Les faux pas de l’Église et la venue du Seigneur

Par Père Matta El-Maskine, Monastère de Saint Macaire Le Grand ©

 

Mettons d’abord devant le lecteur les textes essentiels sur lesquels se base ce message. La première fois que l’on entendit parler de « l’Église » ce fut quand le Seigneur demanda à ses disciples : « ‘Au dire des gens qu’est le Fils de l’homme ?’ Ils dirent : ‘Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des pro­phètes.’ - ‘Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ?’ Simon Pierre répondit : ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.’ En réponse, Jésus lui dit : ‘Tu est heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié.’ » (Mt 16, 13-20).

La première formulation théologique de la foi a donc été celle qu’a prononcée saint Pierre. Cette foi, le Christ a déclaré que c’est celle qui a la béatitude, car elle est inspirée et formulée directement par le Père des cieux, sans intermédiaire, pas même celui du Christ. C’est pourquoi on l’a appelée foi apostolique. Sur elle sera bâtie l’Église.

Le fondement de l’Église est donc cette foi apostolique : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». On l’a appelé fondement apostolique : « La construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et les prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même » (Ep 2, 20). Remarquons que l’Église commence pas les Apôtres et la foi apostolique. Les prophètes viennent en second lieu. Quant au Christ, il est la pierre angulaire, c’est-à-dire le faîte de l’édifice.

La première pierre de l’édifice a été posé par les mains de saint Pierre le jour de la Pentecôte, lorsqu’il prononça le premier discours après la descente du Saint-Esprit. Trois mille personnes se joignirent à l’Église. Plus loin, toutefois, on nous dit que c’est le Seigneur qui bâtissait l’Église : « Pierre leur répondit : ‘Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit’(...) Eux donc, accueillant sa parole se firent baptiser. Il s’adjoignit ce jour-là environ trois mille personnes » (Act 2, 38 et 41). Les Actes des Apôtres commentent ensuite cet événement en disant : « Chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui étaient sauvés » (Act 2, 47).

 

La forme essentielle et définitive de l’Église

Sur la forme de l’Église, l’épître aux Éphésiens contient la parole d’or : « Il a tout mis sous ses pieds, et l’a constitué au sommet de tout, Tête pour l’Église, laquelle est son Corps, la Plénitude de Celui qui remplit tout en tous » (Ep 1, 22-23). Ce qu’il nous faut retenir et admirer dans cette parole, c’est que l’Église est le Corps du Christ. Or, on sait par ailleurs que l’Église rassemble les fidèles sauvés qui aiment le Christ. Comment accorder ces deux vérités ?

 

Les membres de l’Église

Tout croyant qui aime le Christ et accueille le salut, devient membre de l’Église. Il nous faut expliquer cela. Saint Paul dit dans le verset qui vient d’être cité que l’Église est « la Plénitude de Celui qui remplit tout en tous ». Cela veut dire que toute la plénitude de l’Église appartient à chacun de ses fidèles et que l’Église est l’ensemble des fidèles.

Comment cela s’accorde-t-il avec le fait que le Corps du Christ est l’Église ? Saint Paul dit aussi dans l’Épître aux Éphésiens que nous sommes les membres du Corps du Christ : « Nous sommes les membres de son Corps, de sa chair et de ses os » (Ep 5, 30). Le Corps du Christ ressuscité d’entre les morts était un corps vivant en chair et en os : « Voyez mes mains et mes pieds ; c’est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai » (Lc 24, 39). En nous donnant ce même Corps qu’il a assumé pour nous, le Christ a fait de ce Corps l’Église qui vit par lui et dont il est la Tête. Par conséquent, nous, membres de l’Église, fidèles amis du Christ. sauvés par lui, nous sommes devenus membres de ce Corps, selon le mot de saint Paul : « Nous sommes les membres de son Corps, de sa chair et de ses os ».

 

L’Église construite de pierre vivantes

« Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel » (1 Pi 2, 5). Nous sommes ici devant une métaphore. Le sens apparent est que l’Église est le temple de Dieu, construit avec des pierres. Le sens réel est que ces pierres vivantes sont les fidèles ; le véritable architecte est Dieu, qui dispose les pierres avec sagesse pour en faire un édifice véritable conforme au Corps du Christ qui en est la Tête. « Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3, 16).

En bon architecte, saint Paul ajoute : « Vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toute manière vers Celui qui est la Tête, le Christ, dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l’actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité » (Ep 4, 15-16).

