tout ensemble, et au grincement de dents. Et il est bien juste qu'après que tant de grâces et de faveurs n'ont pu vous rendre meilleurs, vous enduriez ces derniers et ces horribles supplices..

Élie autrefois a ouvert et fermé le ciel, mais ce n'était que pour faire descendre ou pour arrêter la pluie. Dieu vous ouvre maintenant les cieux, mais c'est pour vous y faire monter; et non seulement afin que vous y montiez, mais, ce qui est encore plus, afin que, si vous le voulez, vous y fassiez aussi monter les autres, tant est grande la bonté avec laquelle il vous traite et la puissance qu'il vous donne sur tout ce qui est à lui. Puis donc que c'est là qu'est notre maison et notre patrie, mettons-y en dépôt tout ce que nous possédons, et ne laissons rien ici-bas, de peur de le perdre.

Quand vous tiendriez ici vos trésors enfermés sous cent clés et sous cent verrous, et gardés par des milliers de serviteurs; quand vous auriez évité tous les piégea de vos ennemis et tous les artifices de vos envieux, quand la rouille épargnerait vôtre argent, quand la longueur du temps ne porterait aucune atteinte à tout ce que vous possédez; quand, dis-je, tout cela arriverait, ce qui est impossible, vous n'éviterez jamais la mort, vous n'empêcherez jamais qu'elle ne vous ravisse tout votre bien en un moment, et peut-être même qu'elle ne le fasse passer entre les mains de vos plus grands ennemis. Mais si vous mettez en dépôt de bonne heure toutes vos richesses dans le ciel, vous vous mettrez au-dessus de tous ces maux. Il n'est point besoin en ce lieu ni de portes, ni de serrures, ni de verrous. La ville où l'on vous appelle est si assurée, elle est un asile si inviolable et si inaccessible à toute la malignité de l'envie, que votre dépôt n'y pourra périr.

5. N'est-ce donc pas un étrange aveuglement, d'amasser et de garder tant de trésors dans un lieu où ils se corrompent, et de n'en pas confier la moindre partie à un autre lieu où ils ne se peuvent perdre et où ils s'augmentent même beaucoup, alors surtout que nous savons que c'est en ce lieu que nous devons vivre pour jamais? De là vient que les païens ne croient rien de tout ce que nous leur disons, parce qu'ils veulent reconnaître la vérité de notre religion, non par nos paroles, mais par nos actions et par la conduite de notre vie. Lorsqu'ils nous voient occupés à bâtir des maisons magnifiques, à embellir nos jardins, à faire faire des bains délicieux et à acheter de grandes terres, ils ne peuvent croire que nous nous regardions ici comme des étrangers qui se préparent à quitter la terre pour aller vivre en un autre lieu. Si cela était ainsi, disent-ils, ils vendraient tout ce qu'ils ont ici et l'enverraient par avance au lieu où ils désirent d'aller. Voilà la manière dont ils raisonnent, en considérant ce qui se passe tous les jours dans le monde. Car nous voyons que les personnes riches achètent des maisons principalement dans les villes et dans les lieux où ils croient qu'ils doivent passer leur vie.

Nous faisons nous autres tout le contraire. Nous nous tuons, et nous consumons tout notre temps et tout notre bien pour avoir quelques champs et quelques maisons sur cette terre où nous nous croyons étrangers et que nous devons bientôt quitter, et nous ne donnons pas même de notre superflu pour acheter le ciel, quoique nous puissions le faire avec si peu d'argent, et que l'ayant acheté une fois, nous devions le posséder éternellement.

C'est pour cela que, sortant de cette vie tout pauvres et tout nus, nous serons punis du plus grand supplice, et nous tomberons dans cet extrême malheur, non-seulement pour avoir vécu dans cette indifférence, mais encore pour avoir rendu les autres semblables à nous. Car, lorsque les païens voient que ceux qui ont part à de si grands mystères sont si passionnés pour les choses présentes, ils s'y attachent eux-mêmes bien plus fortement; et ainsi : " Ils amassent, " comme dit saint Paul, "des charbons de feu sur notre tête. " (Rom. XII, 10.) Que si nous leur apprenons ainsi à désirer avec plus d'ardeur les choses de la terre, nous qui devrions leur apprendre à les mépriser, comment pourrons-nous être sauvés, puisque nous mériterons d'être perdus, pour cela même que nous aurons contribué à perdre les autres?

Ne savez-vous pas que Jésus-Christ dit que nous devons être "le sel et la lumière du  monde "; le sel pour conserver ceux qui se corrompent par les délices, et la lumière pour éclairer ceux qui s'aveuglent par l'amour des biens d'ici-bas? Lors donc qu'au lieu de les éclairer, nous augmentons leurs ténèbres, et qu'au lieu de les préserver de la corruption, nous les corrompons, quelle espérance nous reste-t-il de notre salut? Certes, mes frères, il ne nous en reste aucune, et nous ne devons nous attendre qu'à nous voir lier les pieds et les mains, pour être jetés dans l'enfer, où le feu nous dévorera, après que l'amour de l'argent nous aura déchirés et consumés sur la terre.

