La Liturgie de Louange dans le livre de l'Apocalypse

et dans l'Église d'aujourd'hui

Par Père Matta El-Maskine, Monastère de Saint Macaire Le Grand ©

 

Quiconque lit avec soin le livre de l'Apocalypse, voit se déployer sous ses yeux une image céleste des diverses sortes de rituels liturgiques qui accompagnent les prières et les louanges offertes tous les jours à l'Église. Il contemple les robes blanches, les encensoirs, l'encensement, le charbon incandescent sur l'autel; des couronnes d'or, des chandeliers, l'autel sur lequel l'Agneau est offert en sacrifice, les puissances célestes, les vingt-quatre Vieillards et la foule de ceux qui ont été rachetés; les louanges communes ou particulières et les répons1, les hymnes de joie, les odes, les métanies2 , les noms nouveaux et les récompenses. Il en retire un immense réconfort.

chandeliersencensoir

 

D'entre les paroles dites à Dieu dans les Cieux, il y a celle-ci: "Qui ne craindrait et ne glorifierait ton nom, Seigneur ? Toi seul es saint." Ap 15:43 Elle indique que la nature répond à un désir irrésistible de glorifier Dieu, quand sa sainteté lui est révélée.

Dès lors que la sainteté de Dieu est dévoilée, pas une seule de ses créatures ne peut demeurer silencieuse devant lui: "Et toutes les créatures dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tout ce qui s'y trouve, je les entendis qui disaient : A celui qui est assis sur le trône et à l'agneau, la bénédiction, l'honneur, la gloire et le pouvoir à tout jamais !" Ap 5:13. Quand toute la création s'exclamait à la gloire de Dieu, "les quatre êtres vivants disaient : Amen !" Ap. 5:14.

N'y a t-il pas là une merveilleuse image céleste de l'Église entonnant des louanges à tous les offices liturgiques, quand les fidèles chantent et se répondent les uns aux autres: "Saint, Saint, Saint, Amen, Alleluia!".

Dans les temps anciens les Églises s'efforçaient de rechercher les reliques des martyrs afin de construire un autel au-dessus d'elles. N'était-ce pas une réplique de la vérité céleste que nous expliquons maintenant et dont nous rompons les sceaux: "Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient porté." Ap. 6:9.

De la même façon que l'autel céleste est supporté par les âmes des martyrs, l'autel de l'Église terrestre l'est par ces mêmes témoins et le sang des martyrs est une part vivante de la prière liturgique. La tradition ecclésiale enseigne qu'il y a une véritable participation des anges et des esprits des Saints à toutes les Liturgies, prières et louanges. Ils entourent l'autel. Ceci est clairement étayé par le livre de l'Apocalypse, lorsque fut révélé à Jean la vision glorieuse des anges qui servaient devant le trône au côté des âmes des justes ayant été rendus parfaits.

En conséquence, l'Église n'applique pas d'imaginaires fables, ni des règles, des rites ou des enseignements humains. Elle ne suit pas non plus quelque forme de judaïsme, avec des célébrations superfétatoires.

Le livre de l'Apocalypse demeure le témoin éternel de la haute spiritualité de toutes les actions liturgiques et appose un sceau d'éternité sur les prières, louanges, encensements et sacrifices. Il assure et témoigne que la tradition de prière, les louange et les offices remis par le Christ aux disciples, ainsi que l'ordonnancement et l'organisation transmis par les saints Apôtres sous l'inspiration de l'Esprit saint sont éternels, au-delà du temps. Ils nous offrent non pas un symbolisme mais des réalités que nous continuerons à vivre dans la vie à venir, lorsque chacun de nous prendra sa juste place autour du trône et recevra le don secret de la psalmodie des anges, afin de célébrer la même liturgie. Peut-être que les mots seront similaires à ceux de notre liturgie présente, mais cela se passera dans une gloire ineffable.

Il apparaît clairement que l'oeuvre de l'Église maintenant est de préparer la révélation du Royaume de Dieu, par les offices quotidiens et la célébration de l'Eucharistie. En ce siècle nous participons de manière mystique à la célébration de Dieu, en tant que nouvelle création attendant la révélation de l'avènement du Christ, non pas dans un désir passif ou un espoir inefficace mais en priant et en offrant des louanges chaque jour et à toute heure.

 

Droits d'auteur et propriété intellectuelle:

Père Matta El-Maskine (1919-2006) fut le Père spirituel du monastère de Saint Macaire le Grand, à Wadi El-Natroun en Egypte.

Ce texte a été traduit de l'anglais au français par spiritualite-orthodoxe.net. Tous les droits d'auteur de cette traduction en français, écrite et audio, sont réservés au monastère de Saint Macaire le Grand ©, en Egypte. Merci de ne pas la reproduire sauf pour un usage privé.

L'article a été publié initialement par la revue mensuelle Saint Marc du monastère, et reproduit en anglais sur le site coptichymns.net.

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Notes:

1Note pour la traduction française: un répons est un refrain repris par le chœur, alternant, dans la psalmodie responsoriale [qui qualifie tout chant où alternent versets et répons, où se répondent soliste et chœur], avec les versets donnés par un soliste.

2Note pour la traduction française: la métanie, du grec metanoia, conversion , est une prosternation qui accompagne la prière. La petite métanie se fait en s'inclinant tout en touchant le sol de la main droite; pour la grande métanie on se prosterne totalement en touchant le sol avec le front

3Note pour la traduction française: la traduction des passages du livre de l'Apocalypse est prise de la La Nouvelle Bible Segond

 

 

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