 

L’édifice, sa structure et son but

Le Corps du Christ est l’Église. Lui-même en est la Tête. Il est également celui qui construit l’Église selon la plénitude de sa propre taille spirituelle (Ep 4, 13). Saint Paul décrit cela avec beaucoup de perspi­cacité : « Celui qui est descendu, est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l'univers. Et c’est lui qui a donné certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres encore comme évangélistes, d’autres enfin comme pasteurs et chargés de l’enseignement, afin de mettre les saints en état d'accomplir le ministère pour bâtir le Corps du Christ, jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, afin de constituer cet Homme parfait » (l’humanité rendue parfaite dans l’unité), « à la taille du Christ dans sa plénitude » (Ep 4, 10-13).

Dans un édifice antique la voûte repose sur une base très solide, sur laquelle s’élèvent les pierres bien ajustées. Elle s’achève au faîte par la pierre angulaire, clef de voûte qui soutient tout l’édifice et lui donne sa cohésion. L’édifice se soutient donc et il s’achève par le faîte. De même l’Église vivante et vivifiante, Corps et membres du Christ, s’édifie avec des pierres vivantes, les membres de l’Église, saints, sauvés, amis du Christ. Par la charité, par l’unité de la foi et de la connaissance (ou claire vision) du Christ, Fils de Dieu, elle grandit. Ainsi l’Église se construit et parvient à sa perfection.

Retenons bien les mots de saint Paul : « Jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, afin de constituer cet Homme parfait, à la taille du Christ dans sa plénitude ».

 

I. Les faux pas de l’Église

Les divers âges traversés par l’Église depuis son origine jusqu’à maintenant

« Il a établi premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des évangélistes, quatrièmement des pasteurs, cinquième­ment des hommes chargés de l’enseignement »1.

Exposons maintenant comment a évolué au cours des siècles « l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » et quelles ont été les causes de chute auxquelles l’Église a dû faire face.

 

1. L’époque apostolique.

L’époque apostolique a été la plus florissante de l’Église. L’unité de la foi et de la claire vision y a été à son plus haut degré. La Parole y a été mise par écrit et les Actes des Apôtres témoignent de la supériorité de cette époque. C’était l’âge des témoins oculaires du Christ, comme le dit saint Pierre : « Ce n’est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.’ Cette voix, nous, nous l’avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte » (2 Pi 1, 16-18). De même saint Paul : « Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je donc pas vu Jésus, notre Seigneur ? » (1 Co 9, 1). L’unité de la foi des apôtres et de la claire vision y était maintenue par l’Esprit Saint, car tous avaient été également remplis de l’Esprit Saint. Cette foi apostolique prêchée par les apôtres a existé pour durer jusqu’à la fin des siècles.

Le haut degré d’unité de cette foi apostoli­que et de la connaissance inspirée du Fils de Dieu jusqu’à parvenir à la plénitude de la taille du Christ est confirmé par ces mots de saint Jean dans sa première épître : « Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de sa manifestation nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 2). Telle est la plénitude de la taille du Christ à laquelle l’Église doit nécessairement parvenir : « Lors de sa manifestation nous lui serons semblables ».

 

2. L’époque des prophètes.

À la suite de l’époque apostolique est venue celle des saints « prophètes » que l’on appelle dans l’histoire de l’Église l’âge des Pères apostoliques, tels saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe de Smyrne. Ils étaient remplis de l’Esprit Saint, comme en témoignent leurs écrits, et ont conservé intacte la foi des apôtres. Sur ce fondement ils ont bâti avec leurs charismes propres dans les diverses contrées où ils se trouvaient.

 

3. L’époque des « évangélistes » ou missionnaires.

Vint ensuite l’époque de l’expansion de l’Église par l’évangélisation des diverses parties du monde habité. Les « évangélistes », que nous appellerions aujourd’hui les missionnaires, ont conservé l’unité de la foi des apôtres et l’unité de la connaissance du Seigneur Jésus.