Considérons ces choses, mes frères, et rompons les liens de cette erreur qui nous trompe, pour ne pas tomber dans des fautes qui nous conduiront au feu éternel; car celui qui est esclave de l'argent, est chargé de chaînes dès cette vie et s'en prépare d'éternelles pour l'autre. Mais celui qui se dégage de cette passion sera libre et durant sa vie et après sa mort. C'est dans cette liberté que je prie Dieu de nous établir, afin que, brisant le joug si pesant de l'avarice, nous puissions trouver dans la charité des ailes qui nous élèvent jusqu'au ciel, par la grâce et la miséricorde de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire et l'empire, avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Tropaire, Kondakion et Tite

Tropaire de la Théophanie:
Pendant ton baptême dans le Jourdain, ô Christ, fut manifesté l'adoration due à la Trinité. Car la voix du Père te rendit témoignage en te nommant Fils de Dieu ; et l'Esprit, sous forme de colombe, confirmait la vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde : Gloire à toi ! Gloire. et maintenant.

Kondakion de la Théophanie:
En ce jour de l'Epiphanie l'univers a vu ta gloire, car, Seigneur, Tu t'es manifesté et sur nous resplendit ta lumière. C'est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : " Tu es venu et t'es manifesté, Lumière inaccessible ! "

Epître : Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7.
Tite, mon enfant, elle s'est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les humains ! Elle nous éduque, afin que nous renoncions à l'impiété et aux convoitises du monde, pour vivre dans le siècle présent avec tempérance, justice et piété, attendant la bienheureuse espérance et l'épiphanie de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ. Il s'est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour lui-même un peuple élu, zélé pour les oeuvres de bien. Et lorsque se sont manifestés la bonté et l'amour pour les humains de Dieu notre Sauveur, Il nous a sauvés, non en vertu des oeuvres de justice accomplies par nous, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit saint. Cet Esprit, Il l'a richement répandu sur nous, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce de celui-ci, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.

Ezechiel 36:25-36 note 2
25 Je vous aspergerai d'une eau pure, et vous serez purs; je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles.
26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai en vous un souffle nouveau ; j'ôterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair.
27 Je mettrai mon souffle en vous et je ferai en sorte que vous suiviez mes prescriptions, que vous observiez mes règles et les mettiez en pratique.
28 Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères; vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.
29 Je vous sauverai de toutes vos impuretés. J'appellerai le blé et je le multiplierai; je ne vous infligerai plus la famine.
30 Je multiplierai le fruit des arbres et le produit des champs, afin que vous ne subissiez plus le déshonneur de la famine parmi les nations.
31 Alors vous vous souviendrez de vos voies mauvaises et de vos agissements, qui n'étaient pas bons; vous ne pourrez plus vous regarder en face, à cause de vos fautes et de vos abominations.
32 Ce n'est pas à cause de vous que j'agis de la sorte, - déclaration du Seigneur Dieu - sachez-le! Ayez honte et soyez confus de vos voies, maison d'Israël!
33 Ainsi parle le Seigneur Dieu: Le jour où je vous purifierai de toutes vos fautes, je repeuplerai les villes, et on rebâtira sur les ruines;
34 la terre dévastée sera cultivée, alors qu'elle était dévastée sous les yeux de tous les passants.
35 Et on dira : « Ce pays dévasté est devenu comme un jardin d'Eden; ces villes en ruine, dévastées et rasées, sont fortifiées et habitées!»
36 Ainsi les nations qui seront restées, autour de vous, sauront que c'est moi, le Seigneur (YHWH), qui ai rebâti ce qui avait été rasé et planté ce qui était dévasté. C'est moi, le Seigneur (YHWH), qui ai parlé et qui agirai.

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Notes:
1 Dans les écrits des Pères, l'expression "les Juifs" correspondait aux pharisiens et autres groupes de ces temps qui s'opposaient au Seigneur.
Il faut, bien sûr, comprendre et utiliser cette expression avec prudence de nos jours sans faire d'amalgames ou développer des idées ou attitudes qui ne sont pas chrétiennes.

2 Il est bien entendu, que la lecture de l'écriture sainte, ne se fait pas de manière littérale la transformant en un "outil humain" qui nous donnerait le droit de juger et de condamner aveuglément autrui, sur la base d'une interprétation rigide. Ceci ne servirait qu'à justifier et à alimenter nos passions mauvaises et à faire régner l'iniquité et l'ignorance.

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