 

4. L’époque des « pasteurs ».

La première grave épreuve qui a secoué les fondements de l’Église. Les « pasteurs » sont les saints et illustres évêques d’antan qui ont régi l’Église dans toutes les contrées : en Égypte, à Rome, en Espagne, en Afrique, en Syrie, en Arménie... Au milieu d’eux un loup s’est faufilé sous l’apparence d’un ange de lumière : Arius qui a attaqué la divinité du Christ et a ébranlé la foi de l’Église. Plusieurs évêques s’étant joints à lui, son influence augmenta et devint de plus en plus dangereuse. Il put sembler pendant un temps que les fondements de l’Église étaient ébranlés et que le monde entier avait passé à l’arianisme et était tombé au pouvoir du diable. Le fondement posé par les apôtres et l’unité de la foi apostolique étaient menacés de disparaître, lorsque se leva en Égypte l’évêque Athanase. Il combattit Arius et s’opposa aux empereurs qui l’avaient appuyé et aux évêques qui étaient devenus ses adeptes. Saint Athanase parvint à maîtriser la révolte d’Arius contre le Christ et il remit à l’honneur la foi apostolique. C’est pourquoi on l’a appelé Athanase l’Apostolique. L’arianisme cessa de menacer l’Église mais l’Église s’est ressentie de cette épreuve de désunion et bientôt elle a commencé effectivement à se diviser. L’expression de la foi a été divisée ; la connaissance, ayant perdu l’unité de la claire vision, a été ébranlée.

 

5. L’époque des « hommes chargés de l’enseignement ».

Le faux pas de l’Église dont elle ne s’est pas encore relevée.

Par suite de la désunion de l’Église et de la division dans la foi et dans une connaissance privée de la puissance de la claire vision, on vit apparaître en chaque Église une époque régie par une génération de personnes chargées de l’enseignement. Leur principal souci a été d’affer­mir l’Église dans l’état de division où elle se trouve : affermir chaque Église dans sa foi et sa doctrine et détruire la doctrine et la foi des autres Églises. L’Église cessa de vivre dans l’unité de la foi apostolique et dans l’unité de la connaissance inspirée. L’édification de l’ensemble de l’Église, qui n’avait cessé de progresser depuis le temps des apôtres, fut arrêtée. Chacune des parties de l’Église entreprit sa propre édification sur ce qui lui restait de la foi apostolique et de la connaissance doctrinale, privée toutefois de la claire vision. Par celle-ci nous voulons dire une vision de foi ouverte sur la personne vivante du Christ, par la Parole. Cette carence de connaissance a entravé l’Église dans sa marche vers la plénitude de la taille du Christ.

* * *

 

II. L’avènement du Christ

Saint Pierre dit à ceux qui s’interrogent sur le retard de l’avènement du Christ : « Sachez tout d’abord qu’aux derniers jours, il viendra des railleurs plein de raillerie, guidés par leurs passions. Ils diront : ‘Où est la promesse de son avènement ? Depuis que les Pères sont morts tout demeure comme au début de la création.’ Car ils sont dans une ignorance volontaire (...) Quant à vous, très chers, vous ne devez pas ignorer que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, comme certains l’accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir » (2 Pi 3, 3-5.8-9).

Pourquoi saint Pierre dit-il qu’ils sont dans une ignorance volontaire ? Parce que, conformément au précepte du Seigneur, le texte apostolique nous invite à « attendre et hâter l’avènement du jour du Seigneur ». L’attente de la parousie est une consigne toujours actuelle pour affermir notre relation avec le Seigneur. Si un père part pour un pays lointain afin de recevoir une royauté et, avant de partir, dise à ses enfants : « Attendez-moi jusqu’à ce que je revienne », la fidélité des enfants, leur amour pour leur père et leur devoir filial envers lui les feront veiller et attendre avec sollicitude son retour, même si son absence se prolonge. Il leur a déclaré, en effet, qu’il s’absente pour recevoir une royauté. S’il tarde encore, les enfants ne doivent pas lui imputer lenteur ou nonchalance. Ce serait indigne de leur part. Aussi saint Pierre appelle-t-il ceux qui le feraient : « enfants des derniers jours, moqueurs ». Ils se moquent de la paternité de leur père, du devoir filial de l’attendre fidèlement et de hâter son retour. Or, sa venue est conditionnée par sa pleine acquisition de la royauté et par l’entière disposition des enfants à entrer dans son royaume et à accepter, comme fils et héritiers, qu’il règne sur eux.

Dans une parabole le Seigneur a comparé ceux qui dénigrent son retour aux mauvais vignerons qui ont mis à mort les messagers du maître de la vigne. Finalement, voyant venir son fils envoyé par son père, ils se dirent entre eux : « Voici l’héritier ; allons-y, tuons-le, et l’héritage sera à nous » (Mc 12, 7).

L’ultime consigne donnée par le Seigneur à la dernière Cène, après avoir distribué son corps et son sang, a été : « Faites ceci en mé­moire de moi », consigne que l’Apôtre interprète ainsi : « Vous annon­cerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor 11, 25-26). On peut regretter que la liturgie actuelle de l’Église2 n’ait pas conservé l’antique usage eucharistique selon lequel on faisait mémoire du Seigneur de la façon suivante : Après avoir offert l’oblation, le prêtre levait les yeux au ciel et disait : « Que vienne la grâce et que passe ce monde ! Marana tha ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Did 10, 6). Actuellement nous nous contentons de dire « Nous annonçons ta mort », mais nous ne disons plus : « Nous faisons mémoire de toi jusqu’à ce que tu viennes ».

 

Quand viendra le Seigneur ?

Rappelons les mots de saint Paul que nous avons cités : « C’est lui qui a donné certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres encore comme évangélistes, d’autres enfin comme pasteurs et chargés de l’ensei­gne­ment, afin de mettre les saints en état d'accomplir le ministère pour bâtir le Corps du Christ, jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, afin de consti­tuer cet Homme parfait à la taille du Christ dans sa plénitude » (Ep 4, 11-13).

Commençant par les apôtres et le fondement apostolique, notre exposé a abouti à l’époque des pasteurs et des hommes chargés de l’ensei­gnement. Au cours de cette époque, l’Église et sa doctrine ont été divisées. Le désaccord des évêques est venu à bout de l’unité de l’Église et celle-ci a été déchirée en diverses confessions. On vit apparaître une multitude de maîtres qui se sont mis à enseigner avec des paroles et non plus par l’Esprit, car ils n’avaient plus la claire vision des réalités spiri­tuelles, c’est-à-dire la connaissance ouverte sur la personne du Christ. Cela a entravé la marche de l’Église vers sa plénitude, alors qu’elle n’avait cessé de progresser depuis le temps des apôtres pour parvenir à la pléni­tude de la Tête, le Christ.

Ce qui retarde donc l’avènement du Seigneur, c’est l’absence de la claire vision, la carence de la connaissance inspirée, ouverte sur la personne du Christ. Cela est confirmé par la description que donne saint Paul de la forme authentique et définitive vers laquelle doit tendre l’Église : « ... jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et à l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu, afin de consti­tuer cet Homme parfait à la taille du Christ dans sa plénitude ».

Lorsque l’Église parviendra à la plénitude de la taille du Christ, elle lui sera semblable et aura alors achevé sa mission dans le monde. Saint Jean l’affirme dans sa première épître : « Nous savons que lors de sa manifestation nous lui seront semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est » ( 1 Jn 3, 2). « Nous lui serons semblables » veut dire que l’Église sera parvenue à la plénitude de la taille du Christ dans l’unité de la foi. « Nous le verrons tel qu’il est » veut dire qu’elle aura pleinement acquis la connaissance du Fils de Dieu et la claire vision de sa personne, exactement tel qu’il est. C’est alors qu’apparaîtra le Fils de Dieu et que nous serons manifestés avec lui dans la gloire.

« Quand le Christ sera manifesté, lui qui est notre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire » (Col 3, 4).

« Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire que tu m’as donnée » (Jn 17, 24).

« Moi. la gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée (...) et je suis glorifié en eux » (Jn 17, 22 et 17, 10).

 

Notes:

1 Dans cette citation libre l’auteur combine la liste des ministères cités en Ep 4, 11 avec la façon de les classer en 1 Co 12, 28. Il la commente comme signifiant une succession des ministères dans le temps.

2 L’auteur parle de la liturgie de l’Église copte.

 

Droits d'auteur et propriété intellectuelle:

Père Matta El-Maskine (1919-2006) fut le Père spirituel du monastère de Saint Macaire le Grand, à Wadi El-Natroun en Egypte.

Ce texte a été traduit au Monastère de Saint Macaire en Egypte. Tous les droits d'auteur de cette traduction en français, écrite et audio, sont réservés au Monastère de Saint Macaire Le Grand ©, en Egypte. Merci de ne pas la reproduire sauf pour un usage privé.

 Retour à la page: Homélies, enseignements, articles de Père Matta El-Maskine

Vous êtes ici : Home Matta El-Maskine: Enseignements et homélies en français Les faux pas de l'Eglise et la venue du Seigneur